Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 15:11

L'aspect répétitif dans l'art, c'est le point de départ, et aussi le point de non-retour. Moi-même, tout comme tout autre artiste, souhaite aussi ne pas se tromper, et recherche, pour qu'il ne soit pas induit en erreur ce qui le caractérise, ce qui affirme son identité. C'est l'image de l'équilibriste sur un fil: il sait qu'il va droit au but, et pour tenir en équilibre, il va s'attarder à suivre du regard le fil, pour arriver au but. L'équilibriste recommencera ainsi son numéro en d'autres spectacles, d'autres occasions. Pour l'artiste, ça va être la même chose, avec de la peinture, ou des crayons. L'artiste sait qu'il est ici. Il est bien présent, et tout comme l'équilibriste, il va utiliser ses propres outils, et surtout, ne pas regarder dans le vide.  

Le vide confronte à l'inconnu, et il y a deux options : placer un signe minimal, abstrait ou non, laisser une indication, pour marquer le territoire, ou remplir la toile ou le support.

La toile, ou le support doit renvoyer à un espace personnel, ce qui est l'aspect singulier de l'artiste, mais ce qui est plus profond, est le fait de s'approprier cet espace, et laisser une trace de son passage. Marquer l'aspect répétitif, c'est le fait d'affirmer l'identité et l'espace du créateur. C'est un autre monde, mais très réduit, un espace à combler, ou à compléter. Parler de "trace" est très important, et même primordial : c'est ce qui touche au plus profond de l'être, ou l'artiste se dévoile, mais avec ses codres, propres à lui-même. Ce qui va être produit est en quelques sortes son alphabet, son écriture. Il recherche à être visible, mais dans le fond, c'est lui même qui peut déchiffrer son système d'écriture, car il est souverain en son domaine. L'aspect répétitif chez l'artiste, c'est aussi le fait de se perdre. à un moment donné, l'artiste ou créateur croit tellement que son monde est rodé, qu'il se laisse aller à des formes, ou à une écriture, qu'il ne pratiquait pas avant. Ce qui était déterminé devient alors de l'instinct, comme une autre vision de la vie.

 

 à force de peindre et dessiner, et le faire par des séries, le constat de ce qui est vu devient trés clair: ce travail machinal(de "machine"),qui inclut forcément du répétitif, et c'est ce dernier qui donne une cohérence à l'existence, ainsi que la vie à l'ensemble de tout ce qui est un système. Sans oublier aussi l'apport trés important du hasard, qui semble le maître de toutes choses.  Il reste à expliquer qu'il y a un paradoxe, et celui-ci est que la répétition se présente comme la seule figure de l'espoir, car c'est par elle que ce qui fut sera à nouveau, pour se répéter, et c'est grace à elle, aussi,que renaît ce que j'ai donné comme terminé, ou fini.Cela implique un travail de réalisations de travaux en séries, qui s'expliquerait du fait que l'artiste, ou le moi ne voit pas une évolution suffisante dans ce qui est crée. Le dessin, ou l'apport pictural n'est alors plus qu'une suite de mon, ou de notre histoire. Ou même, d'une évolution.Si l'artiste raconte, ce qui semble son double vient se greffer à cette suite de créations paradoxale.La mémoire est alors fuyante, et ce qui fut fait hier, ne ressemblera le lendemain à ce qui fut fait, avec toujours un sentiment d'évolution de la pratique picturale. Le temps est facteur, et aussi, il décidera de ce qui sera fait dans l'avenir. Si au départ l'objectif n'était que de ne créer qu'une oeuvre, une suite en découle, comme une suite logique. La mémoire prend alors toute sa place, et c'est elle qui va inscrire ce qui est l'automatisme dans le corps, ou les corps.Ce qui va engendrer l'habitude, ou les bonnes ou mauvaises habitudes.  Ainsi donc, sont mes habitudes dans l'art en général, et elles sont toujours identiques, ainsi que mes gestes et manies d'utilisations diverses de mes brosses, crayons ou pinceaux, plumes,et qui ne varient guères, si ce n'est dans la violence de l'exécution, et de l'esprit, et la place laissée au hasard. Encore le hasard...Je néglige donc les futurs phénomènes d'usure, les habitudes sont encrées.et alors, je constate que le répétitif est le moteur véritable même du machinal, et qu'il est une carte d'identité,l'insistance de l'esprit, une affirmation constante de la résistance à la mort, car il assure une reconduction systématique des choses, et garantit leur renaissance en permanence.Aussi, l'habitude doit s'inscrire dans ce qui est continu: il ne doit pas y avoir une cessation de l'activitée, ou une pause, qui casserait l'élan engagé, et ce qui est la continuité. Un arrêt peut se concevoir comme une fin. Ce qui fut entrepris est alors cassé. Il risque alors d'y avoir une régression. Ce qui fut considéré comme un acquis est alors fragile. L'artiste qui s'engage donc dans un travail en série devient donc une machine, prisonnier de sa propre évolution.Comme Je refuse d'anticiper une fin.Donc,ce qui est la répétition est bien le refus absolu chez moi de la finitude, soit ce qui est accompli, tant, du moins que la dynamique qui l'entraîne reste assez forte. C'est refuser de se voir imposer une vue artistique aussi, je suis le seul maître à bord, et je parle pour d'autres. c'est tracer son propre chemin, sa propre voie, quand bien même, le plus souvent, il y a des normes.  Evidemment, il sera toujours possible de s'interroger sur les qualités mêmes de la vie qui est induite, et qui découle par ce phénomène cumulatif de la répétition et du machinal, et me permettre de conclure qu'il arrive toujours que quelque chose de médiocre peut se produire, ou arriver dans toute cette production, ce qui est inévitable, de ce qui n'est que retour,recommencement, et répétition continuelle, ou perpétuelle. Pour continuer, je dois sortir de ces interrogations esthétiques ou éthiques, qui, à l'évidence-même, ne devraient pas se poser ici. Par contre, je sais que le geste machinal à toujours un rapport au temps, au temporel et vu qu'il est toujours stable, ou plus ou moins avec des variantes, il arrive à me convaincre de tomber, moi et mon art, sous son emprise. Le temps semble inscrit dans l'espace, et il est planant, bien présent dans ce qui constitue ce monde d'ici-bas.Mais aussi, le temps peut être trompeur, mais le temps revient toujours, car il est la réfférence. Voilà à quoi ressemble le roulement machinal. Aussi, il peut avoir un parcours en simple boucle linéaire, ou en une fonction qui s'exerce en une composition de type binaire, éventuellement selon une figure plus complexe, qui est encore faite d'éléments qui sont multiples, qui se répètent, ce qui détermine certainement un processus d'alternance à reconduction permanente. Tout est sans cesse un recommencement. Dans ce cas, le commencement et la fin ne sont plus que les marques arbitraires de la séquence , et ils peuvent aussi bien changer de rôle, tant ce qui les détermine se résume à bien peu de choses : la naissance et la mort recommencent, comme un jeux d'acteurs ou les séquences sont en quelques sortes rejouées de manière indéfinies, et qui montrent, brutalement, en ces deux bouts, ce qui est une vie que je roule et que je déroule à l'infini, pour faire en sorte de ne laisser voir que une seule version, qui serait condensée et neutre, dans le même temps, et tracée, et réalisée de la même manière.L'artiste marque ainsi de son empreinte son territoire, il est désormais son seul juge, même si il sait qu'il va être confronté à des regards exterieurs.

 

L' Aliénation

 

Si le créateur véritable s'engage dans la voie de la série, il s'engage donc dans une perte de sens, et une aliénation certaine. Le dessin dans sa forme la plus graphique perd une certaine notion de sens, l'artiste cherche à se raconter des histoires, et c'est l'emballement créatif. En ce qui concerne la peinture, le peintre va plutôt rechercher une explosion de couleurs, comme si il recherchait la lumière, ce qui brille à ses yeux. Pour les autres formes d'art, il va chercher à détourner du sens, chercher des sens contraires, ou cachés. L'artiste est perdu dans son aliénation, et ce qui semble si proche de lui, devient soudainement si lointain. Le regard de l'artiste est désormais posé sur ce qui émerge de sa création. Il est désormais comme un équilibriste sur un fil, et il cherche à fuir le vide, à ne pas trop regarder en bas. Il y a effectivement une peur du vide qui le caractérise. Si l'artiste opte pour le choix de la série, c'est souvent pour combler un vide. C'est combler un manque aussi, chercher à combler ce qui semble être au plus profond de lui-même, mais sans vraiment y parvenir.  C'est aussi le plus souvent une forme de douleur, une souffrance, ou les mots ne sont jamais suffisants pour exprimer peut-être une forme de mal être. Ainsi, le geste machinal est souvent lié au temps, car il ne faut pas l'oublier : si le temps est commun à chacun de nous, il est aussi l'espace de vie du créateur, et ce qui relève de sa création évoque aussi, plus ou moins, une évocation, ou des pages de sa vie. 

 

L'artiste recherche aussi une part de bonheur, tout comme le plus souvent, il chercherait à se construire un monde idéal. Entre le temps passé et futur, si l'espace entre l'avant et maintenant est connu, l'aprés suggère l'inconnu et le vide. Aussi, une histoire peut prendre fin rapidement, d'ou un certain stress, une forme d'angoisse...    

 

La notion d'abandon est aussi trés importante :c'est l'abandon de soi, qui génére la force créatrice. Si ce que recherche l'artiste est de donner un aspect de lui-même trés construit, il ne peut malheureusement controler l'intégralité du rendu qu'il va donner. à un moment donné le hasard l'emporte sur l'esprit vaillant, et laisse place au laisser-aller. Le hasard est indisociable du rendu, qui porte sa marque, et créer ce qui est vraiment voulu n'est qu'une gageure, ou du moins, une utopie.

 

Pour moi, la notion d'aliénation est trés importante: en fait, dans ce qui est son extension au niveau du politique moderne, c'est à dire que cette notion est liée comme à la parole, l'artiste sait ce qu'il à a faire. Pour lui, c'est un acte de s'exprimer, retrouvé chez les philosophes de la volonté, et je sais que ça à connu un succès vraiment réel, pour ainsi contribuer à fonder ce qui est l'approche théorique de certains courants artistiques, connus aujourd'hui, surtout des courants artistiques d'avant-garde en Europe et aux Etats-unis. En bref, c'est être d'aujourd'hui, actuel et moderne, et surtout être soi-même, et les artistes parlent, avec une façon d'être bien à eux. Ils ne parlent pas avec des mots, mais avec des actes: l'acte créateur.  La pratique des créateurs est ainsi marquée, et dans le discours, tout comme dans la parole, cette forme d'alènation devient un nouveau mode de connaissance et de communication.

 

L'aliènation est le moyen d'un possible et ultime dépassement. En ce qui concerne mon rapport avec l'aliénation, ce qui m'intéresse vraiment est de poursuivre une réflexion sur l'identité de tout ce que je vois, sur les choses, par exemple, ou sur l'expérience de la solitude, et aussi de l'anonymat, ainsi que tout logiquement, sur l'isolement du créateur, et sur l'espoir qu'il est possible de voir naître à ce niveau. Pour revenir à moi, ma pratique picturale est donc le reflet de toutes ces pensées, ainsi que toutes mes pensées, c'est aussi le moyen d'une prise de conscience salvatrice. Malheureusement, j'ai constaté que la notion qui était au centre de tout ce petit système s'est révélée encore plus large, et de ce fait, a pu recevoir des acceptations aussi diverses que variées .    

 

L'aliénation me renvoie aussi à l'étrangeté, ou à l'altérité, des notions trés larges, qui me permettent d'envisager de me mettre au service de conceptions diverses, et différentes. Toute cette aliénation est une forme d'énergie, qui illustre le travail de l'artiste, ou l'on retrouve une conscience déchirée, l'esprit du songe, le rêve en mouvement, l'imaginaire. Une perte du quotidien de la vue de l'humain est visible, et il y a autre chose à observer, ou à déceler. Une perte d'une certaine forme de conscience, de même, est visible, et ce qui est refus,contestations diverses et variées laissent envisager une libération de l'esprit, sous la forme de ce qui est l'expression des sens. Le comportement s'en retrouve changé, et l'expérience qui en est née n'est que plus positive.C'est la négation de l'avant, la quête d'une autre forme de communication à situer entre le rêve et le réel, ce qui entraine une parenthèse d'un certain laps de temps qui permet de mettre notre propre vie sociale entre parenthèses, l'espace de quelques instants, ou tout au plus, quelques heures. C'est oublier notre vie quotidienne, notre organisation sociale, pour se laisser aller, et plonger vers l'inconnu, ou envisager une forme de destruction de soi, refuser le quotidien pour chercher autre chose, mais tout reste à définir...

 

C'est se perdre, devenir un étranger à soi-même l'espace d'un temps donné et déterminé, refuser un moment ce qui est réel, et qui semble nous saturer, pour rechercher une forme d'explosion, une apothéose de soi-même. Pour être plus clair, c'est casser l'image de l'ordinaire, pour trouver une sorte de paradis artificiel qui n'existe pas, et qui n'éxistera jamais. Un refus de la réalité qui est en face de nos yeux, pour anéantir une forme d'identité qui nous colle trop à la peau, muer comme un reptile, pour devenir quelqu'un d'autre, mais en fait, ça n'aboutira à rien, et le personnage que l'on était avant reviendra aussi vite que quand il était parti. C'est donc un faux départ, mais un vrai rêve, plutôt concrétisé. L'étranger que l'on était fini par découvrir l'autre, qui finalement va finir par lui ressembler, et il en est ainsi tout le temps, et pour ainsi dire, pour toujours. Une course contre le temps est lancée, et tout ce qui est crée autour de nous n'est finalement qu'abstraction. Au départ, il y avait la nature, et celle-ci avait été façonnée et transformée par la main de l'homme, tant et si bien que l'homme avait un jour pensé que la vraie nature n'existait pas, mais ce n'était qu'une illusion, une parfaite abstraction. Alors, la nature revenait en force pour nous dire que tout était vain, et que tout n'était que de la poudre aux yeux. Façonner la nature à l'image de l'homme n'était finalement qu'un rêve, un de plus. C'était suffisant pour nous dire que la nature reprennait ses droits. C'était désastreux pour l'image de la réalité, que tous souhaitaient préserver. L'aliénation faisait prendre conscience que la réalité pouvait être vue en train de se désagréger , pour voir une désagrégation de l'image , de ce qui nous est donné et montré comme "ordinaire". L'éloignement pouvait alors être perçu comme conséquent, comme un éloignement radical de l'objet, par exemple. Il en résulte un désenchantement radical, qui pousse le créateur à renouveller l'expérience, ce qui est l'objectif final de l'aliénation. La déréalisation totale et radicale de ce qui est l'"objet", pousse le créateur à puiser dans le rêve et le merveilleux, et à l'infini. C'est une satisfaction jamais apaisée, mais qui demande sans cesse de recommencer, pour se perdre dans le néant et l'indéfini, d'ou l'"aliénation".  Le répétitif pour certains peut nous diriger vers un plongeon vers l'abyme : c'est se perdre dans les méandres de la création, une lutte contre le temps et se placer dans un espace intemporel. Celui qui est dans la répétition porte son propre regard, et ce qui est crée est à son image. Il cherche à finir, à terminer ce qui est accompli, mais il n'y arrive jamais vraiment. Peut-être, il cherche un bref instant de bonheur, car le monde qui est autour de lui n'est pas un enchantement. Il sait et connait ses limites, et c'est lui qui va décider quand tout sera terminé. Souvent, il ne reviendra jamais sur telle ou untelle partie de son travail. Si tout est réalisé en étapes, et réparti en un temps plus ou moins long, le plus souvent, ce qui a été fait est pour lui comme écrit. Il y a la vononté de ne pas froisser le temps, et ce qui a été vu. Pourtant, le plus souvent dans la série, il y a la volonté de tout remplir, comme pour combler un vide. Il ne faut pas oublier aussi que tout ce travail est une recherche, et qui, pour certains peut ressembler à une recherche archéologique, mais ce travail s'apparente plus à une quête, ou une prière, pour certains, car au bout de toutes choses, il y a le désir de trouver une réponse, ou de rechercher l'impossible. Pour être plus précis, oui, c'est une plongée vers l'abyme, et aller trop loin dans la série, ne permettra pas le plus souvent de trouver des réponses, mais de s'y perdre. La logique devient mécanique, et notre esprit, tout comme notre âme, est pris dans un tourbillon, ou celui qui souhaite en sortir est celui qui entreprend de ses propres mains de créateur.                        

Partager cet article
Repost0

commentaires

S
Repetitive nature is so abandon in the field of art, even if the creator of a work tries to avoid this very phenomenon in his works. There will be at least a slight repetition in the style and even the character sketching.
Répondre