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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 17:38

Si le dessin offre de voir une image, souvent, de nombreuses personnes refusent d'y voir, ou d'y découvrir une image triste, ou de souffrance. Mais ce qui est montré peut souvent proposer une autre image, autre que neutre, ou de joie. Pourtant, on ne peut mettre à l'écart une partie, ou une part, de ce qui doit être montré. Il est ainsi impossible pour nous d'ignorer que ce qui est chaud est contraire à ce qui est froid, et ainsi, le jour est radicalement différent de la nuit. Ce qui renvoie au sombre, à la souffrance, ou à ce qui est triste, est aussi une image de la vie, tout comme la joie, ou le bonheur, le sont aussi. L'artiste se doit de faire le tour de toutes les émotions, et évoquer la souffrance, la tristesse, ou même ce qui est lugubre, doit être dans l'ordre des choses, et le tout rejoint la vie. Joie et tristesse sont des émotions, et dans l'art, comme partout ailleurs, de telles émotions ne peuvent s'éviter. 

L'artiste ne doit pas rechercher à plaire, car il se doit d'être fondamentalement indépendant. Ainsi, rien ne doit être simple, et ce que le dessin, tout comme tous autres supports doit montrer, doit rechercher d'aller vers la diversité, et explorer au plus profond les émotions, pour éviter de se perdre dans un désert, ou plus loin, encore. L'artiste peut créer vite, mais l'idéal serait de prendre son temps, plutôt que d'aller lentement. Il y a autant d'émotions qui peuvent se trouver dans une création faite rapidement, plutôt que lentement, et inversement. Il est donc tout à fait possible de réaliser une mauvaise création, même si de longs moments y furent consacrés.

Dessiner, c'est être d'ans l'attention, l'intention, l'action, et l'acceptation. Ce qui doit être rendu, et montré, doit non seulement être accepté, mais ce qui est fait doit avoir un sens, même si ce qui est crée n'est pas toujours forcément visible. Une création ne renvoie pas ou jamais à l'invisible, et il y a toujours quelque chose à dire sur ce qui est fait.

Cela relève peut-être du concept, mais ce qui doit jaillir, pour se déposer sur le support, doit être neuf, presque vierge. Tout doit arriver du plus profond de nous, ou de moi-même. Il faut ensuite laisser faire le hasard, même si souvent, il est diligenté. Il faut toujours rechercher, dans la création, à rechercher à aller vers l'extérieur de ce monde, et le souci, pour y parvenir, est de réfléchir, pour toujours rechercher comme une nouvelle voie, un nouveau chemin.

Celui qui dessine connait un moment de solitude, et le vide est autour de lui. Il est tellement seul, que l'espace d'un instant, il oublie tout ce qu'il peut posséder, et tout ce qui est matériel devient si futile. Si quelque chose nait de sa pensée, le vide est en lui, et ressemble à une forme d'ignorance. Pourtant, une forme de savoir s'étale devant lui, mais le vide est si présent en lui que la distance qui le sépare du support semble être un pont à franchir. Le produit de sa création semble être plutôt une forme d'énergie, qu'il recherche à canaliser. Ce qui est produit est aussi une sorte de signature, pour lui prouver qu'il est dans la vie, et l'existence, et peut-être, pour le surprendre lui-même.

L'artiste à besoin de choisir, de faire des choix. C'est lui qui décide, et dans ce qui est fait, il y a un début, tout comme il y a une fin. C'est à lui de déterminer quand la fin intervient, même si sa création est complexe. Le plus souvent, mettre fin à un projet vient de la logique, mais aussi, ce qui est entrepris peut être douloureux. Une création, globalement, peut se faire dans la joie, tout comme elle peut se faire dans la douleur. Mais si la création est de l'artiste, il doit s'attendre à ce que son oeuvre lui échappe. Le destin de toute création est non seulement de plaire, mais aussi d'instaurer une sorte de dialogue invisible. être et avoir se conjuguent, pour ne plus faire que un. La création laisse alors place au souvenir.

La mémoire est ici si présente, mais pourtant, souvent, elle se détache, comme si elle faisait bande à part avec l'esprit. Dessiner, c'est comme écrire. Et le hasard semble caché en embuscade, car la méditation, pour créer, c'est comme marcher avec les pieds. Ensuite, il reste à trouver le bon chemin. Le créateur semble perdu, n'est-ce que un instant, il laisse aller son esprit, mais si il sait qu'il va dessiner ou écrire, rien n'est vraiment déterminé à l'avance.

Si il sait quoi va naître de sa plume, il n'empêche que le résultat final risque d'être différent de ce qu'il devait être à l'idée initiale. Il peut même être tout autre, tout comme le sujet peut être plus vaste, beaucoup plus vaste, ou plus grand, tout comme il peut être plus petit.

Ce qui est pensé, et ce qui se dévoile sur le support vient du dehors, de tout ce qui est étranger à notre corps, et à notre pensée. Ce qui est à faire arrive, et l'énergie déployée suit une pensée, qui vise à canaliser ce qui est une part de ce qui est enfermé en nous, une lumière presque prisonnière, qui ne demande que à être mise en évidence. Cette lumière doit sans cesse se renouveler pour enfin apparaître sur un support.

La conscience rejoint ici l'esprit, pour créer un sujet, ou le résultat d'une somme de réflexion. Si la conscience est à relier à la mémoire, celle-ci est fragile. Il faut alors savoir aussi prendre de la distance, pour ne pas se perdre, et faire n'importe quoi. Chez l'artiste, tout comme celui qui écrit, c'est souvent ici que se trouve l'erreur, ou les erreurs. Et suites à ce passage, il y a souvent une forme de découragement. Celui qui est dans cette action ratée peut alors s'arrêter. Une pause semble nécessaire. Tout n'est malheureusement pas si simple. 

Il faut savoir admettre que l'on est souvent dans l'erreur, ce qui permet de refaire, ou de passer à autre chose. L'erreur, ou la faute, sont parties intégrantes de la vie. 

Il y a une forme d'épuisement, car il ne faut pas que se contenter de ce qu'il y a : il faut toujours rechercher à évoluer, progresser, entreprendre du nouveau, sans toutefois se compromettre, pour ne jamais renier d' ou l'on vient. C'est alors qu'il y a dans notre corps comme un feu intérieur, et qui allume notre âme pour entreprendre toute création. Impossible d'être à deux endroits en même temps, ce qui est fait est posé, et se dévoile sur le support. 

Ce qui est fait est une image de la vie, mais vue autrement.    

Représenter une image de la souffrance, est un désir, une demande. C'est une part de ce qui doit être, et rejoint encore ce qui est une part intégrante de la vie. Même si untel artiste ne réalisera pas de travaux graphiques qui représenteraient la souffrance, il y aura toujours d'autres artistes qui représenteraient des images de souffrance, en ce sens.

On ne sait pas trop quoi trouver, mais aborder ce thème est toujours à faire. L'artiste ne demande pas obligatoirement à être jugé, mais il se doit d'être sincère. Il peut s'être trompé, tout comme il peut avoir parfaitement raison. Tout est image d'interprétation, et celui qui regarde doit non seulement porter son regard, mais faire comprendre que ce qu'il présente peut avoir plusieurs interprétations différentes. La souffrance renvoie à montrer un sujet difficile, ou une forme de tristesse peut être visible, tout comme une forme de violence peut être visible, avec un côté peut-être lugubre, ou par le fait de présenter un sujet monstrueux. La souffrance peut ainsi ouvrir à de nouveaux sujets plus profonds, tout comme bien entendu, aller vers les autres, et si elle est vécue de manières toujours aussi différentes, il est possible alors d'aller plus loin, dans un esprit de dialogue, et de médiation. Il faut ainsi accepter les avis, de ceux qui regardent, tout en sachant que aucune vraie création ne fait vraiment l'unanimité. Ce qui est une représentation, ouvre à toutes sortes d'interprétations.  

Le dessin peut être en noir et blanc, ou en couleurs. Si le dessin est en noir est blanc, il restitue une somme épurée d'une certaine façon de restituer par le geste. C'est un aspect brut, et ce qui est dévoilé, ce qui est montré l'est par une somme de contours. Le dessin peut être simple, assez épuré, mais il doit laisser deviner le geste, comme si cette action visible lui donnait un moyen de respirer.

Quand le dessin est en couleur, ou en couleurs, il indique un certain approfondissement, la volonté d'aller plus loin, de parfaire une certaine conception de ce qui doit être montré, pour livrer le témoignage de restituer peut-être plus loin encore la vie. Le dessin est alors sans doute plus sacralisé, et si la volonté est en partie fondée de restituer une ou des images de la vie, la couleur, ou l'image colorée restera artificielle,car elle n'offrira que une interprétation, parmi tant d'autres. De plus, tout comme les supports, les couleurs sont des produits qui viennent d'horizons tous aussi différents : crayons couleurs, peinture acrylique, peinture à l'huile, etc...Finalement, plus le dessin est saturé, et plus ce qui est vu sur le support paraîtra artificiel, voir, virtuel. 

Si il faut inviter à voir, alors, ce qui est le plus simple des dessins peut apparaître comme celui qui à le plus de magie pour interpréter la vie, tout comme le dessin chargé, saturé de couleurs sur un support peut rechercher lui aussi à donner l'image la plus fantastique de la vie. Les deux extrêmes, ici, finissent par se rejoindre, car tout un chacun est en mesure de déterminer ce qu'il va trouver le plus parfait en art. Cette vision est en soi une projection de la vie, et ainsi, la vie continue.              

Ce qui est autour de nous n'est pas que un paysage, mais quand notre regard scrute ce qui nous environne, dans la pensée se dévoile un monde d'espaces rêvés, subjectifs. L'émotion semble ressembler à une peur, car la surprise est de découvrir ce qui va être montré, et qui est né de l'esprit, présent en chacun de nous. Cette peur semble maladive, mais ce qui relève de la curiosité va permettre à celui qui regarde le dessin, à échapper à ce qui peut être qualifié de maladie du regard, ou plus loin, de la vue.

Le dessin se projette comme un miroir de nos vies, et, qu'il soit mauvais ou admirable, très graphique, ou abstrait, il livre un témoignage instantané de nos vies, et est notre plus simple témoignage, qui peut combattre les effets du temps, pour passer d'une époque à une autre, en fonction du support, solide, ou bien conservé. Le dessin contribue à nous raconter, ou définir ce qu'est "être" en ce monde. Il est en lui-même un processus de définition de ce qu'est l'âme, complétée par l'imaginaire. Qu'il représente une forme, ou qu'il soit informe, il parle de nos vies, et il recherche un passage, comme le vent.

Une image du dessin en général est une façon d'apprendre, de voir autrement notre environnement, aller vers le sens de la découverte, pour porter un regard autre et extérieur.

Que le dessin soit abstrait , ou très graphique, le regard que nous portons sur lui est toujours nouveau, et toujours une question d'interprétation.

L'acte de dessiner est avant tout un voyage intérieur, au plus profond de soi-même. Le dessin est aussi une envie, et longtemps, celui qui dessine, avant de faire évoluer son travail, va rechercher, faire évoluer les traits de ce qu'il va dessiner, pour faire évoluer son travail, sans se disperser, ou se perdre. L'intérêt est de faire ce qui est notre envie réelle, et ne pas regarder le travail des autres, ou copier. Mais porter un regard vers les formes de dessins qui existent peut influencer, diriger celui qui dessine vers d'autres directions, ou chercher, comme dans un jeu, à prendre une prise de risques, pour aller plus loin, et faire évoluer son travail en dessin.

Une harmonie est à trouver, mesurer et établir ce qui convient le mieux, pour donner à voir.

Ce qui va être très visible, va alors plonger le créateur vers une sorte de profondeur, que seul lui-même sera en mesure d'en fixer les limites. Ce qui va être rendu de cette exploration intérieure va donner à celui qui va voir, tout comme au créateur, une sorte de plénitude esthétique plus ou moins épanouie, pour déterminer si ce qui est montré plaît , ou déplaît, et pour dire si ce qui est vu est moche, ou beau. C'est la parole, qui va restituer ce qui est une réponse, enfouie dans le fond de la mémoire : celui qui aura vu dira alors si oui ou non il aime ce qui est présenté sous ses yeux, tout comme l'artiste lui-même pourra porter un jugement sur ce qu'il à produit.

Si on n'est pas des animaux, nos deux mains nous rappellent ce que nous sommes : des hommes avant tout, qui pensent, et qui peuvent évoquer et décrire des sentiments, en une somme qui est la création. Ce qui est à montrer doit suivre une logique, qui rappelle que nous sommes des êtres humains. Aussi, la vie revient toujours à nous, pour nous indiquer de marcher à notre rythme, et construire ce qui en somme, forme une harmonie, notre propre harmonie.

Celui qui est dans l'instinct créatif ne doit pas rechercher à ressembler à un autre, mais il doit se détacher, pour aller vers la différence, pour trouver ce qui lui ressemble, soit, s'inventer son propre monde, son propre univers. Il ne doit pas y avoir de comparaison, et l'artiste doit déterminer à quel moment sa création est terminer, et il sait quoi mettre, comme si il cuisinait des ingrédients .

Un chemin se présente alors à lui, mais c'est une image que lui seul est en mesure de déterminer, et il peut y avoir accord ou désaccord. Comme signer un accord de bonne conduite, pour trouver le bon chemin vers soi-même.

Comme souvent chez un artiste, ce qui doit arriver est spontané, et à un moment donné, il se doit d'être détaché de tout, là ou il ne doit plus rien chercher , et limiter sa recherche intérieure. Il faut souvent laisser faire le hasard, pour construire de belles choses, du moins, d'un certain intérêt. Ce qui est produit est ce qu'est "être" , ce qui est intérieur semble sondé, et ce qui est à l'extérieur semble si superficiel. Paraître est tout aussi important. Le tout, doit sembler à certains moments laisser planer le silence. L'artiste est alors confronté à lui seul, et semble avoir à faire à une sorte d'abandon.

Le dessin explore, et permet d'avancer. Dessiner, c'est aller à l'intérieur de soi-même, éclairer ce qui est autour de nous. Le dessin laisse apparaître le désir, l'espoir, le rêve, il laisse deviner les pensées noires, et profondes, les troubles de l'esprit. La violence peut prendre forme, et être visible, la tristesse peut rencontrer la mort, et il nous est possible d'exprimer des envies, ou exprimer d'autres faits, peux enviables....

Ce qui est fait, ce qui est transcrit est exploré, et bien entendu, accepté. Le reste rejoint l'obscur, car de nombreuses choses doivent trouver des explications plus claires, plus logiques....

Notre histoire est une quête de l'écriture, et dans une moindre mesure, de soi, et aussi, l'histoire est une projection de l'homme à travers la nature, pour atteindre l'inconnu.

L'histoire commence par la volonté de l'homme de se faire comprendre à travers des signes, et quand il la trouva avec l'écriture, l'art fut associé à son destin, tout en cherchant à étendre le monde des signes.

Le dessin, pour nous parler, se doit de revêtir une forme imaginaire, ou originale, pour trouver un écho, et son public. Au départ, sous sa forme primaire, le dessin fut associé à l'écriture, mais toutefois, il était présent en un temps plus ancien, et cohabitait déjà avec le volume, ou la sculpture, et était très présent dans l'art pariétal, ou les fonds des grottes étaient décorés certainement pour des rites chamaniques ou autres rites initiatiques, autant sous formes de volumes, que picturales. Ici, le dessin était déjà gagnant : simple, et pouvant être réalisé assez rapidement, avec divers matériaux, dont du charbon de bois. Pour aller plus loin encore, les dessins étaient colorés, pour donner plus de magie. La couleur était déjà plus que omniprésente, et allait des gammes les plus simples, aux plus complexes. Le dessin peut être considéré comme un "jet" de l'esprit, ou un défouloir caché, ou masqué, pour montrer, ou évoquer des émotions. Il est dans son évolution constante, une parole en mouvement, et ce n'est pas un hasard si il fut associé à ce qui peut être souvent être considéré comme le plus profond de l'homme, à savoir, le sacré, ou la religion, c'est à dire ses croyances, ou plus ou moins des confidences à décoder.

Ce qui est pictural, et le dessin, est nécessaire pour nous aider non seulement à penser, mais aussi à rechercher nos origines, établir nos racines, et comprendre notre histoire.

L'art semble être un grand arbre, dont le sommet se donne à voir, et est déjà une image. Le reste est enfoui, et se retrouve sous les racines, et le tronc semble être un coffre fort, qui conserve nos données, et ou l'histoire est enregistrée.

L'art, et ce qui est dessiné est une sorte de témoignage, mais à travers l'histoire, il fut vite rattrapé et manipulé par les religieux, et le pouvoir. Les puissants, ou les décideurs, s'allièrent aux croyances, ou au fait religieux , non pour montrer à quoi ressemblait la vie du plus grand nombre, mais montrer la force incarnée par le pouvoir, pour instaurer l'ordre.

Ainsi, l'art à de précieux d'être visible, et à vocation d'être vu par le plus grand nombre, mais souvent , l'individu seul en fut écarté, car il devait s'inscrire dans un ensemble plus vaste, et se fondre dans la masse, avec d'autres individus, pour communier avec le pouvoir, et l'ordre établi, tout en oubliant, ou négligeant, que l'art se devait d'être une forme, ou une force, pour aider l'individu à s'épanouir, en lui apportant des réponses à la vie, ou pour l'aider à espérer de l'espoir, pour peut-être rêver, ou tout simplement, imaginer.

L'art est présent, sous une forme ou une autre, tout autour de nous, et notre univers, tout comme nos vies, sont marqués de la main de l'homme : l'art est partout. Il est ainsi utile, pour marquer notre empreinte, marquer nos existences, espérer laisser une trace, en ce bas monde, et pourquoi pas, donner un semblant de vies immortelles, toujours ancrées, accrochées à la vie pour montrer une image d'orgueils , par exemple, des dirigeants, ou rois de jadis, comme pour associer qu'ils étaient associés au divin, histoire de rappeler que l'art trouvait ses fondements, ou origines, dans le passé.

Dans la création, il n'y a pas que seulement la volonté de montrer, mais il y a aussi une volonté de puissance, car le dessin, et l'art en général, à travers ce qui est recherché pour être montré, est lié à ce qui va être construit, ou pire, à la destruction, le tout étant haine et passion.

Ce qui est montré est donc un message, libre d'interprétation, et qui peut déboucher autant vers le bien, que vers le mal. Le dessin peut être beau, tout comme il peut être mauvais. à travers lui, on peut tout aussi bien lire un message politique, que religieux. Le dessin peut apporter du bonheur en soi, tout comme il peut tout aussi bien faire tuer un individu. Tout est ici une question d'interprétation. C'est l'échelle des extrêmes, ou le bien peut rapidement déboucher sur le mal.

à nous de trouver le libre arbitre, et le dessin est l'arbitre de ce qui semble ressembler ou assembler, et ou les deux formes les plus extrêmes ne sont jamais trop éloignées l'une de l'autre.

Quand il n'est pas associé à l'écriture, l'art prend une forme mystérieuse, presque mystique, ou l'on cherche toujours une interprétation.

La création est en nous, et pour ceux qui l'ignorent , elle n'est jamais très loin, surtout si elle prend une forme manuelle, ou sous l'action des mains, un objet est construit, ou structuré, car alors, la création est permanente, et prend un autre regard, une autre dimension, et ainsi, il devient utile, et prend toute son importance.

Au delà d'un certain message, qu'il soit de propagande, véhiculé par les puissants, ou manipulé par une hiérarchie, l'art voit la volonté toujours aussi omniprésente de le voir émerger vers une forme plus singulière en revenant toujours à l'individu seul, qui recherche des réponses, et de l'espoir. L'homme recherche toujours à travers l'art un message plus que universel, pour définir toujours plus sa liberté.

Un autre monde est toujours recherché, et il faut toujours rechercher une forme, ou sorte de voyage, parler de soi, évoquer sa vie, ou ce qui nous entoure.

L'imaginaire prend désormais le dessus, et se transforme souvent en mythe. Mais souvent, il y a aussi de l'incompréhension, ou du rejet, voir, de la haine.

La nature est masquée, ou évoquée, et l'homme est le chef d'orchestre et le metteur en scène des êtres vivants de la terre qui doivent ressembler à l'image qu'il souhaite donner d'eux. Tout autour de nous est façonné de la main de l'homme, et les autres êtres vivants résistent, en étant simplement ici et autour de nous. La nature est masquée par une forme d'image artificielle, et elle semble ignorer notre monde de son regard, tout comme notre empreinte.

Quand l'image n'existe pas, et disparait, l'artiste recherche à construire un juste milieu, en effaçant l'image, empreinte de l'homme, Avec l'abstraction, l'artiste recherche à déconstruire l'image, et la forme, mais la couleur est souvent présente. L'artiste recherche alors peut-être à se rapprocher de la nature, et des éléments, en enlevant peut-être la part du sacré, une partie de l'imaginaire, ou tout simplement, de l'histoire de l'art. Mais tout cela est une autre histoire.

Le dessin est comme un effet de miroir, et ce qu'il a à nous dire ou nous raconter est à décoder, ou déchiffrer , à travers notre esprit, notre pensée, et notre interprétation, et au final, il n'y a qu'un seul juge, à travers nous-même.

Ce qui est réalisé dans l'acte de dessiner est une question de volonté, une puissance du mental, et un contrôle de flux intérieurs. Finalement, ce qui est montré n'a qu'un impact limité. L'envie est de toujours aller plus loin, rechercher l'infini, contourner l'éternel.

Le dessin est une trace, car tout disparaît autour de nous. Quand un regard est porté sur quelque chose, il repart aussitôt pour voir des choses nouvelles. Tout semble si fragile, comme si tout était voué à disparaître. Le dessin dévoile un grand feu intérieur, une énergie est ici, mais elle est invisible : la vie est ici, mais elle n'est plus qu'une image, proche, ou lointaine, et qui témoigne déjà du passé . Tout est question d'interprétation. Il y a déjà une forme de mort, et ce qui est fait renvoie déjà au passé. Exister est aussi un compromis avec le passé, pour continuer à évoluer, et trouver des idées nouvelles au plus profond de soi-même, ainsi est la force du dessin, car sa force est d'ouvrir les yeux vers l'extérieur, sans négliger aussi d'ouvrir les yeux vers l'intérieur.

Dessiner, c'est saisir l'espace d'un instant un reflet, un effet de miroir, donc, un lien réticent au monde. Tout semble si vain, et tout cesse, à l'échelle d'un homme, et le monde semble figé en un moment d'éternité, peut-être partagé. La pensée s'emballe, puis cesse tout aussi soudainement, pour conclure que dessiner est une forme de méditation, éternelle, qui ne cessera jamais. Le visible frôle alors l'invisible, et l'infini, aussitôt, frôle le défini, le tout, pour présenter une image.

Celui qui dessine, souvent, recherche au plus profond de lui, pour trouver une sorte de réponse, à ce qui ressemble être une quête sans fin, mais au final, tout semble partir, comme évaporé. C'est alors une période de panne sèche, l'inspiration ne semble plus ici, car tout semble avoir été fait, et tout à disparu. Pour le créateur, ce qui ressemble à une grande période de vide est nécessaire. C'est ici une richesse, car ce vide va se renouveler, pour donner peut-être une création plus puissante. Ceux qui regardent font monter la pression, et demandent souvent quelque chose de meilleur. Le créateur s'engage alors dans une sorte de gouffre dont il ne connait pas les limites, et c'est à lui de faire ce qu'il a défini. 

Aussi, à un moment donné, le sentiment de ne plus progresser est ici : il se caractérise par le sentiment de tourner en rond, ou d'avoir tout dit, tout montré. Pourtant, il y a toujours des idées neuves, et de nouvelles directions, ou orientations, à découvrir. L'envie de se surpasser doit être nécessaire, déjà pour affirmer que rien n'est fini. L'avantage du créateur est de se raconter une, ou plutôt des histoires, et comme la vie, ce qui est décidé et entrepris, doit continuer. C'est une phase ou une période difficile.

Le dessin, pour ce qui concerne l'art, fut sans doute le premier présent, et à l'origine de tout. Ce qui est vu, et scruté, en une forme, ou informe, est soit agréable ou désagréable, et notre regard, à l'égal d'un juge, porte un jugement négatif, ou positif. Le dessin existe sous toutes les formes, et il peut tout aussi bien être abstrait, ou très graphique. Ce qui est regardé , ce qui est vu, doit être vu autrement, pour donner l'envie d'avoir, et aller vers le collectionneur , et certes, il ne faut pas s'éloigner de tout, mais installer une certaine distance. Ce qui doit donner l'envie d'avoir doit avoir une certaine originalité, et pour y arriver, le créateur va instaurer un climat de confiance. 

Donc, à travers le regard, et-ce, pour rechercher à comprendre, donner l'envie d'avoir du goût, avoir une prise de risque, et aussi peut-être pour chercher à obtenir, ce qui semble nous échapper. Sachons porter un regard neuf, et large, à ce qui va être découvert, pour mieux chercher à avoir, et compléter ce qui est "être". 

On raconte que celui qui dessine à souvent des "choses à dire", mais en fait, celui qui dessine est dans une forme de quête, dans une bulle qui lui est propre. Le plus souvent, il laisse faire et agir le hasard, il ignore ou il doit aller. En bref, il est perdu...

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Published by Franck Gache