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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 12:05

Au départ, le dessin, c'est donner une image, et répondre en essayant de reconstituer un manque, reconstruire d'aprés ce qui est vu, non en imitant la nature, mais répondre par nos propres moyens, et à notre rythme.

 

Le dessin, aussi, est une quête du hasard et de l'infini: le plus souvent, on ignore ce que l'on cherche. Et parfois, ce qui est crée nous donne de grandes surprises.  

 

Avant d'aborder la peinture, c'est par le dessin que j'ai commencé à aborder la représentation des choses. Ce qui était autour de moi m'influençait  plus ou moins. Le dessin intègre aussi l'environement immédiat. Le moyen qui m'était le plus accessible. La machine qui était en moi, interrogeant mon esprit, me conduisit à croire que l'homme ne se manifestait pas seulement par la production du son, et d'un langage articulés,mais aussi par le mouvement, et l'oeuvre de la main (Dont Martin Heidegger remarquait qu'elle ne faisait pas que saisir et attraper, mais qu'elle était aussi capable d'offrir et de recevoir, de tracer des signes, et de montrer). à la naissance des choses,et peut-être avant la construction d'une vie sociale, donc, il y a le dessin.L'enfant construit ce qui est son langage par la découverte des choses. Et de toute chose. Comme son nom l'indique, le dessin est la représentation de ces choses .Il peut être fait rapidement, être grand, ou ne se limiter que à un ou des signes. Tous les enfants sont passés par le dessin, c'est connu. Ce qui est reproduit par l'enfant est du plus abstrait: il ne cherche pas à représenter le beau, ou faire quelque chose d'élaboré. Avant tout, pour lui, le dessin est une forme de langage approprié, qui lui est devenu propre. Un monde secondaire est inscrit l'espace d'un instant. Comme l'animal qui marque un territoire, l'enfant à marqué le sien. Ensuite, il passe à autre chose. J'ai observé cela.  Ma familiarité avec le dessin, et dés le plus jeune âge, provenait de la rapidité, et de la spontanéité, le matériel se limitant la plupart du temps à un simple crayon, ou plutôt, une branche d'un arbre, le sol de terre ou de sable devenant le support. L'attrait vers la peinture était toujours, jusqu'à l'âge de douze ans, restreint par les contraintes d'application d'un tel médium.Ensuite, est donc venue la peinture, assez logiquement.C'est connu, la peinture est salissante. C'est aussu plus de moyens que le dessin. Dans la quête d'un art automatique, les longs préparatifs, l'impatience, étaient perçus comme un obstacle à la spontanéité. Mais le dessin, en perdant sa secondarité "ontologique" n'a t'il pas du même coup mis en question son point dominant méthodologique" celle par laquelle j'ai fait traditionnellement le dessin? C'est pourtant ce primat du dessin dans la peinture qui permet de donner une forme narrative à la représentation picturale, et de la rattacher ainsi à l'univers du discours et à celui des signes en général, et dans l'optique de l'écriture automatique en peinture, fait en sorte de lui donner un point de départ, et en fait le moteur de son développement. Comme la peinture le dessin est toujours défini comme une représentation abstraite, une forme de la nature spirituelle, et dont l'origine réside uniquement dans la pensée, la marque d'une activité intellectuelle, qui prouve aux yeux de ceux qui condament la peinture que celle-ci obéit toujours à l'ordre du dessein"... C'est un objectif à atteindre. C'est à dire un vrai projet. Le hasard compte beaucoup, et est aussi moteur. L'enfant qui réalise un dessin se laisse aller aux jeux du hasard, et ce qu'il créera ne ressemblera jamais vraiment à ce qu'il voudra vraiment faire. l' art est libéral depuis toujours. Le dessin, au sens de "tracé", se confond avec le dessein, au sens de projet. Le dessein est un objectif. Au départ, historiquement, le dessin avait un dessein, ou plutôt in objectif religieux, chamanique. Contrairement à l'animal, l'homme pouvait représenter, et lire ses dessins avec des codes. Et puis, le dessin à évolué dans le temps, et à pris d'autres formes. Même le dessin dot "académique" n'est dans le fond qu'une création, parmis tant d'autres. Il est impossible de vraiment définir le dessin parfait, car cette définition relève d'un point de vue, de l'aléatoire, et donc du hasard, ou de l'abstraction. Le dessin, la peinture, ou plus largement, l'art en général, ne devrait pas avoir de normes. L'art contemporain est en contradictions, car il vise lui-même vers la fin de l'art, donc,à un retour à ce qui était originel, les débuts de l'art, et laisser l'art vivre comme il l'entend.Il y a la croyance aussi. Mettre l'art sous une, ou plusieurs normes, c'est aussi croire en de vraies, ou de fausses vérités. C'est croire qu'il y a une voie, un chemin, de grandes lignes, ce qui n'est pas que relatif à la religion, et tradition Judéo-Chrétienne. Plus contemporain, Tinguely, avant de vouer son talent de création aux sculptures démesurées, ces "grandes machines", s'était perdu dans une frénésie de dessin, perdu dans la création, de sculpture,puis de peinture.Il faut savoir que chacune des oeuvres crées par un artiste fait place à un blocage, un sentiment d'inachevé, que je partage.Il y a un sentiment de vide, aussi.à l'image d'un enfant qui réalise un dessin plus ou moins abstrait, il y aura toujours un sentiment d'inachevé, de pas fini, pas terminé.Le créateur est confronté à l'indécision, sa propre pression face à l'aboutissement de ces oeuvres picturales,ou non, et il est toujours  admiratif vis-à-vis des peintres qui finalisent leurs oeuvres, bien qu'il juge que cette conclusion ne se traduirait plus que dans la vente, histoire de voir si ce qui est bien fait est confirmé par des achats d'oeuvres, souvent par des inconnus. L'artiste qui est pris dans l'engrenage de la création ne peut s'arrêter, et il continuerait une peinture pendant des mois, jusqu'a une usure totale de la toile, ou un autre support. Il part , et il revient, jamais satisfait. Tout achévement signifierait donc la pétrification de l'oeuvre, et de l'artiste. C'est à partir de ce constat que ce mouvement s'est imposé à lui. Le mouvement lui permettait tout simplement d'échapper à cette pétrification, à cette fin.C'est être prisonnier de l'infini. Pour ce qui me concerne, au fil des années, le dessin s'est fait plus rare dans ma pratique picturale, pour revenir ensuite. En peinture, il laissait place aux jeux de couleurs : "un feu d'artifice, et un big-bang pictural" en quelques sortes, ou le dessin apparaît de plus en plus inconsistant. Son émanation ne figeait plus l'oeuvre dans des délimitations précises, et permettait le mouvement, la vie, au sein de la composition, dans le sens le plus large du terme.

 

Si l'art ne sert à rien, ce qui est à l'origine, le dessin, va contribuer à établir ce qui est dans l' environement de l'homme, à savoir, ce qu'il a fabriqué de manière manuelle, de ses propres mains. Si les objets ont une forme, il ne faut pas oublier qu'ils sont des oeuvres à part entière. tout comme ce qui constitue les logis, les lieux d'habitations, qui vont s'inscrires dans ce qui est l'architecture. Celui qui fait un simple dessin est donc un acteur de la vie: entreprendre de créer une oeuvre simple, c'est à la fois observer, et être acteur de ce qui est autour de nous. Le dessin est donc allé vers la forme. Il est donc logique de penser que ce qui à suivi au plus vite la pratique picturale fut la sculpture . Le logement sous la forme de la pierre que l'on connait n'était pas encore vraiment élaboré. L'artiste se dour d'être aussi un architecte. Comme chacun le sait, au temps de la préhistoire, l'homme ne vivait pas dans la caverne, mais non loin d'elle. La grotte, la caverne, etait le lieu du chaman, de celui qui prétendait avoir des pouvoirs, celui qui voyait.Le chaman était un artiste, sans vraiment le savoir, et il devait faire forte impression à ses contemporains, en donnant sa vision de la vie. Il y avait aussi l'ombre et la lumière, une quête de la couleur, et du noir et blanc, ce qui va devenir le faire-valoir des arts pour des siècles. Aujourd'hui, le Design élabore et évoque une certaine vision artistique de l'objet, et celui-ci à pour vocation, ou dessein d'être utile ou inutile: une vue concrétisée et visible pour envisager un débat sur l'utilité de l'art

 

L'art se confond alors avec ce qui est manuel. Robert Filliou, artiste Français parlait de la "création permanente" : "vite fait, bien fait, mal fait" . Une manière de dire  qu'il ne pensait pas diffèremment, la création étant omniprésente autour de nous, et surtout, permanente, et inscrite dans notre patrimoine.  

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