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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 21:52
Armageddon (Série) 2016 Grands formats
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Published by Franck Gache
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 16:38

Notre histoire est une quête de l'écriture, et dans une moindre mesure, de soi, et aussi, l'histoire est une projection de l'homme à travers la nature, pour atteindre l'inconnu.

L'histoire commence par la volonté de l'homme de se faire comprendre à travers des signes, et quand il la trouva avec l'écriture, l'art fut associé à son destin, tout en cherchant à étendre le monde des signes.

Le dessin, pour nous parler, se doit de revêtir une forme imaginaire, ou originale, pour trouver un écho, et son public. Au départ, sous sa forme primaire, le dessin fut associé à l'écriture, mais toutefois, il était présent en un temps plus ancien, et cohabitait déjà avec le volume, ou la sculpture, et était très présent dans l'art pariétal, ou les fonds des grottes étaient décorés certainement pour des rites chamaniques ou autres rites initiatiques, autant sous formes de volumes, que picturales. Ici, le dessin était déjà gagnant : simple, et pouvant être réalisé assez rapidement, avec divers matériaux, dont du charbon de bois. Pour aller plus loin encore, les dessins étaient colorés, pour donner plus de magie. La couleur était déjà plus que omniprésente, et allait des gammes les plus simples, aux plus complexes. Le dessin peut être considéré comme un "jet" de l'esprit, ou un défouloir caché, ou masqué, pour montrer, ou évoquer des émotions. Il est dans son évolution constante, une parole en mouvement, et ce n'est pas un hasard si il fut associé à ce qui peut être souvent être considéré comme le plus profond de l'homme, à savoir, le sacré, ou la religion, c'est à dire ses croyances, ou plus ou moins des confidences à décoder.

Ce qui est pictural, et le dessin, est nécessaire pour nous aider non seulement à penser, mais aussi à rechercher nos origines, établir nos racines, et comprendre notre histoire.

L'art semble être un grand arbre, dont le sommet se donne à voir, et est déjà une image. Le reste est enfoui, et se retrouve sous les racines, et le tronc semble être un coffre fort, qui conserve nos données, et ou l'histoire est enregistrée.

L'art, et ce qui est dessiné est une sorte de témoignage, mais à travers l'histoire, il fut vite rattrapé et manipulé par les religieux, et le pouvoir. Les puissants, ou les décideurs, s'allièrent aux croyances, ou au fait religieux , non pour montrer à quoi ressemblait la vie du plus grand nombre, mais montrer la force incarnée par le pouvoir, pour instaurer l'ordre.

Ainsi, l'art à de précieux d'être visible, et à vocation d'être vu par le plus grand nombre, mais souvent , l'individu seul en fut écarté, car il devait s'inscrire dans un ensemble plus vaste, et se fondre dans la masse, avec d'autres individus, pour communier avec le pouvoir, et l'ordre établi, tout en oubliant, ou négligeant, que l'art se devait d'être une forme, ou une force, pour aider l'individu à s'épanouir, en lui apportant des réponses à la vie, ou pour l'aider à espérer de l'espoir, pour peut-être rêver, ou tout simplement, imaginer.

L'art est présent, sous une forme ou une autre, tout autour de nous, et notre univers, tout comme nos vies, sont marqués de la main de l'homme : l'art est partout. Il est ainsi utile, pour marquer notre empreinte, marquer nos existences, espérer laisser une trace, en ce bas monde, et pourquoi pas, donner un semblant de vies immortelles, toujours ancrées, accrochées à la vie pour montrer une image d'orgueils , par exemple, des dirigeants, ou rois de jadis, comme pour associer qu'ils étaient associés au divin, histoire de rappeler que l'art trouvait ses fondements, ou origines, dans le passé.

Dans la création, il n'y a pas que seulement la volonté de montrer, mais il y a aussi une volonté de puissance, car le dessin, et l'art en général, à travers ce qui est recherché pour être montré, est lié à ce qui va être construit, ou pire, à la destruction, le tout étant haine et passion.

Ce qui est montré est donc un message, libre d'interprétation, et qui peut déboucher autant vers le bien, que vers le mal. Le dessin peut être beau, tout comme il peut être mauvais. à travers lui, on peut tout aussi bien lire un message politique, que religieux. Le dessin peut apporter du bonheur en soi, tout comme il peut tout aussi bien faire tuer un individu. Tout est ici une question d'interprétation. C'est l'échelle des extrêmes, ou le bien peut rapidement déboucher sur le mal.

à nous de trouver le libre arbitre, et le dessin est l'arbitre de ce qui semble ressembler ou assembler, et ou les deux formes les plus extrêmes ne sont jamais trop éloignées l'une de l'autre.

Quand il n'est pas associé à l'écriture, l'art prend une forme mystérieuse, presque mystique, ou l'on cherche toujours une interprétation.

La création est en nous, et pour ceux qui l'ignorent , elle n'est jamais très loin, surtout si elle prend une forme manuelle, ou sous l'action des mains, un objet est construit, ou structuré, car alors, la création est permanente, et prend un autre regard, une autre dimension, et ainsi, il devient utile, et prend toute son importance.

Au delà d'un certain message, qu'il soit de propagande, véhiculé par les puissants, ou manipulé par une hiérarchie, l'art voit la volonté toujours aussi omniprésente de le voir émerger vers une forme plus singulière en revenant toujours à l'individu seul, qui recherche des réponses, et de l'espoir. L'homme recherche toujours à travers l'art un message plus que universel, pour définir toujours plus sa liberté.

Un autre monde est toujours recherché, et il faut toujours rechercher une forme, ou sorte de voyage, parler de soi, évoquer sa vie, ou ce qui nous entoure.

L'imaginaire prend désormais le dessus, et se transforme souvent en mythe. Mais souvent, il y a aussi de l'incompréhension, ou du rejet, voir, de la haine.

La nature est masquée, ou évoquée, et l'homme est le chef d'orchestre et le metteur en scène des êtres vivants de la terre qui doivent ressembler à l'image qu'il souhaite donner d'eux. Tout autour de nous est façonné de la main de l'homme, et les autres êtres vivants résistent, en étant simplement ici et autour de nous. La nature est masquée par une forme d'image artificielle, et elle semble ignorer notre monde de son regard, tout comme notre empreinte.

Quand l'image n'existe pas, et disparait, l'artiste recherche à construire un juste milieu, en effaçant l'image, empreinte de l'homme, Avec l'abstraction, l'artiste recherche à déconstruire l'image, et la forme, mais la couleur est souvent présente. L'artiste recherche alors peut-être à se rapprocher de la nature, et des éléments, en enlevant peut-être la part du sacré, une partie de l'imaginaire, ou tout simplement, de l'histoire de l'art. Mais tout cela est une autre histoire.

Le dessin est comme un effet de miroir, et ce qu'il a à nous dire ou nous raconter est à décoder, ou déchiffrer , à travers notre esprit, notre pensée, et notre interprétation, et au final, il n'y a qu'un seul juge, à travers nous-même.

Published by Franck Gache
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:04
Le temps d'un chat pitre

-1-

Ce fut lors de l'une de mes errances , que mon chemin, avec des péripéties liées au hasard, me conduisit en un quartier que j'ai connu jadis, en la ville de Grand-Trou, là ou j'étais né.

Je participais à une exposition collective de peintures, avec d'autres artistes, dans une galerie, située dans la grande rue principale.

Cette rue était désespérément déserte, et là ou l'expression de dire " il n' y a pas un chat ! " devait être la norme, au contraire, ce point de vue, ou jugement, devait être corrigé, car les seuls passants étaient ...Des chats !

Il y en avait des gros et des moins gros, mais ils étaient en un nombre conséquent.

Cette rue était donc dramatiquement déserte, et tous les commerces étaient fermés, certains depuis une longue date, le résultat d'une longue crise, qui perdurait depuis une date oubliée depuis longtemps.

Donc, que de souvenirs !!! Je l'ai connu, ce quartier, jadis !

L'école que j'avais fréquenté tout petit était non loin d'ici, de mes petites jambes d'alors, oui, j'avais bien connu ce quartier, et cette grande rue, autrefois, la rue dite des "Casses pieds", ou tout me revenait.

Dans le hasard de ma vie d'errances, certains moments me ramenaient à mes racines, à mes origines.

Ainsi, j'avais le souvenir très ancré et présent en moi-même de mes frasques du jeune enfant d'autrefois, et très souvent, de tels souvenirs refaisaient surfaces .

Ainsi, j'avais le souvenir très profond , et ému, d'une certaine Madame Louppet, ou "Mère" Louppet, pour les plus intimes, dont moi-même. C'était une vieille dame, qui pour moi, le petit minot, avait traversée les âges. Il est vrai que je n'ai jamais vraiment sut son âge, mais je l'aimait bien, et finalement, il faut dire que j'ai appris à l'aimer, et il faut le préciser, pour comprendre mon histoire. Elle vivait en un ancien immeuble de style Baroque, mitoyen, de la rue des "Casses pieds", au Numéro 666 plus précisément. On racontait volontiers qu'il n'y avait pas de numéro numéro 666, mais plutôt un numéro style B 66, dont le B était effacé depuis longtemps.

Elle avait la particularité de posséder et d'élever une trentaine de chats, au moins : ses "bébés", ou "meubles", comme elle disait. Je n'avait en fait jamais connu le nombre exact. Il se racontait aussi qu'elle avait une dizaine de chiens. Ma foi, pour moi, ce détail était intriguant, car je n'avait jamais été le témoin de la voir avec des représentants de la race Canine. La Mère Louppet avec un chien ? Tiens... C'était vraiment du n'importe quoi !

J'ai le souvenir qu'elle utilisait le biberon pour donner à boire ses matous. Je pensais que c'était ridicule, mais c'était une solution particulière pour faire boire ces derniers.

-2-

La mère Couppet, c'était une mamie plutôt très dynamique d'après elle, au dos courbé, qui semblait avancer comme une tortue, avec la plus grande des peines. Ses cheveux étaient blancs comme de la neige, et son regard était profond, et rien ne semblait lui échapper ...

La caractéristique principale était qu'elle avait la réputation d'être une grande pipelette, un point de vue toutefois assez notoire, et même légendaire. Elle racontait volontiers qu'elle savait tout, et surtout de toutes les personnes, qu'elle fréquentait de près ou de loin, comme moi, par exemple. J'ai oublié de le préciser aussi, mais on racontait qu'elle avait aussi un gros crapaud, dans un bocal , avec une échelle pour monter prendre l'air, et qu'elle pratiquait la magie en secret. C'était plutôt des ragots d'enfants, mais cependant, il me faut l'avouer, j'ai entendu souvent des adultes le dire, et le raconter.

Sinon, elle surveillait ses "bébés" (ses chats), ou "minets" d'une main de fer, et gare à ceux qui entreprenaient, comme moi, de leur faire des misères !

Ainsi, malheureusement, avec mes copains et copines, en sortant de l'école, j'avais un malin plaisir à tirer les queues des matous. Bien entendu, l'inconvénient était qu'ils griffaient souvent. Bien entendu aussi, parmi mes camarades, il y avait ceux qui étaient "pour" et ceux qui étaient "contre", et qui jugeaient la démarche cruelle, quand d'autres encore avez des chats.

La mère Louppet donc, ne restait pas indifférente à mes frasques. Dés que la queue d'un de ses matous était tirée, il était logique de la voir en confrontation avec moi, munie d'un balai, ou d'un rouleau à tartes . Bien entendu, elle ne m'a jamais fait de mal, tout au plus, j'ai le souvenir d'avoir reçu une paire de gifle bien méritée. Avec le temps, j'ai eu du remord de mon comportement, et j'en ai parlé autour de moi par la suite. On ne me blâmait pas, et on me racontait que c'était un passage fréquent de l'enfance.

Mais loin de moi, je ne pensait pas être le principal responsable, car je pense avoir été entrainé dans un effet de groupe, et finalement, remonter au responsable en premier lieu serait bien difficile à établir. Au moins, mes arguments ne manquaient pas.

Pour ce qui était de tirer les queues des matous, c'était chose facile à faire, et il fallait dire que j'avais l'embarras du choix, ce que j'aimais vraiment. Ainsi, j'aimais courir après un chat, le "courser" , en une course poursuite folle, et voir entrer un chat dans une cave, ou une chatière, à toute vitesse, pour voir ensuite dans un petit espace sombre, dans un noir presque complet, deux yeux brillants qui observaient. ça me faisait grandement rigoler.

Un jour, un chat tigré avait foncé dans un mur, et était resté raide par terre. Au départ, je pensais qu'il était mort, et j'avais eu le plus grand mal à le remettre sur pieds, ensuite. Les jours d'après, il me fuyait, c'était dire à propos de son dynamisme retrouvé !...

Assez facilement, les chats pouvaient s'apparenter à mon terrain de jeux , mais il y avait les pigeons aussi, mais eux, ils s'en tiraient toujours, car ils volaient. Pour ce qui s'agissait des rats, ils étaient invisibles : tout au plus, j'en avait vu qui traversaient les rues, pour passer d'un égout à un autre, et il faut dire qu'ils étaient assez rapides. Pour ce qui était des chiens , c'était autre chose, et le plus souvent, il m'arrivait de tomber sur de gros chiens, mais ça mord ces bestioles là...

Cependant, il m'était arrivé de voir assez rarement des chats se défendre. Un jour, l'un d'entre-eux m'avait marqué : ses poils se dressaient, comme si il s'était électrocuté, il me regardait avec de gros yeux, tout en poussant des cris terribles , et à un moment donné, il avait fait un grand bond sur moi, surprenant, et heureusement, ma petite taille m'avait sauvée de ses griffes, et de sa fureur.

-3-

La mère Louppet voyait tout cela, bien entendu, et plutôt d'un mauvais regard, propre à elle. Moi et mes copains , et copines, étions biens impressionnés quand tous les matous étaient présents, tous réunis autour d'elle, souvent pour la "popote" (nourriture), quand ils poussaient des miaulements, et gémissements à ne plus en finir. Avec ses hurlements, elle déplorait notre cruauté commune, en disant que nous étions des "enfants détestables !" .

Mais avant de revenir à Madame Louppet, il est important pour moi de parler d' Ecureuil, un chat qui intervint dans ma vie durant la même période, vers mes 10 ans... Et qui allait changer mon point de vue.

Alors que souvent il m'arrivait de tirer la queue des chats, et commettre diverses frasques , voilà que mes parents m'offraient un chat avec de longs poils, et qui devint rapidement grand. pour moi, le choix ne faisait aucun doute, et je lui avait choisi le nom de Ecureuil.

Il ne me restait désormais qu'a trouver l'accord parfait pour cohabiter avec un tel animal. C'est dire qu'il devait avoir un certain charisme, car il était impossible pour moi de lui tirer la queue: il m'inspirait le respect, tout comme l'envie d'avoir des rapports plus sérieux avec lui. Il me semblait que son vrai univers était la vie sauvage, et non une vie en appartement.

Je ne m'était pas trompé par la suite, car assez rapidement il avait fait preuve d'un désir de grande indépendance, et être enfermé entre quatre murs devenait trop pesant pour lui. Il était donc de plus en plus dehors, et de plus en plus turbulent, comme si il faisait le pitre.

J'avais vite compris que ce qui était dehors était son univers, et il griffait et déchirait de plus en plus les meubles et les canapés. La situation devenait difficile.

Moi, finalement, je l'aimait bien. C'était mon nounours. Lui, en revanche, il semblait comprendre mon rapport complexe avec les chats, mais il m'aimait bien aussi. De même, je lui racontait souvent mes exploits avec les chats de la mère Louppet, et il me semblait qu'il comprenait. En revanche, pour mes parents, Ecureuil devint un véritable cauchemar, et ils n'avaient qu'une idée en tête : s'en débarrasser au plus vite. Et puis, il vivait dangereusement, et il ne pouvait s'empêcher de faire le pitre, en étant par exemple un parfait équilibriste sur un étendage, ou en m'interpellant au loin, pour faire la course à un autre chat, ou faire "pipi" sur les prises électriques , ou la prise du téléphone...

Ainsi, donc, au départ, ce fut la porte.

-4-

La société protectrice des animaux de la ville de Grand Trou fut informée par la suite qu'un chat errant circulait autour de mon immeuble.

En face de celui-ci, il y avait un terrain vague, surmonté d'une colline. Souvent, le soir, avant de me coucher, pendant cette période, l'envie me prenait de regarder Ecureuil assis, en haut de la petite colline, en son sommet, ou monticule.

Ce fut une période assez longues, de sans doute quelques mois. Souvent, il m'était arrivé de voir derrière lui la pleine lune qui l'éclairait, et d'une telle manière qu'il en était devenu très beau. une forme de noblesse émanait de lui, presque une sorte de charisme propre aux humains. Pour moi, c'était devenu le prince des chats.

Son retour chez moi était souhaité, mais entre mes parents et lui, le divorce était consommé. Ecureuil ne pouvait s'empêcher de faire le pitre avec eux, attaquant au passage les pieds, en esquissant des croches-pattes qui n'aboutissaient jamais. Mais avec moi, les rapports devenaient presque magnétiques, ou du moins, très proches.

Un gardien travaillait autour de mon immeuble, ainsi que pour d'autres. Il tentait vainement d'attraper Ecureuil, considéré comme un nuisible chat errant, pour le remettre à la société protectrice des animaux. Je redoutais alors sans cesse l'échéance de la capture de celui qui fut en quelques sortes mon compagnon d'infortune.

Pourtant, ce gardien en avait vu d'autres, des "chats à fouetter", comme il disait. Mais impossible de le capturer. De plus, Ecureuil continuait ses pitreries, avec des pirouettes, et c'était plutôt rigolo.

Mais un jour, en passant sur mon palier, pour me dire bonjour, comme il avait souvent l'habitude, car les liens étaient restés très forts, la mère Bourrique, ma voisine du dessous, attrapa Ecureuil, en le coinçant dans une grande valise, ou elle avait placée des croquettes. Elle enferma ensuite Ecureuil dans cette diable de valise, ou cependant il m'était possible d'entendre ses cris.

La mère Bourrique avait ensuite confiée le "fauve" à la société protectrice des animaux.

Ainsi, pendant plusieurs semaines, je n'ai plus eu de nouvelles d'Ecureuil. Le temps me semblait long, et souvent, l'envie me prenait de regarder au sommet de la colline du terrain vague pour voir si il était revenu, en vain...

-5-

Ce fut lors d'une sortie de mon école, en fin d'après midi que enfin des nouvelles de Ecureuil m'arrivèrent. En fait de nouvelles, c'était plutôt une confrontation : j'étais tombé nez à nez sur lui, et il était donc en face de moi. Il n'avait pas beaucoup changé, sinon qu'il était plutôt plus gras. Ce n'était pas moi qui fut surpris, mais plutôt lui, mais il me regardait de haut.

C'est alors que mes oreilles sifflèrent, en entendant ce qui semblait être la mère Louppet, crier :

"Bibi ! Bibi ! ", un événement assez terrible pour moi, car donc, assez rapidement j'ai donc eu la confirmation que mon ancien animal de compagnie avait été "adopté", c'était mon mot.

C'était une situation à vrai dire assez bizarre pour moi, qui quelques mois auparavant n'avait pas vraiment le même rapport avec les animaux.

Par contre, la mère Louppet, elle, pensait et voyait mes rapports autrement. En me voyant, elle trouvait bizarre de me voir, face à son nouveau chat, et compagnon, mais ne me cria pas après, ce qui était assez exceptionnel. Un grand silence prit place, entre elle et moi, la bestiole restant au milieu, assise. Le fossé entre moi et la vieille dame ne semblait plus aussi grand, ce qui semblait amorcer une nouvelle histoire.

Seconde Partie

6-

Donc, mon compagnon fut confié en de bonnes mains, à une dame à qui , jadis, l'envie de perturber ses animaux me prenait. Il en était désormais autrement. En cette époque, lors de mes sorties de mon école, je ne manquait pas d'aller voir, et jouer avec Ecureuil. Au fil du temps, toujours très indépendant , il était sorti du groupe de matous de la mère Louppet, et il fréquentait une chatte de race Chartreuse d'un autre quartier, et donc, il avait moins de son temps à m'accorder.

Mais un jour, tout se précipita : la mère Louppet, après une mauvaise chute, était entrée en une maison de retraite. Une décision qui fut en fait pas si facile à prendre. C'est qu'elle était coriace la mamie ! ses deux fils, autant dire, donnèrent l'assaut chez elle, pour la maîtriser, et lui demander d'être raisonnable, après plusieurs tentatives infructueuses, ou elle répondait en se défendant avec des casseroles. Si elle ne marchait plus, elle n'avait peut-être plus sa tête, et ce fut d'ailleurs lors de son départ qu'eut lieu le fameux inventaire de sa ménagerie : les pipelettes les plus acerbes racontaient bien volontiers qu'on avait retrouvé chez elle plus de trente chats, mais le décompte n"était pas vraiment exact, car une dizaine de félins avaient pris la fuite, dont Ecureuil, bien évidemment.

On racontait aussi qu'elle avait une dizaine de chien, que je n'avait à mon grand regret jamais rencontré. C'était un départ très difficile, qui marquait, et même bouleversait le quartier.

7-

-Mais un mois après, me trouvant dans le jardin de mes parents, autour de grands près, un grand corbeau noir volait et tournait au dessus de moi. Souvent, il criait , descendait, en me regardant d'un regard qui semblait m'inviter à le suivre. Sans savoir vraiment pourquoi, j'avais pris la décision de le suivre. Il n'y avait aucune faute en mon jugement, ou mon interprétation. Le corbeau, désormais, ne volait pas très haut, et souvent, de nouveau , il descendait, tournant sur lui-même , et avançant sur ses pattes, pour me montrer quelque chose.

En avançant, je suis monté au sommet d'une petite colline , pour en redescendre, et en dévalant la colline, quelle ne fut pas ma surprise de trouver, ou plutôt retrouver Ecureuil, allongé, le corbeau se situant à ses côtés.

8- Ecureuil semblait blessé, du sang étant visible sur ses pattes, et vu son état de fatigue. J"avais alors pris la décision de l'emmener à mes parents, pour prendre soin de lui, et le soigner. Mes parents furent très surpris de voir ainsi, en de telles circonstances, le retour de Ecureuil. Tout semblait être alors oublié, et ses frasques semblaient renvoyer au passé. Il semblait avoir été blessé par sans doute un gros chien, certainement une mauvaise rencontre, au mauvais endroit, mais aussi au mauvais moment. Ecureuil allait survire à cette mauvaise rencontre, et à ce triste événement.

C"était un temps heureux, avec un retour espéré, et un temps qui semblait figé.

Mais Ecureuil semblait être trop épris de liberté, tout comme il ne pouvait pas s"empêcher de faire le pitre, avec moi, mes parents, et mes voisins.

Son monde semblait être l'extérieur, et non un intérieur limité. Sa zone de vadrouille devait bien avoir une limite, mais vu l'animal, il ne semblait pas connaître de frontières.

C'est peut-être grâce à lui que mon regard sur le monde et l'espace à changé. Tout comme lui, depuis ce temps, j'aime la liberté, et je n'aime pas les limites. Son retour était en fait un impossible retour, car il souhaitait être libre, et puis c'était tout.

Un jour, Ecureuil est parti, définitivement, sans adieux. C'était comme ça, et ça devait être ainsi. Pour me réconforter, mes parents me racontaient que les animaux étaient plus heureux dans la vie sauvage. Finalement, cette solution, ou réponse, me convenait parfaitement. Il y avait peut-être en moi aussi cette part de vie sauvage à trouver dans la liberté.

Le corbeau, lui, ne m'avait pas oublié, et un temps, il venait me voir pour manger du pain que j'avais posé au rebord de la fenêtre. Lui aussi semblait être un grand solitaire. Le soir, ou à certains moments de la journée, il volait au dessus de moi, et il descendait souvent me rejoindre. Mais entre lui et moi, il était hors de question de le prendre, ou de le toucher, et j'avais rapidement compris que sa liberté était son bien le plus précieux. Je pensais que c'était un oiseau perdu, mais un jour, tout un groupe de corbeaux vint vers lui, et ainsi, par la suite, je ne l'ai plus jamais revu.

-9-

Et puis , le temps était passé par là. Suites à des travaux, la colline ou Ecureuil apparaissait en son sommet avait finie par disparaître aussi. Et moi aussi, j'avais fini par quitter le quartier. Bref, la vie continuait, et suivait son cours.

Quelques années après, j'étais presque devenu un adulte, et cette histoire semblait loin derrière moi, quand, en longeant un mur des miaulements arrivaient à mes oreilles. Ce jour là, j'avais un rendez-vous très important, et à vrai-dire rien ne me retenait pour rester un moment en ce lieu. J'avais alors porté mon regard en haut du mur. Le chat qui m'interpellait semblait étrangement ressembler à Ecureuil, mais peut-être en plus gros. Il me tendait ses pattes comme pour me rejoindre, mais entre moi et lui, il y avait cette distance. Dans ses yeux, il me semblait lire que c'était bien lui, et pas un autre chat. J'ai donc prolongé le moment. Le mur était très long, et derrière, il y avait une grande propriété , avec une grande demeure bourgeoise. Un semblant de conversation, presque surréaliste semblait s'amorcer entre moi et lui. C'était bizarre, mais ça ressemblait à des adieux qui n'avaient jamais vu le jour. Le bonheur était certainement pour lui derrière ce mur, et je ne pensait pas lui apporter quelque chose de meilleur. Le temps semblait figé , et il me semblait que mon passé était à portée de mes mains, derrière ce mur.

Mais le présent reprenait le dessus, ma vie était ici, aujourd'hui, et ce mur semblait masquer ce qui ne reviendrait jamais, à l'image d'un sanctuaire. Les instants se prolongeaient, et pour moi, il était important qu'ils ne deviennent pas des heures. Ma vie devait continuer, et lui, il avait la sienne. Et puis, le moment de partir était revenu. Les minutes se prolongeaient, et c'était un éternel retour. Au final, je suis parti. Lui, il était resté en haut du mur. Ses miaulements étaient devenus particuliers, déchirants.

Par la suite, je suis revenu à plusieurs reprises vers ce vieux mur de pierres. Mais je n'ai jamais revu ce chat, plus jamais, et il me semblait au plus profond de moi que c'était lui. Aujourd'hui, je continue mon chemin d'homme, tout en gardant le sentiment, au plus profond de moi, qu'il reste une part d'enfance en nous, et que quelque part, un espace temps est caché autour de nous, attendant d'être dévoilé . Le passé était revenu, pour me signifier par des signes, peut-être liés au hasard, qu'il était au plus profond de moi.

Ecureuil n'était pas une peluche, et encore moins un jouet : plus qu'un chat, c'était un être vivant, tout comme moi, mais qui demandait un droit, qui était celui de vivre, et aussi par conséquent, de décider de sa liberté. Et comme j'aimais trop la liberté, j'ai contribué à ma façon de lui faire vivre la sienne. Certes, ce n'était pour moi que le début de ma vie, mais à travers lui, j'apprenais à définir ce que voulait dire le mot liberté.

Pour moi, la vie d'un chat relève d'une certaine partie de hasard, sa vie est le plus souvent dangereuse, et il ne semble pas trop se méfier de là ou il décide d'aller. Sa vie est au jour le jour, et il ne me semble pas qu'il pense au lendemain. Les soucis semblent pour lui très loin, et souvent, sa vie ressemble à une aventure. Même si il n'a rien demandé, sa vie semble liée au hasard, et elle peut tout aussi bien être très brève, tout comme elle peut être liée à une certaine captivité avec les hommes, avec entre les deux, le choix de vivre librement, mais avec toutes sortes de dangers et contraintes. Comme si la liberté semblait avoir une part de hasard. C'est dire si elle est précieuse.

Quand Ecureuil est parti, c'est peut-être une part de mon enfance qui était partie avec lui. J'ai appris à situer le bien et le mal, et sans doute, j'ai vu le monde autrement. Pour moi, il est encore quelque part dans ce monde, comme d'autres personnes, et quand j'avance, je regarde devant. Je n'aime pas trop regarder vers le passé, et quand je pense à autrefois, je ne le fait que lorsque c'est nécessaire. Ma vie ressemble à un long chemin, fait de marche le long d'un chemin sans fin, et de rencontres : c'est l'errance. Tout est question de moyens, mais souvent, j'ai envie de traverser le monde, d'un point à un autre, pour faire l'impossible, mais je retourne toujours au point zéro, celui de mes origines. Pour moi, la liberté se confond avec l'errance, et il ne me reste plus qu'a choisir le bon chemin, et faire le vide dans ma tête, comme si il ne s'était rien passé.

Fin.

Published by Franck Gache
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 12:28
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
Matrice-Le temps des signes. (peintures et encres).
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 16:42

Peindre, ou dessiner, est un acte d'écriture, et ce qui est à voir importe plus que de trouver le sens de ce qui à été fait. Un moment, le créateur est partout, mais sa vie n'est nulle part, sinon en un espace réduit. Ce qui est à rechercher est de transcrire des émotions, d'exprimer ce qui est inexprimable, et arriver à montrer ce qui est au fond de son coeur de créateur, encore une image, pour essayer de comprendre, n'est-ce que un instant, ce Monde, en l'explorant de son intérieur, pour peut-être trouver l'infini, ou ce qui est défini.

Le hasard est à l'image du passage du vent, c'est à dire invisible. Chercher à interpréter le hasard, c'est voir à travers de l'eau, percer ce qui semble opaque, ce qui doit être visible ne l'est pas ici, et ce qui doit être montré et visible ne l'est que par une action manuelle. Ce qui correspond à l'acte de l'esprit est tout aussi invisible : ce qui est pensé ne se voit pas, mais se dévoile sur un support, avec les matériaux appropriés (peinture, encre, crayon papier, etc...)

Si le hasard est invisible, alors, la création l'est aussi, et la création dévoile ce qui est invisible, ou même, inaudible. Ce qui va être révélé prend alors une direction, ou un sens logique, qui va déboucher sur le concept.

Celui qui est dans la création est à un moment ou un autre dans la quête de réaliser une création assez simple, mais spontanée. Pourtant, le créateur établit des enjeux, et le plus souvent, l'envie est d'aller plus loin, comme créer en rapport à un pari à soi-même. Ce qui est facile, doit logiquement être futile. Rien n'interdit de réaliser une oeuvre facile, car elle à toute sa part de magie aussi, mais dans le désir et l'envie de créer, aller vers le complexe devient nécessaire, obligatoire, comme si un pacte était effectué entre le créateur et son sujet, c'est à dire ce qu'il doit faire.

Le hasard intervient dans ce pacte, et de lui résulte la magie de ce qui va être, et de ce qui va naître. Rien n'est vraiment programmé, mais tout reste à faire, et le hasard est le grand architecte de toute création, de tout ce qui est donné à être vu, ou à voir.

Le créateur est confronté à lui-même, et souhaite toujours créer une oeuvre à son image, ou définie au possible, mais le résultat ne ressemble jamais vraiment à ce qu'il souhaitait lui-même, car la création, ou plutôt, le travail créateur, à évolué, et le travail final contient beaucoup de différences, tant et si bien que le créateur à oublié à quoi ressemblait son projet initial, mais en définitive, il est souvent satisfait car son esprit créatif à évolué et voyagé dans la création qui était en train de prendre vie, et l'image qui devait en résulter avait tellement évoluée que à un moment donné il se devait de mettre le point final à cette aventure.

L'esprit alors , se vide, non seulement chez celui qui est l'artisan de ce qui va être donné à être vu, mais aussi chez celui qui regarde, car om recherche quelque part dans ses rêves , à trouver une voie, un chemin , pour interpréter et voir des rêves nouveaux. Ce qui étaient des signifiants, vont signifier. La quête de sens se construit alors à travers un autre regard de la culture. Ce qui arrive est toujours le résultat d'une sorte de méditation spontanée, le regard va toujours vers ce qui est nouveau , et neuf.

L'image, le reflet de ce qui est à voir résulte d'une forme de patience , ou la création simple n'a pas vraiment sa place. Mais alors, c'est douter que l'oeuvre peut naître comme une étincelle, alors que les oeuvres les plus simples naissent souvent ainsi. Ce qui est vite fait, et vite réalisé, à aussi sa part de hasard.L'oeuvre doit naître d'un hasard, et c'est indispensable. L'oeuvre est un tout, et qu'elle soit simple ou complexe, elle parle pour elle.

Ensuite, elle doit plaire, et trouver son public. Elle entamme alors un long dialogue sur elle-même, et sur ce qu'elle donne à voir. Mais elle finira toujours par trouver son public, d'une manière difficile ou non. à croire qu'elle eue une longue discussion dans un infini défini, pour arriver à nous.

La création simple et facile tente l'artiste, avec le temps, vers une continuité d'abolition de la forme. L'artiste fait des tentatives, et il a envie de créer autrement, voir autrement, car il s'est libéré de la tutelle de celui qui regardait, et qui était censé porter un jugement. Avec le temps, et surtout l'expérience, l'artiste devient libre et singulier : comme un architecte, c'est lui qui façonne son univers. Avant tout, l'artiste recherche une nouvelle perception, pour aller encore plus loin dans ce qu'il a à dire. Quand il n'a plus rien à prouver, surtout envers lui-même, il est tenté de se lancer dans un oubli de soi, un oubli de lui-même. Il aimerait que les sens trouvent de nouvelles formes de création, sans faire intervenir l'esprit. Celui qui est dans la création souhaite alors prendre des risques : il sait que c'est ainsi qu'il va évoluer. Dans sa nouvelle perception d'idées nouvelles, d'ou va résulter son univers singulier, ce qui doit être nouveau doit se construire dans le risque, le hasard, et pourquoi pas dans une forme de souffrance. On explore les sensations, pour trouver ce qui plus tard va être nouveau. L'angoisse personnelle côtoie la volonté d'échapper à une forme de désoeuvrement certain. Le comportement construit l'acte et l'acteur, et pour créer, ceci exclut toute chose qui n'est pas de l'ordre du comportement.

L'artiste doit se suffire à lui-même, et il sait que ses créations vont se déterminer sur son attitude, son comportement, ce qui est l'essence même pour bien voir, surtout autrement. En définitive, il ne sait pas vraiment à quoi va ressembler la phase d'élaboration finale de sa prochaine oeuvre, et il se demande à quelle forme véritable celle-ci va ressembler, tout en sâchant que l'oeuvre n'a pas vraiment de forme véritable établie. Le hasard joue beaucoup, et ici , il est le vrai maître, avant l'artiste. La forme à du mal à naître et à émerger. Pour arriver au résultat final, l'artiste doit laisser faire, laisser aller.

L'attitude s'impose alors, face au manque qui est volontairement crée. L'oeuvre doit ainsi pouvoir se traduire, sinon, elle est confrontée au vide. La forme doit être observée dans son élaboration, avec la plus grande attention. Le point de départ de l'oeuvre est ici, et c'est à nous de ne pas y voir un vide conséquent et substantiel; la source ou l'artiste, tout comme celui qui va voir , vont trouver la source non négligeable, et intéressante des indications méthodologiques.

Il faut alors donc revenir au hasard, qui va être donc le résultat du constat de notre attitude, ou plutôt de l'attitude de l'artiste, qui va donner à ses créations une forme consciemment donnée. Le hasard ouvre toutes les portes de ce qui va faire du créateur un être singulier, qui va arriver à ses fins. Enfin, le geste qui va permettre aux oeuvres d'émerger va être vu désormais comme la révélation d'un état d'esprit singulier et propre à l'artiste. Le créateur peut alors être vu comme un outil d'enregistrement, qui flirte avec l'aléatoire , et ou ses reflexes sont acquis automatiquements, et de manière aléatoire, et donc, hors de portée de tout acte réfléchi, ce qui lie donc étroitement toute volonté de création au hasard.

La pratique artistique, c'est souvent une recherche du silence, vouloir toucher un monde qui n'est plus, pour en créer un autre, nouveau, et ou ce qui doit se regarder doit l'être avec un regard neuf, et apaisé.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:00
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:21
30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 13:18

Promotion pour l'album "Signes" :

Dessins, écriture automatique. Signes et mémoire.

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Consulter l'album "Signes".

11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 10:15
Bienvenue sur mon blog !!! Textes protégés par ADAGP droits d'auteur'(ainsi que images, et droit à l'image) -Maison des artistes, et conseils à MAPRA. Textes soumis à des droits d'auteur-Demande d'autorisation nécessaire pour toute publication. Textes déposés aussi à MAPRA et villa Gillet. Vous pouvez aussi consulter mon autre blog : http://www.franckgache2.overblog.com Contact : 0475323806 Je suis aussi sur Facebook. Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=McmWd1yGqTotBFeto8mJko et aussi, blog Wix : http://www.franckgache76.wix.com/franck-gache
Bienvenue ! Atelier Franck Gache
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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 21:23

 

                                                                                 -1-

                                                                              (Intro).

 

La nuit semble ressembler à une porte fermée, qui ne s'ouvre jamais. Un mur sombre et noir se présente devant moi, et pourtant, l'envie est en moi de voir ce qui se cache derrière, ou si possible, voir si il est possible de le contourner. Rien n'est vain, et l'envie est plus forte que tout, c'est à l'image d'aller vers la lumière, une force est présente, et l'envie est si forte, que rien ne semble la vaincre. Il me serait alors possible de franchir et traverser des montagne, pour chercher à trouver vainement une forme de vérité. Ce qui est à trouver, ou à chercher, est perdu dans l'oubli. Je suis perdu dans mon inconscient, mon conscient, et mon subconscient : la quête va arriver à son terme, c'est certain, mais tout est possible. 

Je touche le monde du rêve avec mes doigts. Tout est ici, et tout est à trouver, et je n'ai qu'a me baisser pour trouver, et construire mon patrimoine.

 

Quand vient la nuit, c'est le moment pour moi ou est décelée ma face cachée, le vrai visage du créateur, quand je me retrouve devant une page, ou une surface blanche. La nuit effectue comme par magie, un transfert, ou mon reflet semble se déposer comme une image. Le doute s'installe, et la magie, à ce moment, opère. à ce moment précis, je n'ai plus que à observer, et analyser ce qui va se dévoiler...  

Une écriture est alors présente, ressemblant à un alphabet, ou tout reste à être traduit.

La nuit ressemble à une tache d'encre, ou les forment se devinent quand le regard scrute, ce qui semble si profond. Ce qui est vu quand le jour se lève n'a pas le même escient, car la nuit renferme ses secrets, et pour les chercher, le regard doit se perdre, au plus près d'elle, pour que ce qui est derrière se dévoile , pour chercher ensuite à trouver une interprétation. Je suis là, et aussi, je suis ici, car scruter la nuit est un long voyage, et longtemps, j'ai cherché. 

La nuit est confrontée à une présence, pour lire ce qui est indicible et opaque. Lire à travers la nuit, c'est conjuguer le verbe "voir", mais c'est aussi poser un autre regard, pour ne pas être indifférent, mais pour avancer, trouver des mots, et chercher à comprendre.

 

Dessiner, peindre, c'est sans doute la même chose, mais il y a quelque chose à rechercher, et ce qui doit être trouvé est dur à saisir. L'acte de création, c'est à dire, ce qui se déverse sur le support, naît avec une grande part de hasard. Rien ne me permet d'estimer ou de dire que je contrôle entiérement ce qui va naître devant mes yeux : créer est un renouveau, un autre regard. Ce qui se dévoile est mystérieux , presque sacré, mais est le plus souvent vu avec un regard indifférent. Il me reste à explorer le cadre temporel de cette création, pour essayer de me trouver peut-être des réponses. Et je sais que ce qui est crée naît soit le jour, soit la nuit. Le temps, désormais, se présente devant moi, pour me dire qu'il est l'un des facteurs de l'acte de créer, mais pour me dire aussi, que tout était à trouver, pour mieux saisir ce qui m'échappe...

à l' origine, tout ce qui est à entreprendre se présente souvent bien, ou du moins, semble abordable. Ensuite, tout semble se compliquer, alors que rien ne semblait l'annoncer. Ce qui était vu du premier regard va évoluer, comme le jour laisse place à la nuit. Mais il est possible, pour avancer, de trouver la lumière, et éclairer la nuit pour prolonger le jour.

                                                             -1-

Souvent, quand je regarde ce monde de fous, ou tout semble aller si vite, l'envie me prend de rechercher des moments de solitude. Un écart entre le monde et moi m'apporte des moments de méditations. Je suis en un lieu, ou ma présence cache mon absence. Je prends un crayon, ou un pinceau, finalement c'est la même chose. Une page blanche est devant moi. Souvent une surface blanche, du moins. Pourtant, la nuit, tout devient noir, et le bruit du jour laisse place au silence. Créer, c'est peut-être décrire le silence, ou la solutude. L'artiste est alors seul au monde, et son regard doit alors percer les secrets du jour et de la nuit. Un monde nouveau se porte à mon regard, et souvent, les extrêmes se rejoignent, pour ne plus faire qu'un ensemble.

 

Quand vient la nuit, ce qui ressemble à de la crainte arrive, et autour de moi, il n'y a que le noir et le silence, qui laissent place au souvenir. J'ignore quel chemin la nuit va donner à mes songes. Le passé cotoie ce qui n'existe pas, et ce qui est imagé cotoie le réel. Quand le sommeil tarde à arriver, la lumiére artificielle de la lampe semble me réconforter, et je prends un crayon ou une plume pour imaginer je ne sais quoi, pour tenter de prolonger le jour. Je suis ici et présent, et si je rêve, je sais que le monde est devant moi, les portes grandes et ouvertes. Je n'ai alors plus qu'a mettre des mots et des formes, pour tenter de traduire le silence, et traverser ainsi la nuit.  

Je suis en un lieu ou plusieurs routes semblent se présenter à moi. Souvent, je n'ai ni l'envie de partir, ni l'envie de revenir, et encore moins l'envie de choisir. Quand la nuit est passée, le jour laisse place à l'avenir. Les rêves, pourtant récents de la nuit passée semblent m'échapper. Je recherche des traces de ce qui fut rêvé. Un coup de vent semble être passé par ici, et il a tout balayé. Le plus souvent, il me revient en mémoire un chemin, ou même une route , qui apparaît devant mes yeux, dans ce qui est le présent.

Un jour, j'ai dessiné un vieux monsieur assis au bas d'un arbre, et il m'était revenu en mémoire que la veille , mon rêve me projetait sur un chemin, situé en un lieu inconnu. En marchant, il me semblait évident que j'étais perdu. Une sorte de peur , ou plutôt de l'inquiétude me traversait l'esprit. En continuant mon chemin, et en longeant un vieux mur en pierres, je tombais sur un vieil homme, assis au bas d'un arbre. Il sembait tellement vieux que lui donner un âge précis relevait de l'impossible. En avançant, je l'ai salué, et puis, il m'invitait à le rejoindre pour discuter. Il me raconta que j'étais un errant, quelqu'un dans l'errance. Autrefois, j'avais entendu ce mot, mais rarement, pas assez , à l'échelle de ma vie. Ensuite, j'ai oublié l'ensemble de cette conversation, mais ce qui n'était pas oublié était qu'il voulait me dire quelque chose d'important. Ensuite, le vent s'était levé, il soufflait fort. ça débouchait sur mon réveil du matin, et mes fenêtres s'étaient ouvertes, sur un vent puissant. Je suis ensuite allé à mon bureau, et j'ai pris une feuille pour dessiner. Au hasard, un arbre commençait à naître sur ma feuille, et au bas, un vieillard commençait à apparaître...

Dans la création, il y a l'inquiétude et l'espoir, et peut-être une façon de conjurer l'avenir, pour y trouver une sorte de refuge, pour l'artiste, même si il n'accepte pas vraiment ce monde, ici-bas. Dans la création, l'artiste, qui produit avec ses mains, son ressenti, est apaisé. Celui qui est malheureux recherche toujours un autre chemin. Ce qui doit arriver est toujours redouté : le temps passe, avec ce qui est en devenir. Dans la douleur, il faut rechercher une forme d'exil, un exil en soi.

L'exil ressemble à la douleur, et à toute sa place dans la création. Et est oublié ce qui arrive , ce qui est vu ne change pas, et reste identique. Là est à trouver le regard et l'interprétation de l'artiste. Tout va être différent avec la main du créateur, comme si il soulevait des montagnes pour montrer sa vue, et ce qu'il souhaite représenter, pour rester surtout singulier.

En ce qui me concerne, souvent, il m'arrive de me demander si tout à du sens. Tout ce qui est fait autour de nous n'est peut-être qu'une fausse image. Ce qui est construit et élaboré s'inscrit dans la création, avec la main de l'homme, qui en est l'architecte. Et souvent, il m'est arrivé de me tromper, et pourtant, ce qui était si vrai semblait si proche de moi, pour s'éloigner aussitôt, et pour tourner autour, encore et encore...Se situer au juste milieu, rechercher dans le monde animal, pour s'orienter vers l'homme, et voir dans la main de celui-ci, ce qui semble perdu et ou ce manque de repéres n'est pas une fin en nous, mais semble définir le geste, et la création.

 

                                                                -1 (B)

 

 

La nuit porte conseil, elle est si calme, si docile. Dans le silence, mon esprit peut explorer au plus profond mon subconscient, et entre le silence et les forces de l'esprit, un vide est là, à combler. Tout autour de moi, ce qui est dans la nuit est fragile, et le moindre bruit laisse place au bruit de l' écho, qui peut être plus ou moins dense...   

 

Je regarde comme si j'étais en haut d'un phare. Et j'ai donc construit comme ma demeure, mon lieu de vie,il est vrai que c'est imagé, mais il me semble que j'ai construit mon lieu de vie, de la vie de tous les jours, avec des clous, et que j'ai cloué,enfoncé ces derniers pour ne plus regarder que la direction du vent, pour repérer le temps.Oui, trouver cet espace qui est en moi, et qui est en nous : rien n'est impossible, mais tout est possible, à condition de volonté, en se surpassant.

 

Entre la Terre et le ciel, le vide était profond, et il restait à être comblé...

 

Je recherche dans la nuit le silence, peut-être pour être apaisé. La nuit ressemble au désert. J'ai besoin d'un espace vide pour méditer, et me retrouver. Dans la nuit, le silence est si imposant, que si je fais tomber quelque chose, un objet, l'écho devient intense, et transperce la nuit d'un bruit redoublé. Dans le silence, je suis comme un ascéte: je scrute la nuit et le silence pour me retrouver, donc, je suis en quête de ma part d'ombre. Dans ma mesure, ma balance m'indique le pour et le contre, et m'indique sans doute des orientations ou aller.... Mais j'ai souvent le sentiment d'être trop loin, ce qui est à trouver est sans doute trop loin encore. Vivre est souvent difficile, et il faut choisir pour devenir. Souvent, il est possible de ne rien trouver, et la quête doit recommencer comme si rien n'était certain. Mais j'ai déjà trouvé mon propre désert, et son silence me comble, à l'infini. Mais il n'est pour moi qu'une image. Rien n'est certitude. C'est peut-être l'une des étapes de l'ordre du chaos.

 

                                               -2-                                   

 

Le silence était lointain, mais toujours proche. Percer ce qui ne s'entendait pas, équivalait à marcher aussi sur ce qui constituait l'autrefois. Maintenant, j'ai observé une division chez les hommes, dont les enfants sont témoins, sans le savoir. Une violence sans mots, difficile à décrire est présente autour de nous. Comme l'agneau, l'enfant ne perçoit pas cette violence, ni cette division. Rechercher dans l'enfance, c'est retrouver des valeurs lointaines, les vraies valeurs, et décrire ce qui est authentique. L'être adulte est confronté à un tout autre monde, ou les mots, et ou les verbes peuvent parfois aller vers le néant, surtout si les routes choisies sont différentes. Ainsi, il faut toujours prendre le bon chemin, sans oublier notre singularité. Choisir la mauvaise route, c'est aussi trouver le silence, surtout si les autres réfutent ce choix. Mais pour retrouver la parole dans ce monde de damnés, pour reparler avec ceux qui jadis étaient dans le cercle proche de la parole, même dans la division, parfois il faut revenir aux origines, parler du début, du commencement. Raconter que jadis, l'enfance était en nous, évoquer que de simples taches de couleurs pouvaient être belles en notre esprit, et que nos traits tracés au crayon étaient maladroits certes, mais en commun accord, ils racontaient une part de notre histoire. Revenir aux origines, c'est dire ce qui est véritable, pour raconter qu'un conflit à toujours une origine, et pour dire aussi que la vie se décide à la croisée d'un chemin, qui n'est souvent pas ordinaire. La différence construit l'indifférence, et conduit à l'oubli, à l'éloignement, au mépris et à la haine, alors que la parole, comme le geste, restent. Il faut expliquer, donner un sens aux mots, et controler les gestes, pour retrouver les origines, et aller vers la concorde.  

-3-

J'ai tant recherché, mais je n'ai pas souvent entendu, dans le silence de la quiétude, et de l'observation. Ainsi, en me retournant, pour dessiner, ou peindre, la quête trouvait la voie, pour renoncer au vide et à l'absence, ou l'invisible. Ainsi, c'était rechercher quelque part le sens à toutes choses, là ou il y avait un commencement, pour aboutir à une fin quelquonque, pour voir ce qui était à remplir être comblé, ou saturé dans l'espace. En pleine tempête de la vie, c'était mon navire, ma galère, transposés sur une simple feuille, ou un support. Comme dans un rêve d'enfant, j'ai recherché dans une quête imagée à atteindre les étoiles,pour enfin ne trouver que un juste milieu. Ce qui est transposé , écrit, est souvent si fragile, et je les connais, moi, les menaces qui viennent contre ce que j'ai tenté de décrire, ou tout simplement, faire...Le regard d'autrui, ou de l'autre à aussi sa propre interprétation de son environement, et surtout, de ce qui le dépasse.

 

Et j'ai marché...Marché, sans jamais me retourner. Ce qui était à trouver était devant moi, et il ne me restait plus qu'a trouver, ce qui était dissimulé dans un immense jeux de piste. J'ai observé, et médité aussi, pour cotoyer l'envers et l'endroit, chercher à définir les sens, canaliser les énergies par le regard, tout comme porter un jugement sur la vie. Errer, c'est aussi rechercher ce qui est vrai, trouver la vérité au bout du chemin. Le plus souvent, la richesse se trouve dans le savoir, pour ensuite faire la part des choses, et choisir, tout en étant indépendant du regard de l'autre.

 

J'ai toujours cherché à connaître ce monde, qui semblait toujours si proche, et si lointain. J'ai un souvenir d'enfance ou on me présentait des images, à moi et à un groupe d'enfants, des images d'îles lointaines, avec une mer d'un bleu si pur que mes yeux en étaient éblouis. à l'époque, il me semblait logique que dans un avenir proche mes pieds fouleraient le sable de toutes ces îles, et de tous ces lieux. On m'avait alors parlé de l'Amérique, des Indiens, de l'Asie... Il me semblait alors logique que le monde était à la portée de mes yeux, et qu'il m'était ouvert, pour visiter tous les lieux dans un avenir proche, ce qui semblait être le rêve de tous les enfants. Mais ce rêve était de courte durée : plus les jours passaient,  et plus les jours laissaient place à l'âge adulte, plus le rêve laissait place à la réalité, voyager était lié à l'argent, et en devenant adultes, l'argent devenait de plus en plus important pour ceux que j'ai jadis connu dans un passé proche. La vie était ce qu'elle était, et les enfants étaient devenus aigris, et sans rêves devant ce monde, et différents entre eux. Pour moi, le monde était une valeur, et j'ai cherché à le connaître dans ses moindres recoins. J'ai recherché son histoire aussi, même si elle était moins belle que celle qui était rêvée par les enfants, et j'ai cherché à mettre des noms sur les lieux, pour que ce monde ne me soit pas inconnu, mais proche.

 

Et je suis parti, un jour, comme dans un rêve, pour survoler ce monde comme un oiseau, et trouver les bons chemins, sans jamais perdre ma route. J'ai suivi mon instinct, pour suivre le sens du vent. Au début, le voyage était interminable, et il m'arrivait de marcher plusieurs jours pour enfin sortir de certains pays, et passer à une autre contrée. J'ai ignoré les frontiéres, en traversant celles-ci en me faufilant comme un chat en des lieux et passages perdus. J'ai été un voyageur, un être de nulle part, mais qui restait un homme avant tout. J'ai ainsi connu les hauts et bas sommets, les fortes chaleurs, et le froid, pour tutoyer les extrêmes, et voir la vie autrement. Je ne me suis pas perdu, mais je me suis trouvé. Je sais désormais qu'il ne faut pas mettre de différences dans la vie. Durant mon voyage, j'ai rencontré les hommes les plus riches, et les hommes les plus pauvres. J'ai vu aussi des hommes qui n'étaient rien, et qui étaient humbles, qui ne souhaitaient ni êtres riches, ni pauvres, ils étaient ici, tout simplement. Ils étaient des hommes, qui, souvent, recherchaient dans ce qui était spirituel. ça pouvait être un sadou d'Inde, ou un moine Boudhiste, et même un derviche tourneur. Souvent, là ou des hommes se détestent, dans la vie, il faut voir plus loin, et aller au delà de toutes choses. Ainsi, le début laissait place à la fin : j'ai vu des îles, mais ce n'était pas ce qui était le plus beau au monde. J'ai aussi vu le faste, comme ce qui était si superficiel. J'ai vu aussi le vrai et l'authentique, ainsi que le faux , ce qui était douloureux et difficile à montrer. J'ai trouvé la haine et la violence, et aussi la solidarité et l'espérance, mais surtout, j'ai trouvé la définition de la vie. Dans le fond, la vie n'était qu'un passage, et finissait toujours par se perdre dans les profondeurs du temps. La quête de sens laissait place à l'errance.

 

Dans le temps le passage est trés présent, l'errance est un pont entre ce qui est et qui fut. Tout semble si improbable, et si soudain. Un lien de passage entre le passé et l'avenir semble se dessiner, et entre le visible, et l'invisible, un pont est posé, toujours difficile à traverser. La vie n'est qu'un passage...

 

Toujours tourmenté par la nuit qui arrive, car l'image de la nuit est un noir complet, l'obscur, dehors, par cet obscur, qui ne se décrit pas. Seul, j'ai le sentiment d'être perdu, mais j'ai vu d'autres images, aussi...

 

Je pense que ce qui est parti peut toujours revenir sous une autre forme. Si il est possible de découvrir de bons sentiments, ce qui peut être vu sur Terre peut être trés violent, trés brutal. Mais heureusement, entre le ciel et la terre, existe le silence, ou du moins, ce qu'il devrait être, dans la forme. J'observe, comme pour mieux avancer, et de ce qui fut vu, je recherche à retranscrire, et pourquoi pas, à transmettre.

 

Dans ce qui est vu, rien n'est vraiment dans le fond vrai ou réel, et ce que j'ai vraiment envie de voir n'est ni plus vrai, ni plus faux, ou même, ni plus juste. Si je recherche par exemple le vrai silence, il n'est pas certain qu'un jour celui-ci arrive à moi, ou qu'il existe vraiment, pour construire , tout comme pour créer, je dois regarder des deux côtés, car je sais que je n'embellirai point mon support si je recommence à chaque instant ce que j'ai à y inscrire dessus.

 

Je ne suis pas intéressé de voir plus loin que mon nez, car voir son bout ne m'intéresse pas vraiment. Ce qui va arriver n'est pas inscrit sur mon front, car j'ai peur de me tromper et de ne pas bien faire l'image qui devrait arriver. Finalement, l'image conçue est différente de celle qui était au départ en mon esprit. Entre moi et le support il y a un vide qui va transformer ce qui va être vu au final. Ce qui est crée doit se faire dans la distance pour donner à voir un style. 

 

-4-

Dans le style , je cherche à puiser le sens de l'essence, et j'ai toujours l'espoir et l'envie de créer quelque chose de nouveau. Je me suis pris dans mon propre piège, et je recherche à déchiffrer et interpréter mes indéchiffrables messages, quand au pire, si je n'arrive pas à lire, et à trouver une interprétation de mes signes, j'ai alors du mal à traduire l'essence de ma propre ambition. Au départ, il y a un projet, qui devient de plus en plus important, et celui-ci devient de plus en plus important pour être visible, pour ne pas apparaître dissimulé à mes yeux. Ce qui doit être recherché le plus, ce n'est pas inviter à voir, mais devenir.  Il ne faut alors pas insister pour montrer ce qui est fait, et il ne faut pas rechercher à ressembler aux autres, mais être singulier, être comme nous sommes, sans porter de jugement. Plus que le coeur, c'est l'envie qui parle, et au milieu, une force invisible joue à faire l'arbitre, mais ne s'explique pas.      

 

Souvent, dans la nuit, j'ai recherché la solitude. Dans la nuit profonde, noire comme de l'encre, j'ai peut-être recherché une fausse amie.

 

Dans l'obscur, aidé d'un simple pinceau, des plus simples, j'ai étalé des formes noires sur des papiers, aidé du hasard, et d'une certaine dose de mélancolie, pour voir la solitude toiser et tutoyer le hasard, pour faire naître au plus profond de la nuit des formes, qui sont devenues des histoires.

 

Dans la création, dés que le support est touché, pour créer une forme, le sentiment est d'être réveillé, avec toujours l'envie d'aller vers le zèle, et une méditation arrive, peut-être dans l'attente du matin. La main réajuste le voile, et le brouillard se dissipe. Ce qui va se dévoiler sur la feuille blanche, est souvent quelque chose de lourd issue de l'âme, pour essayer de toucher les coeurs. Ce qui va être donné à voir est alors le reflet d'une forme de richesse qu'est la méditation, issue de l'observation, pour se terminer souvent par un soupir, car l'inaccessible est toujours à trouver, encore et encore...L'envie est ici, pour pousser une porte qui donne sur la vie, à travers une image.Il y a une décision, un souhait, et une vue sur la vie. Le geste va souvent être lent, pour arriver au fur et à mesure... Pour ne pas se perdre dans la nuit et le temps, il faut à un moment donné déterminer quand le geste va finir, comme un exercice. Il ne faut souvent pas rechercher à faire trop grand, mais rester modeste. La richesse peut se trouver dans ce qui est le plus simple, mais surtout dans l'envie, pour souvent déboucher sur un sourire, et saisir l'instant présent, pour aller toujours plus loin...    

 

Dans l'acte créateur, quand le regard se perd dans la forme, et dans la nuit, le retour vers une démarche autre va être difficile, car l'envie de continuer va toujours être présente. Il faut choisir le bon moment pour terminer ce qui est fait.Le temps du retour à la vraie vie arrive, pour revenir aussi à l'instant même, et vivre en ce même instant.Ce qui fut fait avant était une forme d'absence, pour être au plus loin de chez soi. Cette absence peut confondre, ou perdre, et à un moment, il faut rechercher le point de rupture. La force est de rester fidèle, car il y a des personnes qui non seulement ne porterons pas de regard, mais porterons un regard négatif de ce qui fut fait. Ce qui est recherché est ailleurs, à situer entre la terre et le ciel, et ce qui est en nous détient la racine commune, dessiner ressemble alors à creuser, et peindre, balayer, faire partir ce maudit brouillard , et faire en sortes de ne pas trouver d'obstacles sur son chemin, pour peut-être accéder au divin. Ici, le temps ne compte plus, et on ne regarde plus pour juger de ce qui est long, ou ce qui est lointain...  

 

Ce qui était fuyant devenait une chose à saisir. Dans le noir, je n'ai jamais été un aveugle, mais un simple mortel piégé entre le ciel et la terre. Mon seul objectif n'était que de savoir ce qu'il y avait à faire. Et souvent, je n'avais rien à dire, tout comme je n'avais rien à dessiner. Le jour est un monde avec un autre visage, ou tout semble bouger. La nuit, elle, renvoie au vide, et au néant, mais ce n'est qu'une image. La nuit, l'esprit semble libre et serein, et il me semble souvent que j'ai mille choses à dire. Mais souvent aussi, la nuit s'apparente à un gouffre profond, ou je n'ai pas envie de me perdre. Ainsi, je pense que j'ai beaucoup de choses à dire de la nuit, comme si je parlais d'une amie, ou même une confidente.

 

Je sais qu'il ne suffit pas de regarder pour voir ce qui est à montrer. Comme plongé dans le silence, certains, dans la création, se voient comme dans un monastère, avec des régles qu'ils s'appliquent à eux seulement. L'une des règles est de ne pas rechercher, ou toucher à l'ennui, mais s'efforcer à rechercher des créations qui ne se voient pas tous les jours. Il faut aussi parler, se raconter, trouver les bons mots à envoyer à celui qui regarde, pour ne pas être dans le brouillard. 

 

Parler avec la nuit peut paraître être un privilége, car les autres dorment, et du fait que la moitié de l'humanité est en train de dormir. C'est encore une fausse image. être seul dans la nuit, c'est comme être confronté à son double, ou se voir dans un miroir.Le noir semble ce qui est le plus profond, et on ne mélange pas le noir avec une autre couleur, car tout finit toujours par lui ressembler, pour devenir encore plus noir, ou plus sombre. On ne trompe jamais ce qui s'apparente aux forces des ténèbres, et la nuit est toujours la porte pour ouvrir ce qui va être éclairé : le jour. 

 

La nuit, je l'ai connue, et il m'est possible de la raconter, et de trouver des mots. La nuit est avant tout une forme de désert, ou il est trés possible de se perdre. Plutôt que de traverser la nuit, j'ai essayé de la connaître, pour ensuite la tutoyer, pour lui dire que en longueur, elle était équivalente au jour. Dans la nuit, tout semble être moins vivant, et la vie semble au plus se cacher derrière de grands murs, mais la vie est tout aussi visible, car il faut la chercher, et aller au devant d'elle. Traverser la nuit, c'est méditer au milieu d'un monde heureux ou malheureux.

 

Traverser la nuit est une exigeance de mon errance, pour soulager ce qui est et qui était moi-même, pour plus l'apprivoiser. Mon errance est une forme de perdition, et aussi un renoncement, pour être à part des autres hommes, forme de perdition qui me renvoie souvent au vide. J'ai exploré ainsi jadis et naguère, et dans cette quête, j'ai dégagé beaucoup de l'énergie. J'ai toujours plus envie d'écrire, pour combler ce vide, pour trouver le goût à toutes choses. Je sais que celui qui ne trouve pas n'a plus goût à rien, et l'envie s'éloigne vers le néant. Je cherche toujours de nouvelles idées, et je m'explore moi-même. Pour moi, la nuit renferme un trésor: espérer, vouloir, et avoir, tout comme aussi rêver. Il y a donc une voie à suivre, ou il est tout aussi facile de se perdre.

 

La nuit, c'est aussi un nombre incalculable de fois, d'appels manqués, ou de recherches veines. La nuit, c'est aussi des vies cachées, ou visibles. Le visible rejoint l'invisible, à l'image d'un grand livre ouvert qui à les plus grandes peines à voir ses pages tourner et défiler. Montrer ce qui est vrai, la vie, c'est écrire. C'est souvent aussi parler des autres à travers soi, sans que les autres ne s'en apperçoivent.

 

-5-

Un soir de fort vent, je me suis surpris à créer des formes noires, sur des papiers blancs, au plus profond de la nuit. Il me semblait alors que j'étais au milieu d'une grande tempête. Le vent ne m'opressait nullement, bien au contraire, car il donnait encore plus de forces à la solitude. Le bruit du vent ressemblait à un grand chant, trés puissant et trés profond, et pour moi, c'était comme entendre une mélodie. Mes forces semblaient décupler, et le temps de quelques instants, il me semblait que le passé, et le présent étaient trés éloignés, peut-être perdus sur une île déserte, emportés par un océan déchaîné. Quand toutes les encres étaient terminées, il y avait certes de la satisfaction, mais rien ne me donnait l'envie de voir le lendemain. à un moment donné, la pensée de l'avenir semblait m'opresser. Au plus profond de moi, l'envie de continuer était là, bien présente, et mon esprit était ancré au temps présent, bien décidé à ne pas bouger. Mais mes forces déclinaient, impossible d'aller plus loin, c'était comme me voir en train de nager, et toujours voir une île qui semblait trop proche être toujours trop éloignée. Mais je n'ai pas renoncé, car la nuit, en se retirant, à l'image d'une marée basse, à laissée des dessins, avec des formes à interpréter, comme raconter des petites histoires, toujours nouvelles. Sur une image, ou un dessin, par exemple, pour ma vue et mon interprétation, il me semblera voir un oiseau, mais c'est moi qui voit ça, et c'est mon rêve à moi, rien que à moi qui défile devant mes yeux. Tout à une histoire, et finit toujours par s'expliquer, mais j'ai ramé pour construire des morceaux de rêves, car le plus souvent, il ne reste plus de souvenirs. Ce que me racontent ces formes, nées de la rencontre de la solitude et de la nuit avec le hasard peut être trés profond, et souvent, les autres artistes pensent la même chose que moi, ou avec des variantes. Ce qui relève de la forme peut m'enseigner ou me dire que telle ou telles histoires ne se sont pas déroulées ainsi, ou que ma vue n'était pas assez large pour voir ce qui était loin, et que ma vue devrait toujours être au plus près de moi. Ce qui est fait, et ce qui est visible me montre aussi mes rêves de gosse, ou du moins ce qu'il en reste, pour me dire si oui ou non si ces rêves furent concrêtisés. Il y a aussi ce qui n'était pas attendu, et qui à fini par arriver, et il y a ce qui relève de la forme, des formes qui ne seront jamais interprétées, ou oubliées, tout comme les formes qui dérangent, ou celle que l'on a envie de laisser derrière soi-même. 

 

Souvent, ce qui est recherché au plus profond est brutal, comme les premiers rayons du soleil qui percent la fin de la nuit. Si la nuit laisse place enfin au jour, c'est peut-être aussi pour me dire d'espérer. Quand vient le jour, la création est différente de la nuit. Le bruit vient remplacer le silence, mais il est tout aussi possible de trouver du silence le jour, comme pour la nuit, ce que montrent parfaitement les formes noires sur les papiers blancs : il y a roujours du blanc autour de la forme noire, image idéale pour dire que ce qui est vu la nuit est bien plus profond qu'on ne pouvait le penser. Le secret de la nuit semble être qu'elle n'a pas de mystére, la nuit pouvant être aussi froide que le jour peut l'être, tout comme la nuit peut elle aussi être aussi chaude que certains jours, matins et soirs...

 

Et j'ai souvent continué dans mon sommeil ce qui fut fait la nuit, et ici, ce n'est plus que du rêve, ou ma part de rêve, ayant toujours l'espoir de reproduire ce qui fut vu, comme pour créer enfin un vrai original.  

 

La nuit ressemble aussi à de l'encre, mais n'est peut-être pas aussi profonde, c'est mon sentiment. Le solitaire est confronté à son égo, à lui-même. C'est rechercher à scruter ce qui se cache dans le silence, et y dénicher ses trésors. Il faut toujours garder l'espoir, et la solitude se livre dans un grand silence, souvent en compagnie d'un fort vent. Mais il y a une façon pour percer le silence, avec une manière particulière d'observer le vide. Tout ce qui est alors autour de nous n'est que virtuel, et à travers ce qui est observé se dessine une image, à travers une forme la plus abstraite possible, ou souvent évocatrice. Les mots trouvent alors tous leurs sens, mais ils sont fragiles, et fuyants. 

 

Je n'arrive pas le plus souvent à saisir des mots de ce qui est crée devant moi. Le geste est rapide et spontané, mais ce qui s'étale sur une feuille blanche raconte aussi le plus souvent une histoire. Mais le plus souvent, seulement que l'un des deux aspects est saisi, et l'un des deux termine sa course dans l'oubli, le plus profond. 

 

C'est une forme d'écriture automatique, mais aussi une forme de renoncement, qui arrive, car elle est plus ou moins utile. Si tout autour de moi tout est structuré, je suis souvent pris par une grande lassitude, comme épuisé de revoir une histoire qui défile sans cesse devant mes yeux. J'ai alors une grande envie de me laisser aller, pour ensuite plonger dans l'inconnu. Je n'ai pas de projet, mais je suis là. Je ne recherche que ce qui va se dessiner devant mes yeux. Je sais qu'il va y avoir une forme, mais j'ignore sous quelle forme et aspect elle va arriver, j'ignore aussi le nombre des feuilles qui seront noircies, tout comme j'ignore quel va être le sens de l'histoire. Je ne cherche pas, mais je trouve. Je suis présent, mais dans la lassitude. J'ai le sentiment de prendre un risque, car je n'ai pas vraiment envie de faire ce qui va être fait. J'ai souvent l'envie d'intervenir, quand je me laisse aller à ces créations, et ça arrive parfois. La déception est alors grande, car je sais que ce n'est pas l'objectif, ni ce qui est recherché. J'ai toujours l'envie d'être le plus libre possible ces soirs là, mais il y a toujours une contrainte. Rien ne se passe comme prévu, et souvent, aussi, rien ne se passe. Alors, la solitude se conjugue avec le spleen, et rien n'avance, pour ensuite voir la feuille blanche comme si devant moi, il y avait le vide. 

 

Le dessin m'inscrit dans une absence volontaire, pour être en dehors de la vraie vie, l'espace de quelques instants. Le passé et le futur sont abrogés, et je me retrouve dans un juste milieu. Le temps n'a plus de prise sur moi, et il m'est possible de le défier à l'envie, comme si pour moi il était clair qu'une autre dimension éxistait, mais celle-ci ne pouvait être explorée, ou être décrite, vu qu'elle était invisible. Peindre, ou dessiner, c'est se perdre dans une forme de vide, et être aveuglé par un acte, qui, même si il est défini, transporte l'esprit sur une page blanche, ou il ne se perd jamais vraiment.      

 

La nuit est une continuelle attente, face au néant, et confronté à soi-même. Le silence est long à apprivoiser, et on ne sait jamais vraiment ce que l'on recherche. Mais pour être connue, la nuit demande du temps.

 

Le pinceau circule sur la feuille blanche, au hasard de la nuit. Ce qui va être trouvé n'est pas un trésor, et même, pas grand chose, mais au bout, il y a une forme d'espoir, une raison d'espérer, de faire en sortes que notre regard voyage, en ne bougeant pas d'un pouce d'une chambre, ou d'un salon, avec des portes fermées. 

 

Les jours fastes, une série est crée, quatre, cinq, ou une douzaine de dessins défilent devant mes yeux. Ensuite, je recherche toujours l'ordre chronologique, et je commence à essayer de lire le premier d'entre eux. Au début, je n'ai pas le sentiment de trouver une quelquonque chose ou interprétation, et je médite. Comme le silence est avec moi, et qu'il se conjugue avec le silence de la nuit, il n'y a, au bout d'un certain temps, plus aucun obstacle pour raconter une histoire. Une histoire qui m'est propre. Rien n'est plus, ou vraiment certain, mais c'est une exploration de moi-même qui est en train de se construire. Enfin, le temps m'a laissé le temps, de réfléchir, pour poser des mots dans ma tête, pour lire ces surfaces étalées à l'infini. Ce qui est devant moi est mon alphabet, et mon langage, et sans doute, il n'y a que moi pour le décrypter, le traduire. Ce langage est fuyant et sauvage, car il a traversé la nuit. C'est peut-être une prière, pour espérer m'expliquer, trouver des mots qu'il me faudra un jour. 

 

Quand je regarde l'un de ces dessins, ou une série le jour, le message n'est plus le même, et la magie est soudain absente, pour ne revenir que la nuit. Je n'arrive pas à retrouver toute cette magie en regardant ces dessins en pleine lumière. Il y a un manque, et quelque chose semble être trés loin, de plus en plus loin, et je n'ai pas le sentiment de pouvoir rattraper ce qui fut comme ce qui va arriver, comme décrire un combat entre l'espoir et le désespoir: l'un d'entre eux va gagner, mais impossible de vraiment savoir lequel. Pourtant, je n'ai pas changé, et je continue de scruter la nuit, pour trouver comment peut-être plus construire le jour. Aussi, je n'ai pas douté de rêver pour rechercher un monde qui n'existe pas, sinon dans mes rêves. Mais ce n'est pas vraiment exact : ces encres noires ne sont nées que d'un hasard, et ici comment parler de moi, sinon de dire que ce qui fut fait est arrivé du plus profond de ce qui était en moi, pour me dire que je savais trés bien ce que j'avais à faire.

 

La nuit est aussi l'attente, une pause. J'ignore ce que je recherche, et il n'y a pourtant rien de spécifique. Je me suis perdu dans le noir de l'encre comme si je m'étais perdu dans une forêt profonde. Je n'ai rien à attendre non plus. C'est être là à attendre un moment ou un temps qui ne viendra jamais. Car tout est à construire. Il y a tout de même la satisfaction de s'oublier, quelques minutes, ou quelques heures, avoir le sentiment d'avoir échappé à l'histoire, ou au sens de celle-ci pour un temps encore. Peut-être que le passé n'était pas aussi idéal, tout comme le présent peut réserver des surprises. Le doute est toujours plus fort que tout, et l'encre noire coule toujours, aussi noire de l'encre, et rien ne permet de dire que à ce moment, je me suis trompé. Je ne recherche pas à créer un monde, mais c'est tout un univers qui vient à moi. L'encre coule comme s'écoule le temps, pour recouvrir la page blanche.

 

Le plus souvent, je ne cherche plus à savoir, tout comme je ne cherche plus à comprendre. Je pense qu'il faut chercher à faire des choses dénuées de sens, comme rechercher ce qui n'existe pas, et tourner autour du vide.

à force de vouloir trop vivre, la vie passe à côté, et je passe devant toutes choses. Notre regard doit rechercher des horizons inconnus et lointains, tout comme il ne doit pas rester en un même endroit. Voir ce qui n'est pas habituel suppose une pause dans la vie, une évasion et une fuite de ce qui est la monotonie. C'est un rappel aussi pour nous dire que nous vivons dans un système complétement abstrait ou tout ce qui est autour de nous est né de nos mains, ou de mains plus anciennes. Je recherche à me laisser guider par le vide, et dans ce qui est entrepris, je n'ai pas peur du moment ou devrait arriver un quelquonque vertige. C'est ainsi. 

 

Alors, la raison laisse place à ce qui est invisible. Quand arrive un jour nouveau, c'est toujours un point de départ, car j'ai réussi à mettre ma raison en pause, pour repartir de zéro. Ainsi, je suis toujours confiant, pour arriver toujours à trouver les bons mots, et expliquer une situation, sans me justifier.  

 

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à rechercher et à créer, mon esprit s'est lui aussi écoulé dans l'encre, comme pour suivre une rivière. Tout au long de mes nuits, l'encre est devenue ma confidente, à tel point que mon imagination n'a plus de faille pour tout raconter. Tout devient si simple, et tout devrait être si facile. Il me prend l'envie souvent de reproduire les formes d'un oiseau, comme si enfin tout ce qui était recherché pouvait me donner des ailes, pour rechercher des espaces ailleurs. Il est possible de montrer quelque chose de beau avec un simple pinceau, ou une simple feuille, encore que, il faut le vouloir. Le désir construit tout, et est moteur, tout comme l'est la volonté. Dans un espace étroit, tout peut être possible, et alors, il n'y a plus de limites pour dire que je me suis évadé le temps d'au moins quelques instants, comme un oiseau, et pour dire aussi que la nuit est une porte à un éternel recommencement. Pour vivre et être là le temps présent. Et enfin, quand vient la fin de la nuit, le soleil n'a jamais cessé de descendre.

 

La nuit est comme un effet de miroir, et permet de plonger dans une forme d'oubli, car il y a toujours en nous, au plus profond, le souhait d'éviter de mauvais souvenirs. Voir dans la nuit est une fuite d'un certain passé, mais en fait il n'y a pas vraiment de l'oubli, et tout au plus, je n'ai que contourné des événements qui me revenaient. L'espace m'est soudain trop petit, et limité, et ma fuite est pour oublier quelques instants, ou au plus quelques heures...Souvent, le souvenir ne revient pas, ou peut-être jamais. écrire, devient pour moi, alors, une façon de combler, ou remplir ce vide. Voir une page blanche, c'est donc pour moi être confronté à l'oubli, et pour ne pas le contourner, le remplir devient nécessaire. Ce qui est une surface blanche doit être encadré, et si la page blanche n'est pas remplie, je mets au centre une figure imposante, ou quelque chose avec une certaine force pour cadrer le tout. à la fin, il y a comme une absence, j'ai l'envie de combler, mais il me manque ce qui ne s'explique pas, ni des mots, ni de la forme, mais c'est plus fort. Ma mémoire est alors échouée, et j'ai terminé, j'ai fini ce qu'il y avait à faire. Tout semble si loin, et si proche aussi. Nous recherchons des certitudes, mais dans le fond, nous ne sommes certains de rien, et quand il y a des choix à faire, rien n'est vraiment certain, et même la raison ne semble pas vraiment certaine d'avoir bien fait le bon choix, car tout semble dirigé. L'influence, et ceux qui sont autours de nous, alors, choisissent pour nous. Je fais par nécessité, oui, mais celui qui s'éloigne semble malheureux, mais il ne l'est pas vraiment, car il est libre. Je suis, et ne souhaite pas ressembler à untel, ou un autre. Dans cette errance, je suis dans une forme de fuite permanente. La nuit ne fait cependant pas vraiment de moi un homme en fuite, car c'est mon ombre qui recherche à me rattraper, car c'est elle mon passé, et moi, je suis devant, pour remplir la page blanche. Fuir son ombre, ce n'est pas fuir son passé, mais peut-être tourner une page. Ce qui va être fait, ce qui est réalisé, ce sont de nouvelles images, de nouvelles histoires, et rechercher de nouveaux ailleurs, comme réaliser de grands voyages. L'image est ici, et moi, je suis en son centre, sans en être vraiment le spectateur. Ce qui est écrit ou dessiné n'est pas une description, mais une trace, qui va se perdre dans mes lointains souvenirs. Ce qu'il y a à dire est trés important, et l'instant présent devient une éternité, ou tout ce qui renvoie à la vraie vie devient secondaire. Tout est désormais si loin, et tout semble si proche aussi. Tout pouvait être autrement, mais il en est ainsi...   

 

J'ai eu un autre regard de mon errance, tout en regardant toujours derrière moi. C'était avoir le sentiment que tout avait été perdu un jour, sans jamais revenir, tout ce qui semblait avoir été construit comme un architecte semblait avoir été fait pour rien. Mon regard, cependant, semblait aller plus loin, et je n'ai plus regardé en arrière, ni sur le présent, mais j'avais vraiment l'envie d'aller de l'avant, et de construire quelque chose de nouveau.   

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Aprés le jour, et la nuit, il y a l'oubli. J'ai souvent oublié d'éteindre les lumières. Tout un jour va être oublié sur cette terre, et tout va être emporté. Et aussi ce dont je suis le principal témoin de moi-même. Si je dessine, ou si je fais de l'écrit, c'est mon envie, et mon énergie. Je n'ai pas envie d'attendre la fin de ma vie pour choisir, et faire ce que j'ai à faire, car tout revient souvent dans les rêves, peut-être pour encore plus me connaître. Le lieu, le jour, et la nuit, c'est aussi le temps, et avec lui sa forme caractéristique de douleur, ou de souffrance, et d'espoir, ou d'inconnu. Il y avait l'avant, et l'après, et puis ensuite, l'exil, un éloignement autant dire indispensable et nécessaire, et aussi une différence. Souvent, le plus grand nombre n'aime pas ce qui relève de la différence. Généralement, certains n'aiment pas que d'autres vivent d'une façon différente d'eux, et ils voudraient que ces derniers leur resssemblent, d'ou qui s'assemble se ressemble. Il est difficile de choisir le chemin désiré, et il y a toujours quelqu'un pour nous raconter que ce qui est choisi est une erreur. L'erreur est humaine, et pourtant, je ne vois que le jour et la nuit, d'ou l'exil. Aussi, il y a le hasard, et j'ai envie de me laisser guider par lui, pour dire que la vie est une série de jeux aléatoires...  

 

Il m'est toujours difficile de retourner à la création. J'ai le sentiment, après avoir beaucoup dessiné, ou peint, que un trou noir s'installe en moi, au plus profond de ma pensée, et j'ai le sentiment d'être vidé. Vient ensuite la peur de la page blanche, toujours. Je me demande si un jour il va y avoir une fin, toujours à redouter. Souvent, la nuit semble avoir laissée son empreinte sur mon errance. Ce qui est recherché semble si profond, et si loin, aussi. Il me faut sans cesse aller chercher au plus profond de moi, ce qui correspond aussi à chercher des idées. Quelque chose au dessus de moi est puissant, et me pousse toujours et encore de l'avant. Même pour créer, je retrouve l'espérance. Il y a aussi quelque chose d'invisible autour de moi, et qui me donne de la force, que je n'arrive pas à décrire, ni à trouver les mots.

Mais, je m'engage infiniment pour dire, raconter, et je prends donc une voie. J'ai toujours un regard sur le passé, et qui est omniprésent, tout me semble si loin, et si proche. Je tâte le présent, et je le contourne, mais le futur semble sombre et inquiétant.

 

Aussi, à travers la nuit, j'ai vu que la porte était liée aux forces de l'obscur. Nous traversons des portes des dizaines de fois par jour,et le plus souvent , on ne s'en rend même pas compte. Avec la porte, nous dissimulons la part d'ombre qui est en nous. La porte renvoie vers l'extérieur, qui souvent fait peur, et la porte est aussi une barrière, pour dissimuler, ou cacher la vie, nos vies. Tout comme la porte est aussi une limite, il est impossible d'aller partout, et envisager de visiter tous les lieux sur Terre. Je ne montre pas tout de ma vie, et nous ne montrons pas nos vies, mais je sais qu'il n'y a pas de portes au paradis. Hadés garde ce qu'il y a de plus intime chez nous, et souvent, la nuit, j'ai peur de sortir, de peur de trouver au bout de la nuit les portes de l'enfer de Dante. Ce qui se cache derrière la porte, c'est notre dernier Eden, une sorte de jardins du paradis, ou nous sommes encerclés de hauts murs.

 

La porte  ouvre sur la nuit, tout comme  elle ouvre sur le jour. Elle cotoie les extrêmes, le  chaud, ou le froid, ou un temps tempéré, mais surtout, , elle cache ce qui ne doit pas être montré.C'est un sens, et aussi un non-sens, et est une barrière nécessaire pour nous préserver de tout. Les portes de la nuit s'ouvrent sur les étoiles, et le soir, notre porte s'ouvre pour percer les mystéres de la nuit.Le jour ne fait  ne fait que confirmer nos peurs, ou nos doutes, nos rêves, ou même nos plus profonds cauchemars.

 

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Souvent, j'ai eu le sentiment de m'être perdu dans la nuit profonde. La porte semblait être ce qui me rapprochait du présent. La nuit parle avec le silence, même si il n'existe pas vraiment. Pendant longtemps, je me suis demandé si il y avait des certitudes, mais dans le fond, rien n'était vraiment vrai ou certain. En portant un regard plus lointain, et plus poussé, et en poussant plus l'observation des choses, j'ai ainsi décidé de mes certitudes à moi. Le jour est le moment de la journée ou tout se montre, ou nos regards se croisent, et ou nous jugeons. Tout ce qui se porte à notre regard va finalement à un jugement. Ainsi, nous décidons ce que nous allons aimer, et nous négligeons tant de choses. 

Souvent, notre esprit s'en trouve dépassé, et nous négligeons des gens proches, pour souvent arriver au chacun pour soir. Aller vers la nuit, c'est se confronter à une forme de solitude, ou la vraie solitude, en recherchant le silence, ou le néant. Finalement, les réponses se trouvent souvent sur un support, une feuille de papier, ou une toile. Les mains se déploient alors vers l'infini, et celui qui crée, de ses mains, recherche l'hadés, ou peut-être les portes du paradis, le plus souvent sans vraiment le savoir. Ce qui est ici-bas sur Terre est une concentration d'énergie malsaine, ou positive, et pour certains, quand un jour nouveau arrive, voient une vie qui semble chaque jour plus difficile. 

 

J'ai traversé la porte pour voir ce qu'il y avait derrière, ou plutôt, je l'ai passé en l'ouvrant, en me demandant souvent ce qu'il pouvait y avoir derrière. La porte est parmis nous pour nous confirmer que nos vies se déroulent à travers de hauts murs, souvent très épais. La prison n'est jamais très éloignée de la vie, et des vivants. La vie des hommes est donc une somme de contradictions. Pour vivre, le plus souvent, il faut paraître, pour avoir une identité. Les autres portent alors un regard, et un jugement. Souvent, même, il faut ressembler aux autres, dans la vie de tous les jours, pour être accepté. C'est la diffèrence, l'une des contradictions majeures. Qui s'assemble se ressemble, l'homme ne recherche plus autre chose, le plus souvent, que de paraître, pour renoncer à être ce qu'il est vraiment, pour perdre ce qui fait de lui un être singulier, pour satisfaire le plus grand nombre, et accepter le conditionnement.

 

Dans la nuit, un grand nombre de personnes trouvent le moment propice à rechercher un instant de liberté. La nuit est aussi si vaste. Souvent, c'est en elle que nous réalisons que nos vies sont toutes artificielles. La liberté n'existe pas, et l'homme à renoncé à ce qu'il était, pour plaire au plus grand nombre. Le singulier à oublié qu'il vivait sur une planète, avec des animaux vulnérables à la main de l'homme. Nous sommes aussi de grands sauvages, sans vraiment le savoir, mais il faut anticiper. J'ai souvent renoncé à rêver pour voir ce qui était autour de moi. J'ai porté un regard difficile, mais je suis resté celui que j'ai été, pour mieux regarder celui que je suis devenu.  

 

Avec la création, il me semble que je suis absent l'espace de quelques instants. C'est un moment d'égarement. J'ai besoin de trouver du vide, d'avoir du néant en moi, et oublier maintenant et avant, pour ensuite anticiper mon retour dans la vie de tous les jours.Et surtout, fuir tout jugement.

 

Noire est la nuit, et l'encre puise dans la mémoire pour étaler ses formes, car ce qui est tracé est une part de nous, ou une trace, un aller et retour vers l'inconnu. Je n'ai pas oublié que le hasard, ce grand trou noir pousse le créateur, ou celui qui veut faire à décider de faire un grand plongeon dans le vide, pour construire, encore et encore, et toujours. Souvent, à travers la nuit, je recherche, et nous recherchons des formes, en qui nous trouvons des guides, pour nous diriger vers la lumière. Je n'ai jamais douté de chercher à construire une histoire, qui vient toujours de ce qui à de plus obscur. Le trait noir des contours me rappelle qu'il est un souvenir de la nuit. J'ai toujours l'envie de trouver des idées, aller le plus loin possible. Je n'ai pas envie de trouver un jour, au bout de toute histoire, un trou noir, un jour sans idées, le jour ou je risque de trouver une page blanche. Penser, et avoir des idées est un passage, un pont qui renvoie au plus profond des souvenirs, vers ce qui est ma mémoire, notre mémoire, et faire partir le trait, la base, comme un train, qui voyagerait vers l'infini. Dans la nuit, j'utilise ce qui ressemble à un alphabet inconnu, qui reste à être déchiffrer, mais moi seul, je suis en mesure de le lire.

 

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                                                                                      Le jugement

 

La nuit est avec le jour un dualisme permanent. Pour ce qui relève du jour, il m'est plus facile d'exprimer de la joie, et aller vers des sujets dits "joyeux". Je pense comme je suis, et le jour me porte à croire qu'il est le temps idéal pour exprimer le bien, et la joie, ou un sujet plus neutre, au niveau des sentiments. Avec la nuit, la violence est plus facile à exprimer, et ce qui est à montrer dans le dessin, alors, s'écoule vainement. Les mots manquent, et le regard peine à construire une oeuvre réfléchie : si le dessin est bien fait (tout comme une peinture), ce qui est à montrer peut-être lugubre, et même sinistre, sauvage. La nuit, ou plutôt le néant reprend ses droits, et le créateur est comme celui qui parle dans le vide, avec un langage vain. Ce qui est à penser s'exprime et s'étale, mais la nuit est un espace temps diffèrent du jour, et la nuit impose une thématique aveugle. 

 

Mon regard ne va pas assez loin, pour interpréter ce qui est à dissimuler. Le dessin (ou la peinture) parle alors avec un geste inconscient, pour reproduire ce qui semble être à dire. Ce qui est à signifier est à voir, plus profondément, ce qui est devant mes yeux doit être regardé avec un autre regard, et jugé. Rêver dirige alors vers l'envie, faire du bien fait, en dépassant la limite entre le bien et le mal. L'oeuvre conçue traverse la nuit, dans sa forme, pour passer à une autre, pour aboutir à une série, et dans ce qu'il y a de plus graphique, pour représenter par exemple des monstres, ou des scénes sinistres, avec souvent de la violence, une forme d'emportement, car la nuit le plus souvent ne montre que des ombres, et aucun sentiment. J'ai un jour porté un jugement sur ce qui était une forme de dessin automatique, avec l'objectif de montrer, mais ce qui était fait échappait à mon regard. Ce que j'ai vu était sinistre, et ne correspondait pas à ce que j'avais vraiment envie de montrer. Le dessin automatique passe, furtivement, pour me fuir ,et me trahir. Pourtant, ce qui est montré devant moi est une forme de mon double, le côté obscur, et un rejet de ce qui est sériel.La face sombre. L'oeuvre crée, dont le dessin, et qui n'est pas contrôlé laisse place à un univers imaginaire qui n'est pas désiré. Le dessin, dans son essence doit montrer à celui qui regarde ce qu'il y a à voir, aller vers la vie, et ce qui est vivant, montrer de la joie, ou même ce qu'il y a le plus drôle. Il faut aussi apprendre à celui qui regarde à chercher ce qu'il y a à trouver dans l'oeuvre, sans oublier que je suis, et créer avec raison, tout en gardant ma singularité. émouvoir est aussi très important, montrer de la haine, et de la violence est un bas instinct qui peut être naturel, mais il y a un code pour montrer, et aussi, tout un contexte, et qui reste toujours à définir, pour ne pas s'égarer, et se perdre. Il faut toujours aller vers celui qui demande, ou qui veut voir, tout comme à aller vers les autres, et parler aussi si possible avec des mots pour montrer, ou souvent expliquer ce qui est dissimulé, pour faire peut-être comprendre que ce qui est caché, ou mis de côté, peut un jour être compris, ou aimé. Il suffit de trouver les mots justes, ou tout simplement le bon contexte, même s'il n'y a pas vraiment de cadre idéal, car celui qui regarde est toujours un autre, tout simplement.  

Ensuite, aussi, le temps fait son oeuvre, et ce qui fut fait peut un jour ressurgir, avec une autre signification.   

 

Il ne faut pas perdre de vue que quand les dessins sont réalisés en séries, le regard à toujours tendance à être fuyant. Un automatisme est présent, et solidement ancré.Souvent, il peut arriver que ce qui est fait n'est plus jugé, plus contrôlé. Ici, le regard de l'autre devient très important, pour nous dire que ce qui est fait ne doit pas être dénué de sens : il y a le bien et le mal, ce qui est fait peut laisser place à de bons sentiments, ou d'autres, plus malsains. Mon devoir est de me situer au juste milieu, et ne pas aller vers des formes extrêmes, car ce qui est montré risque de ne plus avoir de limites. Ce qui doit être fait doit être juste et modéré, et surtout, raisonnable. Aussi, ce qui fut réalisé peut être corrigé, mais avec certains codes.   

 

Si je prends l'image de me perdre, en prenant un mauvais chemin, il ne faut pas perdre de vue que tout à une signification, un sens: si la mémoire régne, l'esprit gouverne, et le dessub automatique doit avoir un droit de regard, pour ne pas laisser le hasard prendre le dessus. Ensuite, tout est question d'interprétation, mais ce qui doit être montré doit correspondre à de bons sentiments, pour ne pas agresser le regard. Mais l'étape de se perdre fut nécessaire, car désormais, celui qui est dans la création peut porter un jugement, et  orienter son regard de créateur vers le bon sens, tout en encadrant le hasard. Si penser est important, il faut voir aussi ce qui est devant, ce qui est furtif, et qui peut entrainer une image malsaine. Il faut voir là ou le sens est le plus visible, ce qui se lit facilement, et se mettre à la place de celui qui regarde. Le hasard, consécutif et constructif de l'écriture automatique, doit être contrôlé, à sa juste mesure, et ce qui est rendu ne doit pas être dénué de sentiments. 

 

Ce que nous cherchons dans notre vie, c'est la part de vérité, comme voir des mirages au loin, et chercher à interpréter. Ce qui est surtout important, c'est la quête de sens, chercher à comprendre les chemins de la vie, et toucher des doigts le destin. La recherche du pourquoi est de ce même ordre d'importance, pour chercher à répondre à des questions concrêtes, définir ce qui est utile, comme inutile, et trouver le juste milieu pour faire la part des choses, trouver des réponses au sens de la vie, et expliquer, mettre des mots à ce qui est autour de nous. Les animaux ne sont pas plus différents de nous, et si nous sommes supérieurs, c'est dans la parole, et dans les forces des mains créatrices, car tout est création, et l'art est l'une des forces qui mettent en avant cette différence. Mais dans le fond, tout est vain, en sâchant que tout va au trépas, et le devenir va un jour finir. Notre force est alors de mettre de l'ordre dans ce monde du chaos.   

 

Dessiner au delà de tout, rechercher de nouvelles frontières, pendant qu'une partie de la vie est dans le sommeil, une autre recherche une autre forme de lumière. Le sentiment est de trouver autre chose, vivre une autre histoire le temps de quelques instants qui filent entre les doigts. Ce qui est recherché n'est pas dans le sommeil, mais se trouve avec les yeux éveillés dans le silence, et surtout, la solitude.

 

Il faut rechercher dans l'absence, ce qui manque, et trouver la direction entre la quantité , et ce qui est bien fait, et attendre l'avénement du jour, tout comme l'attente de la nuit, avant d'être plongé dans le précipice de la vie, avec l'attente, alors que l'envie avant celle-ci est de rester  toujours très éloigné, pour l'anticiper, alors que notre vie est plutôt à trouver dans l'instant même, plutôt que retourner au passé, ou anticiper l'avenir. à rechercher l'absence, il est possible de se perdre, ou de se confondre. L'absence se recherche, ou se trouve dans le silence ou la nuit. Demain ressemble à l'inacessible, le tourbillon me rappellant toujours cet éternel retour. 

 

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Dans le fond, l'errant souhaiterait maitriser le temps, car sans doute, il redoute son passage. L'errant est ici et présent, et il observe ce qui est autour de lui. étrangement, l'errant à besoin d'infini dans ce qui est défini, pour peut-être trouver des marges plus grandes de liberté. Il fait des rencontres, toujours nouvelles, et sa vie se déroule comme une histoire. Il est le plus souvent créateur, mais à une forte envie de montrer : il se doit de saisir l'instant présent, comme pour saisir une image, un instant de vie, et la figer. L'errant erre dans les couloirs du temps, mais ne regarde pas trop auprés de lui. Les autres, alors, parlent de son image en bien ou en mal, ce qui ouvre toutes les portes au tourment. L'errant ne reste pas sourd à ce qui est raconté, car il observe et parle. Sa réponse est souvent une pâle copie, mais quand il observe, si il souhaite faire partager une émotion, saisir un instant, il cherche à graver une image dans son esprit, pour ensuite en rendre compte aux autres, ou reproduire, avec ce qu'il a si il est créateur. Mais ce qui est montré n'est pas un tout, car il faut ensuite discuter de ce qui est rendu, montré, dans un instant, ou un moment de partage. L'objectif de l'errant est alors de trouver une harmonie, et le discours doit être constructif pour apaiser l'âme. Dans les méandres de la vie, et de l'existence, l'errant doit aussi suivre la même route, ou plutôt le bon chemin, car les obstacles sont nombreux. Ce n'est pas une quête de sens, mais essayer de décrypter, ou traduire ce qui sans doute ne le sera jamais, et chercher, pour peut être trouver. Mais on ne trouve jamais seul, ainsi, l'errant se recherche une sorte de spectateurs,de critiques aussi, comme si il mettait en scène ce qu'il avait à dire. Dans sa recherche, l'errant peut-être aussi conduit à douter de lui-même, ou de ce qu'il a à faire pour une longue période, qui est pour lui un grand vide. Pour toujours renaître de ses cendres...

 

Dans l'errance, je retrouve souvent ce qui ressemble à un grand vide, partir pour rechercher une absence, aller vers l'inconnu, et faire des rencontres, pour observer ce qui se passe autour de moi. Mais je ne trouve jamais vraiment de grande satisfaction, car je recherche encore et toujours. Le vide est toujours à combler, et j'ignore si il faut vraiment le remplir avec des mots, ou tout simplement avancer. Tout semble si proche, mais il y a un éloignement, toujours une distance, ou les mots ne se trouvent pas pour la décrire. Oui, l'errance est une souffrance, c'est aussi être là, physiquement, et voir le temps défiler,  le tout en oubliant de prendre un train, mais ce n'est qu'une image, car l'errant avance toujours, mais à sa façon qui lui est propre. Celui qui erre voudrait réaliser un grand nombre de choses en même temps, mais malheureusement, il lui arrive de tourner en rond, comme dans une cage. Tout va trés vite autour de lui, et les idées semblent défiler, à une grande vitesse, et sa vision du monde semble aussi prendre le même chemin. L'errance est donc aussi une part d'ombre, fuyante, de notre âme, et qui semble tout aussi rapide que le temps, insaisissable, et sournoise. à l'image de l'architecte, pour construire son monde, l'errant va sur le terrain, mais quand il s'agit de construire, on lui demande de rester là, et attendre, alors qu'il a un grand nombre d'idées, et qu'il souhaiterait avancer. On porte alors des jugements sur lui, on pense de lui du bien ou du mal, et même, on le forcerait à faire quelque chose, alors qu'il sait trés bien ce qu'il a à faire. Alors, il fait, d'une autre façon, et fait entendre sa voix. Les mots deviennent importants, à l'image d'un mode de défense. L'important alors n'est plus que d'être présent, mais de se montrer, démontrer, lancer un dialogue, et se faire comprendre de tous, histoire de montrer que l'errant touche toujours un but, car souvent là ou il n'est pas compris, il à besoin de lancer un dialogue, et expliquer son objectif, car on ne retrouve, hélas, souvent pas son chemin seul, et que pour le trouver, l'errant est bien obligé de demander à quelqu'un le bon chemin, pour trouver la bonne voie.

 

à l'image d'un monde juste ou injuste, l'errant observe, et avance, et il cherche la façon, et comment il va représenter ce qu'il a vu. C'est peut-être l'image d'un équilibriste qui avance sur un fil, mais qui observe bien autour de lui pour trouver son équilibre. Rien ne doit être négigé, et ce qui est observé doit pouvoir se retranscrire. Ce qui est dit, ce qui est crée, doit alors se traduire. Celui qui va voir ce que va montrer le créateur, ou le rêveur, doit pouvoir lire ce qui est montré, et il aimera, tout comme il est possible qu'il n'aime pas, aussi.  Souvent, on n'aime pas l'errant, car par définition, l'errant aspire à être libre, et vivre en liberté, tout comme il aime rencontrer ceux qui viennent vers lui, ou même convaincre ceux qui s'éloignent de lui, en engageant un dialogue, qui pour lui est un partage. L'errant n'aime pas la différence, et il aimerait rassembler, mais souvent, il doit le faire croire. Dans une histoire, il y a toujours un début, et une fin, mais l'errant cherche toujours à prolonger l'histoire, car il n'aime pas les limites. Mettre une fin, pour lui, c'est comme dire : "jamais", et il n'aime pas ce mot, il croit que tout est possible, mais l'histoire ne peut pas s'écrire deux fois, surtout quand elle défile trés vite, et qu'il est dépassé par les événements : l'errant est alors dépassé par les événements, et s'adapter à ce qui défile, à l'histoire, telle qu'elle est.

 

Le temps est vu par l'errant comme un espace sans fin, et qui avance, et ou il doit arriver à se situer. Mais, le temps est invisible, et il est difficile de savoir à quoi il ressemble, l'important, alors, est de faire le bon choix, et de ne pas se tromper sur la route, pour choisir le bon chemin : rien ne sert d'aller à l'aveugle, et celui qui avance doit prendre le temps de bien observer ce qui est autour de lui, pour mieux vivre le temps présent, pour ne pas se tromper, et emprunter le chemin des ombres. C'est ne pas oublier que notre monde est aussi fait de sensations, comme ainsi découvrir le chaud et le froid, voir le jour et la nuit, et ne pas oublier le dualisme entre l'amour et la violence, le souvenir et l'oubli, pour toujours avancer, sans se perdre dans le brouillard pour arriver à un jour meilleur. L'errant cherche peut-être son double, et son contraire, pour ne jamais le trouver. Il est dans une quête insatiable, jamais satisfaite. Il est , mais cherche toujours à devenir, sans se perdre. Ce qui est au bout est peut-être un reflet de lui-même, mais le résultat est un ensemble à assembler, comme un puzzle, ou l'image est à retrouver, sans en perdre une seule pièce. L'errant recherche toujours à recréer un univers perdu. En lui, il a toujours une forme d'espoir, au moins une lueur.  Ce qui peut arriver est peut-être terrible, mais il faut toujours avancer, pour ne pas perdre de vue ce qui était derrière, et chercher à distinguer ce qui est devant. Le temps semble alors se matérialiser, à l'image d'une personne, ou d'un spectre, pour nous raconter qu'il est notre compagnon d'errance, et surtout, notre témoin, pour témoigner de ce qui va être vu, et certifier notre long voyage.

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Voyager, dans l'errance, et alterner entre le jour et la nuit, c'est aussi, non seulement voir la vie qui se déroule devant nous, mais c'est aussi, observer, et porter des jugements, et trouver le juste milieu de toutes choses. Je sais que je suis parti d'un point de départ, assez lointain déjà, pour ne jamais m'arrêter. Un aimant dirigeait ma marche, et mon regard me disait d'aller toujours plus loin dans l'inconnu. Souvent, le jour d'avant semblait ressembler au jour d'aprés, mais j'ai fait des rencontres aussi. J'ai aussi bien rencontré les gens les plus intéressants, que les plus méprisants, et j'ai rencontré, aussi, sans nul doute la personne la plus forte et la plus fragile, pour rencontrer ensuite un jour l'être le plus fort et le plus certain de lui même. Le tout était un regard vers la vie, la définition même de celle-ci, sans masque, et en allant vers les autres. La vie est comme elle était, et le masque était tombé. En cotoyant les gens du monde de mon chemin d'errance, il m'arrivait aussi de ressembler à ces derniers. Le dialogue devenait alors presque similaire, comme la parole. Si les gens rencontrés étaient aigris, mon esprit le devenait. Si les gens rencontrés aidaient les autres, ma voie suivait la leur. Si ils étaient attachants, mon séjour avec eux était plus long. C'était alterner entre le bien et le mal, et dans ce dualisme, sortir de ma part d'ombre, pour toujours reprendre le chemin d'une autre voie, pour parfois trouver le juste milieu, et faire le choix entre le bien et le mal . Mais c'était oublier que le chemin de l'errance était trés exigeant, l'errant ne se fondant jamais dans une catégorie en particulier, recherchant toujours à être le plus singulier, pour repartir vers de nouvelles rencontres, et voir plus loin à quoi ressemble la vie. L'errant, avant toutes choses, observe et écoute, et il est lui-même, et personne d'autre. La parole alterne avec la quête de sens, et la méditation, et sans doute, un bilan en découle. L'errant n'a pas d'ordre à recevoir pour savoir ce qu'il a à faire. Il est le seul pilote, et c'est lui qui décide. Il aimerait être partout dans le monde, et connaître le moindre endroit sur Terre. Avant de définir si le monde est grand, il doit avoir visité les moindres recoins de la Terre. Il espére, mais c'est impossible, et il le sait. Il comprend qu'il y a les limites du temps, et des distances. Vivre en cherchant à ignorer les limites est dans sa nature, et il en est ainsi. C'est sa part de rêve, il croit que l'espoir est toujours au bout, ici, là, et ici-bas.

 

Tout simplement, il cherche peut-être à ouvrir une porte virtuelle vers un monde qui n'existe pas, et qui n'existera jamais. Dans le dialogue et les rencontres, il recherche peut-être à résoudre une énigme, mais rien n'est certain, car toujours, il avance là ou on ne l'attend pas. Il est présent, tout simplement, mais à sa façon à lui, celle qui lui est propre, et qui lui ressemble le plus. Le monde est pour lui un grand livre ouvert, ou les pages sont lisibles. Quand il tourne une page du livre, il n'oublie pas la précédente, car il trouve qu'elle ressemble à celle d'avant, tout comme à la première. Mais ce livre, sans doute, il ne finira jamais de le lire, comme il sait qu'il ne visitera jamais sans doute, tous les lieux et contrées de la Terre.      

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Le temps est mon compagnon d'errance, et est en liens étroits avec la nuit, ainsi, le jour cotoie ce qui semble m' être le plus obscur, et au milieu, il faut toujours rechercher le silence, tout comme le bruit, qui arrive toujours à arriver à mes oreilles. Tout semble se rejoindre, et être lié. Les extrêmes finissent toujours par se rejoindre, et se ressembler, et moi, je suis ici, présent, et je cherche à comprendre. Jai compris aussi que l'infini existe vraiment, et qu'il n'y a pas de limites. Dans ce qui est défini se trouve le grand secret de l'univers, et j'ai si longuement cherché, pour trouver je ne sait quoi, mais qui est captivant. La parole semble libérée, et avec des mots, j'ai construit mon jeux de pistes. Le brouillard peut maintenant être recouvert d'une immense vague, qui va déferler dans les terres, pour détruire ce qu'il y avait ici jadis, pour voir les terres avancer, et renaîtres, ailleurs. Encore, ici, les extrêmes se rejoignent, toujours, et détruire conduit à reconstruire. C'est ce qui ressemble à une lutte incessante entre le bien et le mal, ou il faudrait toujours trouver le juste milieu. Je n'ai pas oublié de me perdre, pour mieux trouver ce qui ressemble aux chemins de la vie. Penser pour être, et voir, pour savoir situer, faire la part entre le bien et le mal, et trancher. C'est construire et assembler comme un architecte, construire sa pensée, et se définir à travers les autres, en observant aussi bien les étoiles, que ce qui semble aussi bas. Le chemin fut long, mais j'ai été guidé à l'image du vent, pour ne pas regarder en arrière, ni me retourner, et j'ai ignoré ceux qui refusaient de me voir avancer, pour garder le bon cap, et arriver à bon port , aussi, le tout étant à mon image, car moi seul, je suis le capitaine, et moi seul, je suis là pour décider.

 

La fin de l'histoire arrive ainsi : la nuit désormais laisse place au jour. Plus rien désormais ne se fait la nuit, et tout se fait le jour. L'errance me racontait la vie, au fil des rencontres et des découvertes. Comme un insatiable voyageur, j'ai longtemps marché, en espérant ne jamais me perdre. Désormais, mon chemin part sur les traces du vent, et tout ce qui m'est visible n'est pas forcément invisible. Tout est plus clair. Mais j'ai croisé un étrange voyageur, il y a quelques temps, une rencontre étrange. Le voyageur arrivait vers moi, le regard bas et absent. habillé d'une sorte de manteau à capuche, d'un autre âge . Son visage semblait comme brûlé par la braise, et quand il est arrivé à ma hauteur, le temps semblait suspendu, et durer une éternité. Tel un messager qui avait quelque chose à me raconter, il leva son regard un bref instant vers le ciel. Ensuite, il continua son chemin, me croisa, et longea un mur, et tourna à un petit angle. En ce temps, je ne l'ai pas perdu du regard, et j'ai continué à l' observer, là ou il avançait. à un moment, je ne l'ai plus vu du tout. J'ai alors descendu le chemin, le mur continuait vers la droite. Le voyageur n'était plus là, comme volatilisé. J'ai regardé partout autour de moi, et il était impossible pour lui d'échapper à mon regard.Il n'y avait plus rien, aucune trace . J'ai ensuite tourné en rond, cherchant à trouver une raison logique, mais ce qui venait d'arriver était impossible. Le jour, qui laissait place à la nuit ,laissait maintenant place au visible, qui me dirigeait vers l'invisible. Encore un autre regard, qui ne devrait pas s'éloigner de moi. Ce qui ressemble à une rencontre improbable semble me dire que l'histoire continue... 

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L'errance montre à celui qui est en elle un monde de richesses et de savoir, comme un livre à ciel ouvert. Quand vient le doute, ou l'espérance, il me suffit de penser que le monde est à mon image. Au fil du chemin, l'errance me dit qu'il n'y a qu'une vie en nous, qui doit être vécue pleinement. Bien vivre sa vie , est peut-être se découvrir seul. Mais la vie impose des limites, impossible d'aller ou bon me semble, et pourtant, c'est ma terre, et mon monde : tout est question de moyens. à l'enfant, on présente un monde sans cesse à découvrir, et il apprend de nouvelles choses tous les jours. Tout semblait être alors accessible, en théorie, au vu aussi que l'enfant ne souhaite pas connaître de limites, encore moins, la différence. Mais la vie est une succession d'obstacles, et un monde se dessine devant nous avec des limites toujours plus apparentes.L'errant veut transgesser les limites, et il souhaite peut-être revenir aux origines, pour être plus en accords avec la nature, et surtout la vie. Pourtant, la Terre est à la vie l'essence même de l'existence. L'errant recherche un accord avec ce qui va dans le bon sens, et il n'a pas oublié ses rêves d'enfant, quand tout s'ouvrait à lui dans l'infini, ou le monde s'ouvrait à lui comme une merveille de sens. L'errance renforce le rôle de l'existence, et donne une définition du caractére singulier: la vie n'appartient désormais que à moi-même, et moi-seul, je suis en mesure de décider, car c'est à moi de déterminer le chemin à prendre, et-ce, dans une quête de sens évidente.  

 

Certains trouvent dans l'art et la création une porte à l'errance. L'errance est une sorte de retrait, volontaire, de la vie réelle. Arriver à elle est souvent un mauvais passage, qui souvent, peut durer des années. L'errant est ici et là, il observe, et souvent même, certains racontent qu'il médite. Pour expliquer une telle situation, chez l'errant, il y a souvent  quelque chose qui est mort en lui, les mots sont durs à trouver, mais même si il avance, on ne sait trop ou, quelque chose le freine, et il a du mal à avancer en un certain sens. Il a du mal à trouver des mots, à s'expliquer. Souvent, son discours semble incohérent, mais c'est ce qui est autour de lui qui le fait trébucher. Même si il souhaite ignorer la médisance de certaines personnes, il est comme un équilibriste, et il finit toujours par être rattrapé par la vie, comme elle est.

Dans l'errance, souvent, il y a une fracture, une rupture avec la vie, comme une fin en soi. Le besoin de retrait devient nécessaire, comme une certitude. C'est être dans la vie, mais aussi, c'est être non loin de la mort. L'errrant cherche à savoir : il s'informe, se documente, tout comme il regarde la vie, il recherche la vérité.

 

Pour ce qui me concerne, j'ai toujours l'envie en moi de revenir sur mes pas, peut être pour dire qu'il n'y a pas de "jamais" chez moi, mais toujours pour dire que je suis farouchement indépendant, et que moi-seul décide.

Pour ce qui concerne les lieux que je ne connaissais pas, j'ai tout simplement envie de dire que mon envie serait d'aller partout dans le monde. Pour moi, l'errance est comme une vaste traversée du désert, et je n'aime pas dire "adieu", ou "à la prochaine fois". 

Chez celui qui erre, tout relève de sa seule décision, lui-même décide, sans libre-arbitre.

 

Je n'aime pas le regard des autres, mais toujours aller de l'avant, comme aller plus loin, sans contraintes. Je n'aime pas vraiment porter un regard sur les autres, aussi, car j'estime ma liberté trop grande pour décider pour eux, et surtout, parce-que je n'ai pas l'envie de me perdre. Mais pourtant, il m'arrive de le faire, car la société est comme un étau, ou chacun semble être jugé, surtout ceux qui ne font pas comme les autres, et même, ceux qui ne sont pas comme les autres. L'errance est alors à trouver dans la différence, et la création est une réponse à donner, pour affirmer.Nous ne sommes pas à notre propre image, et la liberté se gagne en affirmant sa différence. Ce n'est pas à autrui de dire qui je suis, mais à moi de le dire. De l'errance ne naît pas vraiment la liberté, mais un pas de plus vers la singularité.

                                                   -Dernière partie.

 

J'ai trouvé dans l'errance de la nuit, non seulement le silence, mais un désert. Encore que, dans la nuit, le silence n'est pas parfait. Mon regard, apaisé, à scruté le silence. Quand, dans la nuit, un verre tombe, l'écho me laisse entendre, ce qui tomberait au fond d'un puits. Dans la nuit, le noir, et le côté obscur, laissent place à un espace, immense. Le monde ne me semble plus avoir de limites. Avec le rêve, qui cohabite avec la pensée, tout un Univers, sans fin, ni limites, se dessine. Souvent, quand je cherche à faire des dessins dans le noir, l'envie me prend de laisser aller ma pensée, et mes idées vers le hasard, faire en sortes de trouver dans cet univers infini une route, ou la pensée, et la force de l'esprit seraient en repos, ou des décisions qui viendraient de ma part, ne me dirigeraient plus, mon esprit, et ma pensée se dirigeraient alors vers un espace de liberté, ou plus rien ne serait décidé, ou la force du côté obscur me donnerait encore plus de forces, pour construire un monde meilleur, ou du moins, y contribuer.                                                                                                                                                                                                  FIN             

Published by Franck Gache
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