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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 11:02

C'était une nuit, comme une autre. J'ai rêvé que j'étais seul sur terre, marchant à pieds, comme un errant, sans but. Il me semblait que la fatigue m'envahissait trop, physiquement , et même, dans mes pensées. La vie était ce qu'elle était, et dans le fond, dans mes tourments, j'étais perdu, accroché à une vie en suspens, face à la mort. 

Mon rêve se prolongeait, et je voyais des séries de dessins, qui apparaissaient devant mes yeux. Les dessins ressemblaient aux miens, mais ils n'étaient pas de moi. C'était dur de vraiment observer, de saisir un dessin. Mais j'ai reconnu des anges, et des monstres, ce qui était fréquent dans mes dessins. Mais j'ai aussi vu de l'écriture, de longs textes, que je ne pouvait pas lire, vu qu'ils étaient troubles, illisibles. Aussi, j'étais bien trop fatigué pour lire. Les dessins défilaient, toujours aussi rapidement.

Le lendemain, quand je me suis réveillé, mes idées étaient plus claires pour l'avenir.   

Et c'est ainsi que un jour,j'ai décidé de traverser la mer, de traverser un océan, car la terre était trop petite, et trop étroite pour moi. Le jour était enfin arrivé, et il ne se touchait plus des mains, comme dans un rêve qui restait à l'étape d'un songe impossible. Le rêve laissait la place à la vie réelle, et au vécu. Décider n'était plus alors un mot vain, mais il trouvait tout son sens. J'ai regardé la mer de mon hublot, et j'ai trouvé qu'elle était immense. Le bleu de l'océan, le reflet brillant du soleil m'invitaient à oublier, au plus profond de moi même, comme on referme un énorme grimoire, aprés avoir choisi une page, au hasard. Et j'ai découvert l'Amérique,mais ce monde n'était pas immense, il n'était que grand, seulement. Les jours, eux, devenaient grands, et ma méditation n'en était que plus immense. Ma vie continuait dans le quartier de Oboken, à New-York. Cette ville est certainement la tour de Babel, on y parle toutes les langues, et il y a certainement tous les peuples, toutes les religions du monde, mais pour moi, cette ville ne me fait pas, ou plus rêver. Elle est à l'image du monde, un monde qui devient chaque jour plus petit, comme si il devenait un village. Vu de New-York, le monde ne semble plus aussi grand, mais si petit, tellement singulier. Pour moi, un homme à une histoire, des rêves, et sa vie, assemblée aux autres devrait donner une image haute en couleurs de cette ville. Il n'en est rien, un air de défiance semble flotter, on s'ignore, et c'est le chacun pour soi. Bien entendu, il y a des personnes formidables, et ce que je raconte n'est pas général. L'art n'est plus ce qu'il était. C'est le royaume de l'argent roi et des spéculateurs. C'est vrai qu'il en avait toujours été ainsi, mais plus qu'avant. Maintenant, on parle au nom des artistes. J'ai vu ça avec un artiste de jadis, Willeim De Kooning, qui habitait lui-aussi à Hoboken. Au début du siècle dernier, enfant, déjà, il ne rêvait que de peinture, dans sa petite Hollande. Un jour aussi, le monde lui à semblé être grand, son monde à lui était trop petit et trop étroit. C'est ainsi qu'il partit de la Hollande, quand il devint plus grand, pour n'y revenir que avant de devenir vieux. De Kooning ne souhaitait que peindre et vivre de son art. Il acceptait qu'on parle pour lui, du moment que ça ne nuisait pas à ses activités. Souvent, il ne connaissait pas, ou ne savait pas de quoi on parlait, à quels artistes on le reliait, etc... Et lui aussi s'est un jour enfoncé dans la nuit. Mais lui trouvait son paradis artificiel dans l'alcool, le monde lui échappait de plus en plus, et il s'enfonça tellement dans la nuit, que à la fin, sa mémoire était perdue depuis longtemps déjà. C'est le côté obscur, l'image qui n'est pas conforme, et finalement, le rêve Américain n'était qu'une utopie, même si De Kooning était devenu riche et célébre. Au final , De Kooning souhaitait peut-être n'être qu'un artiste libre, profondément libre, à l'image de ce qu'il était à ses débuts, libre comme l'air, volant de ses propres ailes, comme un papillon. Rêve perdu dans le Brouillard de cette ville monstrueuse, ou se côtoient les êtres les plus démunis, et ceux les plus riches, les plus incultes et les plus instruits, et dans la plus totale des indifférences. C'est dans la différence que naît cependant le singulier. J'observais souvent du haut d'un gratte-ciel ce New-York qui était au bas de mes pieds. Avec le brouillard, tout ce qui était en bas devenait invisible, quand le brouillard recouvrait cette ville. Il y avait comme quelque chose de divin, la cité idéale semblait émerger d'ici- bas, et éffaçer tout ce qui était négatif, mais le rêve était de courte durée. La vie réelle reprenait ses droits, avec sa violence, tout ce qu'il y avait de plus injuste, de plus absurde. Un moment, en regardant le brouillard, j'avais le sentiment d'être heureux, d'être un observateur solitaire, seul au monde, à essayer de décrire la cité idéale, à être en quête d'être bien moi-même... New-York ne me faisait plus rêver, la grande ville devenait pour moi une jungle. Le soir, il me prenait l'envie de dessiner, et de créer, comme Jerôme Bosch, de grandes scénes, ou fresques, avec de nombreux personnages, et ou il y avait de nombreux dragons. Au plus profond de la vie, la fatigue passait sans prévenir, et à certains moments, il me semblait voir ma propre ombre, qui semblait fuyante, ou qui semblait m'observer. L'odeur de l'encre noire, utilisée pour dessiner mes dessins semblait me donner la nausée. Le silence était presque glacial autour de moi, New-York semblait déjà lointaine...Pourtant, c'était la ville qui était toujours éclairée, et qui semblait ne jamais dormir. Un soir, j'ai fait un rêve, ou je tombais dans un de mes dessins, endormi. Le choc fut dur, tout bougeait autour de moi, tout était en noir et blanc. Il semblait qu'il y avait une logique à ce qui ne l'était pas. Une histoire semblait se dérouler sous mes yeux. C'était une scéne surréaliste, qui semblait se dérouler dans un grand village, cerné d'une grande muraille. Au delà de la muraille, de ce qui semblait constituer une forteresse, le paysage semblait figé, pétrifié, dans le temps. La vie semblait se dérouler seulement derrière les murs. Un personnage vint à ma rencontre: il me proposait de retourner d'ou j'étais venu, car ici, ce n'était pas mon "monde". Pourtant, c'était moi qui avait crée cette histoire, et cet univers était bien le mien. Ce personnage, une sorte de nain-barbu aux grandes oreilles, semblait sortir de nulle-part, et être bien improbable. Mais, sans avoir de choix, je l'ai suivi,pour enfin arriver à ce mirroir, au fond d'un chateau. C'était bizarre, mais il me semblait que à aucun moment je n'avais dessiné un mirroir. Mon retour fut brutal, me retrouvant au pied de ma table à dessin. J'ai alors regardé celui-ci, pour m'éfforcer ensuite de donner une touche plus humaine, à tous ces personnages qui peuplaient mon univers... Il y a toujours eu chez moi cette volonté d'unir les éléments entre eux, de les"faire" résonner en un ryrhme sourd et lancinant : jusqu'a ce que le souffle expire, et que les yeux regardent à l'intérieur. Mon ombre fuyante, un corps, des animaux, un dragon... Soudain, un ciel ouvert, une trouée dans l'ombre, une terre presque calcinée qui renaît de ses cendres. C'est souvent aussi une histoire, qui se conjugue au pluriel, et qui déjà abandonne la rîme. Comme un miroir de l'âme, et de l'esprit, dont les reflets se déclinent pour mieux répondre. Il y a des ombres vives, nettes ou confuses, qui surgissent, et qui se frôlent, qui se rapprochent et s'éloignent. C'est un monde parallèle ou les titres sont là aussi,comme une incitation, comme une investigation à passer de l'autre côté...De l'autre côté de quoi ? De moi-même ! de cette face cachée qui me mène souvent au vertige, et dont le centre s'en remet à l'univers, à cet infini des possibles, ou le trait du dessin inonde une feuille ou une surface, puis enflamme ma pensée, et mes idées. Ici, je ne parle pas de déclin, ni de chute, mais d'une élévation, de ce mouvement trés ascendant, qui "infuse"l 'espace,et suggère un autre regard. Je suis désormais placé hors du temps, hors des marges, cet au delà qui est aussi ma vérité, pour devenir singulier. mon esprit est libéré, avec des dessins envahissants, souvent saturés, défoulants, dont les gestes résultent du songe et du hasard, des gestes pas forcément maîtrisés, qui me conduisent à rechercher et à puiser dans mon enfance, mes rêves d'enfant, ce qu'il y avait de plus primitif chez moi, en libérant mon esprit du regard des autres, de mon regard, en m'absorbant dans le support, un oubli de moi, de soi-même, qui me définit et me conduit forcément à être plus singulier, encore. Et la nuit devient sans fin, comme si le silence pouvait me parler. La vie défile, voilée par le temps, avec ses joie, l'euphorie, souvent, la souffrance, comme la joie. L'extase est aussi présente, l'espérance de rencontrer, de trouver ce qui semble filer entre les mains. Et le doute s'installe, comme l'abandon... Le rêve est une forme d'exil, de découverte de soi, et de voyage, à travers notre inconscient et conscient. L'encre continue de couler sur la feuille, et des formes naissent, comme le plus souvent, des personnages. Tout ce petit monde, ces personnages, lancent un appel. C'est un cri silencieux, comme lire une écriture inconnue sur une feuille. Mon geste continue, même dans le noir, ou quand le sommeil m'invite à dormir. Ce geste est sans pitié, et il ne s'attarde pas à déchiffrer ce qui vient et nait du hasard. Là est mon interprération, ma main passe sur ce monde perdu, sur ces personnages, dissimulés par mon ombre, ou ma main. Un personnage qui à des traits n'est pas plus visible qu'un autre dessin, une forme abstraite, une tache d'encre, un signe. Le signe est pour moi la porte vers le néant, là ou je retrouve ma plénitude. Le signe n'est qu'un passage, mais j'y reviens souvent. Il est présent, part, et puis, il revient, mais je suis sourd. Finalement, il est assez naturel: quand le dessin est trop figuratif, l'envie me pousse à faire autre chose. Il y a quelque part une forme d'absence, trop présente. C'est un pont... Oui, voilà l'image que j'ai du signe, et qui me permet un passage vers une nouvelle épreuve, un pont entre le passé, et le présent. J'ai peur de ce qui doit arriver, à l'épreuve du néant, mais j'en ai besoin, je l'ai déjà dit, ou raconté. C'est la force de l'écriture automatique: nous cherchons, et tout à vocation à revenir. L'encre est présente, et elle m'ouvre la frontière vers l'imaginaire. Tout est plus lent avec elle, et mon esprit prend toujours plus de distance, pour construire quelque chose de précis, une forme, un signe, une abstraction, ou un être. Le moi-présent s'enfonce dans le brouillard, le plus obscur, pour laisser place à l'imaginaire, et ce qui ne s'explique pas. Les rêves sont trompeurs, aussi...Ainsi, un soir,je me suis perdu dans les formes, et les signes...Tout était voilé devant mon regard. Le dessin devenait lointain, et je basculai dans un sommeil profond,poussé par la lumière artificielle d'une ampoule électrique. Dormir, je n'en avait pas envie. Mon désir était plutôt de terminer ce qui avait été entrepris. Mais il en était autrement. Et enfin, le sommeil fit son oeuvre, pour m'ouvrir les portes du songe. Je me suis retrouvé dans une cabine d'un vieux cargo rouillé. Du haut d'une passerelle, il m'était possible de voir la rouille se mélanger à l'eau de mer. Le cargo semblait fondre, pour être englouti à jamais par l'océan. Pourtant, la mer semblait calme. Au loin, il y avait une plage. C'était peut-être les contours d'une île, plus certainement d'un continent, car en portant mon regard trés loin, la côte ne semblait pas finir. Le temps était beau, le ciel était bleu, et il m'était même possible de ressentir le vent frais. J'ai alors fait le grand plongeon, pour rejoindre la plage. Avant, j'ai cherché sur le bateau des traces de vie récente. Je n'ai rien trouvé. Ce cargo semblait être là depuis des décennies. La nature avait presque repris ses droits, de telle sorte que ce grand bateau semblait avoir été construit à l'image de la nature. J'ai donc nagé jusqu'à la plage. Celle-ci ne semblait pas finir. Et j'ai marché...Marché...Oui, j'ai remonté le long de cette plage, sans savoir si c'était par le sud, ou par le nord. Je n'ai alors trouvé pas âme qui vive. C'était le pays du silence qui se présentait à moi. Je suis revenu sur mes pas, pour revenir vers le vieux cargo...Je ne l'ai pas retrouvé. Lui-aussi avait disparu, pour n'être jamais retrouvé. Et j'ai continué à marcher, en entrant dans les terres. Tout ne semblaît être que désert, aucune trace de vie, la chaleur devenant plus forte. En marchant sur ces terres arides, il y avait sur mon chemin d'étranges monticules de pierres, étranges...Je me suis approché, certains monticules représentaient des animaux, comme par exemple, un chat, un cheval, un chien...Ils étaient peut-être de la main de l'homme, et j'ai cherché à savoir. D'autres monticules ne représentaient rien de spécifique. Pour moi, c'était comme des formes abstraites, ou sans plus de significations, sinon peut-être des signes. Mais le temps était le temps, et il commençait à être long. Moi, j'étais fatigué, sans eau, et sans ressources. Autres fait étranges : mon ombre me fuyait, et me suivait, les nuages du ciel ressemblaient aux monticules, certains reprenaient les mêmes formes, les mêmes animaux. Le soleil devenait avec la chaleur, de plus en plus oppressant. Impossible de trouver un coin d'ombre dans les environs. Les heures éraient sans doute devenues des jours. Comme une épave, moi aussi j'étais devenu un naufragé et un égaré du désert... Comme souvent dans les rêves, tout était intemporel. Ainsi, il me semblait être sur les lieux depuis plusieurs jours, pour plusieurs autres encore. Le désert semblait être comme un piége, qui semblait se refermer sur moi. Sans eau, et sous une chaleur torride, il me devenait de plus en plus dur d'avancer. La fatigue eu raison de moi, mon corps ne pouvant plus suivre. Mes bras, mes jambes, ne répondaient plus. J'ai recherché en vain un coin d'ombre pour échapper à cette fournaise. La mort me semblait être une délivrance plus que probable. Tout semblait si réel. Avec mes dents, je me suis mordu les lévres. De même, mes dents étaient dans un état terrible, comme si elles allaient tomber. Et puis, il y avait le délire qui commençait à se manifester, accentué par les douleurs terribles dans le corps. Ce n'était plus un rêve, mais plutôt un cauchemar. Tout était intemporel, et le rêve devenait la vie, et le temps devenait la nuit, comme les abysses, tout en profondeur, pour rejoindre un monde de brume, flou, ou les mots ne se trouvaient plus pour décrire, expliquer... Une nuit virtuelle naissait. Aprés le jour, en plein désert, avec la chaleur, vint la nuit, froide, avec mes yeux pointés vers le ciel,couché sur le dos,à observer les étoiles. Le moindre bruit devenait un écho. Dans mon rêve, je me retrouve seul au monde, à écouter le vent qui souffle fort, seul compagnon de solitude. Tout va alors vers l'aléatoire, je me pince, mais ce n'est qu'un rêve, un long tunnel... Impossible d'en sortir, il ne semblait pas y avoir d'issue. Un vautour vint vers moi. C'était la première forme de vie que j'ai vu dans ce désert. Au début, il était placé au haut d'un monticule de rochers, et il m'observait. Moi, couché à terre, ravagé par la fatigue et la douleur, mes gestes étaient limités. Sans cesse, une lutte contre la mort s'engageait, en manifestant ma survie par des gestes. L'instinct de survie était le plus fort, mais soulever une pierre pour ma défense, devenait de plus en plus dur... Au plus bas dans le moral, la détresse, la fatigue, je me laissais aller à une mort certaine. Quand soudain, au plus proche de moi, le vautour reçut un jet de pierres sur lui, de sorte qu'il n'avait d'autre choix que de partir. De mon regard trés trouble, comme envelloppé de brouillard, une silhouette avançait vers moi. Un grand homme noir, en tenue traditionnelle, de prés de deux métres de hauteur, vint vers moi, pour me sauver. Il pris des branchages, et sans un mot, m'observa, pour ensuite allumer un feu. Il resta ensuite jusqu'au matin assis sur un rocher. L'aube était fraîche, et l'homme cherchait quelque chose à terre. Ensuite, il creusa un trou, qui devint assez profond, et il fouilla dans son baluchon pour sortir ce qui ressemblait à un bol. L'homme avait réussi à trouver de l'eau. Il vint vers moi pour me faire boire. L'eau était mélangée à du sable, mais elle était fraîche. L'homme s'absenta ensuite un moment, pour revenir peut-être une heure aprés. Il semblait avoir attrapé du gibier, sans savoir vraiment quel animal c'était. Il creusa encore un trou dans le sable, fit un montage avec des branchages, pour placer la viande qu'il avait découpée soigneusement, pour ensuite recouvrir le tout de sable, et mettre le feu dedans. L'homme avait construit un four, et au final, sa viande était assez bonne à manger. J'ai ensuite rencontré les membres de sa communautée, regroupés en un camp de maisons traditionnelles, faites de briques de terre, de torchis,de paille et de pisé. Un village au milieu d'une contrée aride, ou l'eau d'un puit semblait venir de nulle part... Ce rêve était bien étrange. On m'invitait à participer à une cérémonie, dans une caverne trés profonde. éclairés de torches, les gens du village dessinaient des formes abstraites sur les murs, comme des signes abstraits, noirs. Il semblait qu'il y avait un lien à rattacher à l'éclairage. Les signes semblaient vivres avec cette lumière artificielle, et j'ai alors vu les villageois réagirs, quand un signe était terminé,l'encre liquide n'étant pas sêche, le signe abstrait brillait, comme si il envoyait un message à ceux qui étaient là à regarder. C'était comme voir la magie du dessin. Celui-ci semblait ne pas avoir de règles, ni de conventions. J'ai ressenti que l'acte de création n'était que aléatoire, et regarder ces gens, c'était quelque part la même chose que de voir les premiers hommes, encore que, j'ignorais à quelle époque, et surtout, en quel endroit géographique j'étais. L'art ne semblait n'être qu'un accident, tout comme le feu fut sans doute découvert lui aussi un jour par accident. Mon regard me poussa à observer que le feu et l'art étaient trés liés. Mais ici, tout relevait du rêve. Moi aussi, je me suis pris au jeu. J'ai pris un morceau de bois, ou un bâton, ou j'ai attaché de la paille au bout, imitant les villageois. Finalement, j'avais un pinceau, et comme eux, j'ai moi aussi dessiné des signes. C'était trés habituel chez moi, à l'ordinaire, mais ici, comme c'était un rêve, ma vie de tous les jours était oubliée...C'était ça, la magie du rêve : n'être pas soi-même, mais un autre. Dessiner ces signes m'engageait au plus profond de l'inconscient. Les signes devenaient fuyants, partaient et revenaient devant mes yeux. Mon esprit ne suivait plus. Mon rêve n'était plus qu'un souvenir. Mon réveil sonnait. C'était ma voie de sortie. Je suis resté un moment, peut-être cinq minutes à observer autour de moi, pour enfin me situer dans le présent. Il est vrai que ce rêve était si réel. C'était presque comme un cauchemar. Il pouvait vite être oublié aussi. Encore que, peut-être ce rêve était pour moi un enseignement, ou plutôt, un avertissement. C'était la routine. La vie continuait... Le feu,le dessin ou la représentation, la lumiére...J'y ai repensé souvent, ensuite, et les jours suivants. ça me replongeait dans des souvenirs de mes années antérieures,ou l'esprit curieux, je discutais avec des étudiants du monde entier de la vie. Sans doute, dans ma vie, j'ai rencontré des gens du monde entier, en particuliers de mon âge, autant des filles, que des garçons. Pour moi, situer, mettre des points sur des cartes, découvrir l'histoire d'un pays, n'était pas satisfaisant. Rencontrer des acteurs de ces contrées était un plus. Un jour, j'ai discuté d'un même sujet, à plusieurs reprises en une même année,avec pmusieurs groupes d'Africains différents. C'était à propos de l'art en général.Pour eux, c'était trés important pour l'homme. Dans ce qui était le plus primitif des hommes,l'art était dans le fond une invention dont le but était clairement de marquer la différence entre l'homme et l'animal. Une différence "artificielle",car l'homme restait un être vivant. Pour l'Africain, la vie passe par le groupe, ce qui est tribal. L'Européen est plutôt individualiste, et il fait le pari qu'il va tout surmonter par lui même. L'Européen, aussi, oublie rapidement d'ou il vient. Du moins, il préfére confier cette part de lui-même à un support, dont le plus connu est le livre. En Afrique, le groupe conserve la mémoire et partage. En Afrique, on raconte que quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui flambe. Pour l'Africain, l'art est quelque chose de fétichiste, mystique, et cette pensée semble disparue en Europe. L'art est une communion avec la nature et l'esprit, et renferme l'histoire. Là bas, la vie était tellement en lien avec la nature, que l'histoire des hommes Africains se conjuguait avec elle. L'Européen souhaite toujours des explications. Il faut mettre des noms, des prénoms,des lieux. Mais finalement, un nom et un prénom, c'est aussi de l'abstraction, et pour la même histoire, on n'arrivera pas à voir le visage de celui qui est nommé, autant que pour l'Africain. On se cherche des héros, on donne des noms, des prénoms, on nomme des lieux, tout ça pour dire que finalement, la vie à un sens concrêt. Les Africains me parlaient beaucoup, à moi-même. Je me suis retrouvé...Finalement, tout est artificiel, aléatoire et vain. Nous cherchons quelque chose de profond, pour donner un sens à notre vie. Mais plus que cela, donner du sens, et convaincre par la parole qu'il y a plus qu'une différence effective entre l'homme et l'animal : l'homme est la maitre, et partout dans la nature, on doit retrouver une trace de l'homme. Si ce n'est pas l'art, c'est forcément vers le spirituel qu'il se dirige. Des Africains m'ont un jour raconté que celui qui se dirigeait vers l'art le faisait pour chercher et raconter la vie. Dans le cas contraire, ou l'homme ne se dirigeait pas vers l'art, il allait vers la religion. Alors, il se créait sa vérité à lui. Si il était malheureux, il devenait un intégriste ou un fondamentaliste, car à ce moment précis, le refus de ne pas trouver vraiment ce qu'il espérait le poussait à cacher ce qu'il ne pouvait pas surmonter. En cachant, il trouvait un sens à sa vie, se croyant au passage supérieur aux autres hommes et croyant pouvoir tout expliquer. Mais il oubliait au passage qu'il n'était qu'un simple homme, pour certainement mourir un jour dans le mensonge. L'homme qui est intolérant, celui qui est fanatique, est un individu caractérisé par un grand manque dans sa vie. Souvent un manque affectif. Il regarde d'un air dur les plus faibles, et à aucun moment ne lui vient à l'idée que ces êtres lui ressemblent. Aussi, autour de lui, il semble voir de son regard quelque chose qui reste toujours identique, et qui ne change pas. Peut-être que les gens qui vivent dans son cercle font tous la même chose, ou qu'ils se ressemblent. Aussi, c'est une volonté chez lui d'être différent.Celui qui est intolérant est un ignorant. Souvent, il connait l'écriture et les lettres, mais il est un ignorant de la vie. Il se détourne des mots et du dialogue pour imposer sa propre vérité. Il refuse d'être un simple homme, tout comme il à peur de la mort. Toutefois, il peut mourir si quelqu'un arrive à le convaincre en utilisant ses propres mots, car il faut penser alors comme lui. L'Artiste, finalement, cherche à montrer une image. Expliquer ce qui est abstrait, et ce qui ne s'explique pas.Ce qui est invisible. L'artiste à la croyance en l'homme, et à l'esprit. Le vrai artiste est celui qui prend le temps de donner une autre vision de la vie, et qui sait qu'il n'est que de passage sur Terre. Le rêve de tout artiste est de trouver les mots pour apaiser les gens sur Terre, et chercher une forme d'harmonie. L'homme moderne est trop éloigné de la nature, et pourtant, il a souvent oublié que c'est son vrai pays, son vrai patrimoine. Le vrai artiste devrait ignorer les frontières et les états, du simple fait qu'ils sont artificiels. Ainsi, l'homme serait égal aux autres hommes, et personne ne serait en mesure de lui demander de participer à une guerre ou tout autre conflit, car il répondrait que c'est absurde, et que avec le dialogue, il y a toujours le moyen de convaincre. L'art, finalement, ou ce qui reléve du culturel ne sert pas à rien, mais bien à marquer une différence : l'homme est en rapport avec la nature, mais il n'est pas un animal, il communique pour résoudre ses conflits, pour trouver toujours une solution. Je me suis retrouvé dans ces explications issues de la plus profonde des brousses, là ou l'histoire des hommes se transmettait par voix orales, de générations en générations. L'artiste est en recherche perpétuelle, pour décrire l'indicible, ce qui ne s'explique pas, et trouver des mots. Toujours trouver des mots, et convaincre. Convaincre toujours. De mon regard curieux, j'ai pris le temps, au fil de mes rencontres, de construire ma pensée afin d'établir, pour moi-même le sens de l'art. J'ai probablement rencontré l'ensemble des grandes cultures...Ainsi, j'ai également rencontré des Indiens Hindouistes. C'était trés particulier, différent des Eutopéens. Pour eux, la vie, et les êtres vivants comptaient plus que tout. pour être un roi sur Terre, l'homme devait avant tout être végétarien. Même si tous les Hindous ne l'étaient pas, une grande partie d'entre eux l'étaient. Ils m'ont parlé des temples et de l'art Hindouiste. En représentant des animaux, ce n'était pas de la vénération qui s'exprimait, mais un profond respect pour l'étre vivant, et peut-être une image. Autrefois, quand un tigre tuait, mais à sa mort, on lui rendait les honneurs, comme pour lui dire, ou lui faire comprendre qu'il faisait les mêmes erreurs que les hommes. Ces Hindous me faisaient part de leur dégoût à la vue d'images, à la télé, qui montraient des animaux qui allaient à l'abattoir, pour me dire que finalement, les barbares, les animaux, se trouvaient là ou les animaux étaient mangés. C'était trés profond: en mangeant, l'homme avait oublié qu'il était dans le crime. L'homme avait oublié le sens qu'il cherchait, et en mangeant les animaux, il vivait avec le sentiment de vivre à travers eux, vivre en tuant des êtres vivants, tout en les ignorant. C'était sans doute trés important d'entendre dire cela, car ils me racontérent ensuite que l'homme avait perdu ses illusions. Par exemple, si on l'envoyait à la guerre, c'était bien qu'il voulait le croire...Pourtant, ceux qui l'envoyaient à la guerre étaient en général des hommes plus vieux que lui, donc des êtres faibles,Mais il continuait à obéir. Pourtant, si les hommes le voulaient, ils pourraient dire non...En fait, ils répondent à un cycle, et sans le savoir, ils vont eux-mêmes à l'abattoir. C'est pourquoi aussi qu'il est si important d'être singulier, d'être soi-même. Il est vrai que l'Hindouisme était une religion millénaire,ou l'on retrouvait des principes premiers de la création. L'homme à pour histoire de devenir libre, profondément libre, et sans doute, avant d'y arriver, il doit retrouver des valeurs initiales,et même si souvent il ignore la création, il doit savoir que ce qui est autour de lui,tout ce qui est construit à son image, est un jour arrivé et né comme le feu, par le plus pur des hasards, tout comme l'art est né d'un de ces hasards. Souvent en Inde, on ne se limite pas à des questions matérielles, et souvent, on rencontre,partout, des Indiens qui vivent avec les seuls vêtement qu'ils portent sur eux. On ne parle pas de la mort, car elle est autour d'eux, omniprésente, visible,et avec le temps, pour celui qui vit là bas, invisible, aussi... Le sens de l'art est donc plus ou moins oublié...Oui, l'art est utile, et sert à quelque chose. L'observateur, qui ne regarde pas seulement comment le monde devrait être, mais comment il était avant, trouve le plus souvent les réponses. Pourtant, tout autour de moi semble être uniforme, l'art, pour plaire, semble être soumis à des principes : tout le monde semble être dans le même moule, et ne pas vouloir en sortir, nous devons ressembler aux "autres gens", faire comme eux, et dire qui on est semble de plus en plus difficile, comme si il ne restait que notre ombre, qui elle aussi était en fuite perpétuelle. C'est aussi comme si on n'osait plus dire ce que l'on avait à dire, et tout cela pour rejoindre le troupeau des "gens", c'est à dire, la société. J'ai enfin trouvé dans la pratique de l'art mon propre langage, qui à façonné mon esprit, et il à appris à mes passions à parler un langage concrêt, et je pense que les hommes trouvent de la facilité à se ressembler entre eux, comme si ils avaient la peur de se tromper de route, ou de chemin.

Le rêve compte beaucoup, aussi...Un jour, aprés avoir dessiné une dizaine de dessins à l'encre noire, les formes, les traits des dessins réalisés étaient encore devant mes yeux, fuyants, pour revenir sans cesse. Les êtres semblaient prendre vies, et bougeaient comme jamais, comme pour me rapeller qu'ils existaient maintenant. C'est dur de mettre des mots pour décrire, mais il est vrai que à un moment donné, il y a un manque de passion de dessiner ou de continuer à peindre. C'est la loi de la série, comme si devant moi se déballait un récit, ou une histoire. Je cherche le sens, toujours à comprendre le pourquoi, et le comment. Je creuse, à force d'enfoncer ma plume, ou mon pinceau, comme si j'avais un jour l'espoir de trouver ce qui ne s'explique pas, pour compléter encore plus mon histoire, à travers une face cachée, et plus sombre. à un moment, aussi, vient la fatigue. J'ai envie de tout arrêter, et c'est bizarre, car c'est à ce moment précis ou je prends conscience que je suis pris entre deux mondes, le monde réel, et celui du rêve. L'artiste montre une vision de ses rêves, mais moi, je montre une face, un côté plus obscur, plus compliqué, aussi.

Il existe un moment ou dans la création, j'ai fini par oublier le temps, comme si j'avais gagné un combat contre la vie. C'est peut-être le moment le plus recherché. Alors, le temps n'existe plus, et c'est le moment propice à la création, c'est le moment ou tout ce que j'ai dessiné ou peint défile devant mes yeux, comme défilerait ma vie. Je prends ensuite le temps de regarder, d'observer, et de juger, aussi. J'ai envie de faire plus dur, plus grand, toujours plus compliqué, tout comme j'ai envie de continuer de faire du plus flou, du plus abstrait, comme pour mieux me retrouver. C'est peut être cela, la vocation de l'artiste, de chercher à déchiffrer le sens de la vie, sans jamais vraiment le trouver. Oui, en observant la vie, et en étant curieux, au delà de moi-même, j'ai appris à définir le mot liberté. J'estime que l'art doit être libre, pour se placer au sein de la cité. L'artiste est celui qui doit trouver ses propres mots pour donner un reflet de la vie. Je perçois des sensations qu'il s'agit pour moi de retranscrire sur une feuille de papier, ou sur une toile, mes outils étant toujours disposés de la même manière, et les couleurs, ou les dessins se distribuent au gré du hasard, et sans jamais arriver d'un choix. Il en découle l'espoir que la chose à laquelle je suis confronté prennent vie sur un support. Je peins ou je dessine comme si je me regardait dans un mirroir, et ce qui est fait renferme ma propre identité, fusionnelle. Quand mon ouvrage est terminé, je puise l'énergie puisée et dégagée de cette expérience picturale. Cette sortie de l'oeuvre est donc aussi la découverte et la fabrication de l'identité. Il y a donc une double opération de production: celle de l'oeuvre, et celle de l'identité de l'artiste. L'attitude du début, celle qui était initiale, se dévoile donc sans grande importance, et s'attribue une extrême labilité. Il est vrai que aucun système n'est recherché, et c'est l'absence de système qui devient ici un système. J'ai alors constaté qu'il se créait un déséquilibre qui rendait impossible la prévision de l'instant suivant, pour devoir m'en remettre à l'expérience immédiate. J'ai vu alors que cette sensation se traduisait plastiquement par le besoin de donner des coups de pinceau, surtout pour la peinture, rapides. Pour les dessins à l'encre, c'est des formes plus ou moins abstraites qui prenaient formes. Au lieu de créer des situations, j'ai crée un état. Je me suis alors approprié une surface, plus ou moins grande, comme si j'y circulait, mais égaré dans cet espace, j'ai ressenti le besoin d'un nécessaire détachement. Il est vrai que l'apathie me gagnait, et j'ai compris alors la vanité de me disperser dans un style, et l'art était pour moi un mode de vie, une manière d'être, ma carte d'identité, pour ainsi dire. Ainsi, tout devenait trés clair pour moi, et j'ai compris que c'était dans son inutilité que l'artiste était libre. Certains disent que l'art ne sert à rien, je l'ai déjà dit, mais aujourd'hui, pour mieux comprendre l'art, il ne devrait pas y avoir de normes, car alors, il devient élitiste. Aujourd'hui, les artistes n'aspirent pas à êtres conformistes, je crois qu'ils souhaitent seulement êtres inspirés. Je n'ai pas besoin de m'inscrire dans un mouvement contemporain, car j'y suis déjà inscrit, mais seules les filiations rétrospectives présentent à mes yeux plus ou moins un véritable interêt. J'aime par exemple retrouver de l'expressionnisme son athmosphère merveilleuse, précaire, de la réflexion dans un cadre poétique, là ou quelque chose était possible, là ou je pensais que un artiste pouvait exercer son intuition et déployer ses couleurs,étendre son ou ses dessins, voilà ce qui me motivait pour revendiquer plus ou moins telle ascendance, encore que... je sais que l'art n'est pas une voie toute tracée. Je sais que je suis lié à quelque chose, il y a un lien, et c'est certain. Pour moi, le style est une supercherie, et je n'ai pas envie de justifier ma propre angoisse, ou flatter mon égo. Je n'ai pas vraiment envie de plaire, ou d'avoir un grand nombre de visiteurs, par exemple. Plus ou moins, je recherche que ma démarche soit comprise, pour être en grand accord avec celui qui regarde mes créations, ou mon public. De mon point de vue, je suis du Monde, et pour moi, les frontières sont artificielles. Je suis présent physiquement, j'écoute, et j'observe, et être du monde est ma structure.C'est ainsi que je suis arrivé à transcender mon égo, mais aussi par une dimension sensible de mon expérience. Ce qui qui me motive dans ma quête, c'est de retrouver les origines, retrouver ce moment précis ou je me suis mis à dessiner pour la première fois, et retrouver le moment ou j'ai décidé que ça allait continuer, sans y croire vraiment. C'est ce qui est le plus important, une exploration de moi-même, pour revenir au point de départ du temps, comme pour lui dire que à ma façon, il m'était possible d'être plus rapide que lui, et de le doubler . Dessiner, c'est aussi rechercher le vide, oublier pour un moment qui je suis, pour trouver finalement ce qui ne s'explique pas. Un soir, aprés avoir dessiné, j'ai fait un rêve vraiment étrange. J'étais en un lieu déterminé, plat, et à l'horizon infini. à terre, il n'y avait aucune herbe, et le sol semblait avoir été remué. C'était trés dur d'avancer, pour moi, car j'avais l'impréssion de m'enfoncer dans des sables mouvants. peut-être que dans chaque rêve, il y avait un message à lire,mais le plus souvent, le rêve restait mystérieux, pour ne parler que de lui-même. Et j'ai continué à avancer, bien que la terre semblait me dévorrer. Le temps devenait interminable...C'était là le point commun avec d'autres rêves: le temps. Pour moi, ce n'était même plus la peine de me pincer, car ce rêve semblait plus que réel. Tout devenait si dérisoire, d'autant plus qu'il y avait le ressenti...Le climat de ce lieu étrange était plutôt froid, et le vent soufflait en grandes raffales...Le vent était aussi l'un des points communs avec d'autres rêves...Il était bien présent, comme si il y avait une personne autour de moi...à certains moments, il me semblait comme entendre des murmures, et une voix, des personnes qui parlaient, mais tout était trés difficile...Avancer était presque une épreuve,mais il y avait la volonté...Oui, car j'avais envie de tout arrêter, et ne pas continuer...J'en avait vraiment marre, ras le bol...Mais l'envie de continuer était la plus forte, et j'ai continué, peut-être malgré moi... Et j'ai marché...Marché...C'était bizarre, mais à un moment donné, j'avais l'impression d'avoir tout surmonté. J'avais alors le sentiment d'avoir comme des ailes, et tout devenait plus facile pour moi. Ignorer la terre, ignorer la boue, faisait que j'ai ignoré l'obstacle. C'était ainsi que je suis devenu le plus fort, et en ne regardant jamais derrière moi, pour continuer mon chemin, tout droit... Pourtant, marcher tout droit ne voulait rien dire. Le paysage restait invariable, et il était pourtant identique de tous les côtés. Je n'y ai pennsé que aprés, mais il m'était aussi possible de rester là ou j'étais au début. Mais la volonté de trouver la voie de la sortie était la plus forte, c'était l'instinct de survie. Sur le chemin, j'ai fait une rencontre...Ce qui semblait être un enfant, et qui était loin de moi, peut-être à cinq cents métres. J'ai pourtant lancé un appel pour le rejoindre, pour savoir qui il était, et surtout, pour m'indiquer la porte de la sortie, mais plus je faisais en sorte de le tejoindre, et plus il était loin de moi, pour disparaître plus tard, dans un nuage de brouillard, comme si la distance et le temps faisaient en sortes de m'enterrer dans une solitude absurde. Mais le fait de l'avoir suivi ne fut pas vain,et c'était sans doute ce qu'il souhaitait, car quand j'ai traversé le nuage de brouillard, se présentait devant mes yeux une vieille maison de pierre, figée en ce lieu, au milieu de nulle part. J'ai alors contourné cette maison, pour constater qu'elle était tellement vieille, qu'elle ne semblait pas avoir d'âge. La charpente du toit était là pour témoigner, mais par je ne sais quel mitacle, elle tenait encore. Le silence était absolu, presque véritable, comme si un monde sans bruit pouvait éxister réellement. Pourtant, à un moment précis, j'ai comme entendu le bruit d'un métal que quelqu'un semblait frapper contre quelque chose. Mais ce bruit ne provenait pas de la maison, il semblait être loin...Trés loin, même... Restait à savoir si il y avait quelqu'un, ou quelque chose dans la maison. J'ai vite repéré,presque enfouie à moitié sous de la végétation une grosse porte en chêne, qui elle aussi ne semblait pas avoir d'âge. Tout semblait indiquer que la maison était vide, et pourtant, j'ai frappé à la porte. Bien m'en à pris, car trés rapidement, une personne m'ouvrit. Médusé, j'ai lancé un regard sur cette personne. C'était une vieille femme,habillée à l'ancienne, un foulard recouvrait sa tête, et cachait ses cheveux. Cette vieille femme, trés vieille, semblait aussi ne pas avoir d'âge. -C'est pourquoi ? -Je me suis perdu,que j'ai répondu. -Entrez! qu'elle répondit... Elle avait tout de même du mal à avancer, mais elle semblait se porter comme un charme. -Ici c'est une auberge! voilà mon mari, si vous voulez, je vous prépare une table ! Son mari semblait trés âgé aussi. Il sculptait du bois,et semblait construire un meuble. Il m'a alors salué, mais ce qui m'intriguait le plus, c'était que les deux semblaient ne pas êtres surpris de me voir débarquer de nulle-part, de ce qu'il fallait qualifier de désert...Tout se passait bien, et moi, j'étais assis devant une vieille table de chêne, recouverte de poussières...le vieil homme s'était ensuite assis à la table. La vieille femme est alors revenue, avec une grosse marmitte, pour ensuite me servir une sorte de gratin de pommes de terres. -Heu...Pardon...Il ya combien de temps qu'une personne n'a pas mis les pieds chez vous, si ce n'est pas indiscrêt ? -Holà! dit le vieux, il y a bien cent ans au moins! si c'est pas plus ! -Ce n'est pas posible! que j'ai alors dit. -Si mon petit, malheureusement ! dit la vieille femme. Devant moi, c'était maintenant un squelette habillé de vêtements poussiéreux qui me parlait. Il n'y avait alors plus de regard, mais deux orbites sombres, comme pour me plonger dans la nuit. Ensuite, sans savoir pourquoi, il n'y eut plus rien. C'était le trou noir. Ensuite, c'est là que je me suis alors réveillé, en nage. Avec l'impréssion de m'enfoncer dans mon lit, aussi comme dans des sables mouvants. La frayeur était toujours en moi, bien présente. Mais ce n'était un rêve...Encore que, il avait peut-être un sens. Le dessin,ou l'acte de créer en général, me donnait le sentiment d'être livré à moi-même, en un lieu inconnu à explorer, ou avancer devenait un exploit. Oui, c'était ça, l'impression d'être comme dans un long tunnel, avec le sentiment d'avancer difficilement. Le silence revenait souvent, et tout semblait noir et blanc, tout tournait trés vite autour de moi, comme si j'étais aspiré dans un tourbillon. Au bout de ce tunnel, il y avait une lumière, de plus en plus intense, plus j'avançais...Comme tout tunnel, l'envie de sortir au plus vite de celui-ci était la meilleure idée. La brume disparaissait, comme pour mieux revenir, mais au bout de ce tunnel, il y avait quelque chose...Oui, toujours quelque chose de plus immense, avec des horizons qui ne terminaient jamais, avec toujours le sentiment d'être comme sur un nuage, là ou le temps n'était plus. La création laissait place à un grand voyage,et le temps semblait immense, sans fin, comme si il était magique. Le rêve est un inconnu, qui ne s'explique pas, mais nous cherchons toujours à le lire, l'interprêter, et là est son secret. Je suis arrivé à sortir du néant par mes propres moyens, et mes propres efforts, et c'est ainsi que j'ai vu ma raison renaître, pour éclairer les ténèbres ou les circonstances m'oppressaient, pour être au dessus de moi-même, comme franchir des montagnes et oublier, nier, ignorer l'image que certains voulaient me donner, je suis entré en moi-même pour m'explorer, pour connaître mes faiblesses, et mes limites, et j'ai compris que ce qui allait m'aider était le savoir, pour lutter contre ceux qui étaient dans l'ignorance.Maintenant,je n'ai plus rien à leur dire,sinon les ignorer, car je sais qu'ils sont conditionnés, et qu'ils n'aiment pas voir quelqu'un faire autre chose qu'eux.Je sais qu'ils voudraient que je sois dans le même moule: je suis censé suivre les autres, montrer qui je suis devient alors trés difficile. Je ne suis pas plus différent qu'eux, mais ma différence est que j'ai besoin de chercher en moi qui je suis, mais je ne suis pas sur la même route qu'eux. Les enfants ne connaissent pas une telle séparation. Si un enfant veut faire quelque chose, il le fait, et les autres observent. Ils racontent leurs rêves. Si un enfant veut faire pompier, l'autre, qui est à côté de lui va certainement dire qu'il veut être un cosmonaute, par exemple. L'enfant à encore le pouvoir de choisir. Chez les adultes, c'est irréaliste de parler ainsi, et généralement, ils se ressemblent. On ne cherche pas trop à diversifier. On doit être dans le troupeau, et il faut faire "comme les gens". Adulte, face à l'autre, on devient un rival potentiel, et celui qui ne ressemble pas est mis à l'écart: il est mis sur la "touche". Les vrais amis sont rares, on ne parle pas trop de qui l'on est vraiment, on parle de sa situation professionnelle, et surtout, on parle des autres. On regarde si il y a des différences pour mieux les stigmatiser. Il y a de la haine. On en arrive à détester les autres, et surtout, on a oubliè l'enfant qu'on avait été, avec ses rêves, son insouciance. C'est presque une loi de la jungle invisible : écraser l'autre pour mieux vivre, empêcher celui qui remonte à la surface de sortir de l'eau. On aimerait voir celui qui est faible et fragile devenir un ivrogne. On se moquerait ainsi de lui à n'en plus finir, et surtout, on ne l'aidera surtout pas, car il risquerait alors de devenir supérieur à ces ignorants. C'est terrible, mais j'ai appris combien le regard de l'autre pouvait être dangereux. C'est vrai que l'homme est un loup pour l'autre, mais il ne faut pas généraliser aussi : c'est facile d'être en harmonie avec les autres, tout comme il est facile de les détester. J'ai un jour fait le choix de faire de l'art. J'étais jeune et insouciant. à ce moment précis, je n'imaginais pas tout le torrent de haine et de jalousie qui allait tomber sur moi. L'art m'a fait autant de bien que de mal, ainsi va la vie, et enfin, un jour, j'ai réussi à surmonter tout ce gouffre de la vie, sans vraiment savoir, hélas...Peut-être du fait que j'ai toujours été fidéle à l'enfant que j'ai un jour été...Plutôt que d'être pareil, uniforme aux autres, sans doute, je préfère rechercher qui je suis vraiment. J'ai un goût trop passionnel pour l'errance, mais je ne suis pas vraiment un vrai nomade dans le sens du voyageur, mais je suis plutôt un nomade du temps, avec sans doute un individualisme prononcé, qui à sans doute pesé pour mon cheminement. Je suis d'ici ou d'ailleurs, et ça me convient trés bien. Je scrute de mon regard ce qui est temporel, comme pour capturer en vain ce temps qui m'échappe. Souvent, l'instant présent m'inspire, me rend heureux, m'enchante, ou me bouleverse, comme il est possible aussi qu'il soit agressif avec moi, ou tout aussi bien qu'il me soit désespérant...Mon esprit voit alors les choses autrement, et le monde m'échappe, tout comme il peut être à moi, l'espace de quelques instants. C'est aussi l'image d'un trou noir qui peut apparaître devant mes yeux, et c'est comme ça...J'ai un besoin fou d'agir, pour peut être trouver le vrai enchantement, j'ai l'envie folle de ne faire qu'une même chose rassemblée de la vitesse et du mouvement, j'ai envie de créer un autre monde, étrange et fantastique, le tout en déployant une énergie fantastique, avec un délire imaginatif lancé comme une furie, comme pour me perdre au plus profond de moi-même. Je suis un grand curieux, toujours à observer, et à apprendre, comme il m'est aussi possible de ne m'intéresser à rien du tout, au néant total. J'aime aussi l'humour, le concret, tout comme celui qui est plus noir, mais ce que je recherche, c'est un humour difficile à saisir, pour cerner le vagabond marginal jaloux de mon indépendance, que je suis...Peut-être que dans un avenir proche,j'aurais d'autres désirs de créations, pour laisser celles qui étaient antérieures de côtés, pour passer à un autre projet créatif. Mais j'ai toujours l'envie de terminer ce que j'ai commencé. Dessiner, peindre, se fait dans la passion, la quête, le tremblement, avec la peur que le temps décide du sort que le hasard donnera à ma future création, et si cette oeuvre est réussie, le mouvement aura compté pour beaucoup. Mon imagination dansera avec moi, plus ou moins fatiguée, si l'oeuvre est faite de nuit. Je sais que le spontané sera capital pour une réalisation d'une oeuvre réussie, et je sais aussi que ce qui peut être rapide peut être fuyant, et participer à une catastrophe. Au cours du jour, j'ai toujours le sentiment que quelqu'un d'autre entre en moi, mais en fait, c'est un autre moi-même, qui devient en fait l'arbitre pour gérer l'immense chaos qui est alors en moi, pour mettre de l'ordre. Ainsi, mon identité picturale n'est qu'a moi. C'est ainsi que mes dessins, mes peintures, sont des énigmes, ou je dessine des êtres qui semblent venus d'un autre monde, et ou se lisent plus ou moins joyeusement des visions apocalyptiques de ce monde, plus ou moins immonde. On y retrouve plus ou moins, une vision obscurre de mon esprit, ou il est alors possible de ressentir mon inconscient, des idées qui me touchent, et ou l'on peut retrouver aussi plus ou moins des éléments de mon histoire, de mon passé, de mon vécu. Le désir et le désespoir ne sont alors jamais vraiment loins. Je suis toujours en proie au doute malgré cela, avec toujours la peur de me répéter. C'est comme si le temps laissait place au mythe, ce qui était du passé s'éloigne, devient lointain, pour se perdre dans la mémoire du temps. Alors, je me pose des questions, et je me demande si ce temps fut bien le mien, et si telle séquence du passé à existée....J'ai toujours le sentiment de débuter,avec toujours de l'hésitation, pour avoir peur un jour de ne plus avoir aucune idée. Tout doit prendre de l'ampleur, et j'ai toujours besoin d'être sûr de moi, pour me plonger aussitôt dans un monde de couleurs, et l'écriture automatique, souvent, m'est indispensable, et le monde qui est autour de moi n'est jamais bien loin. J'ai toujours l'envie de raconter une histoire, comme pour remonter une légende, lancer une énigme. L'émotion est alors trouvée, pour se concrétiser dans des visions apocalyptiques. Quelque part, il y a quelque chose qui est détruit chez moi, ou en moi, comme pour mieux reconstruire.J'ai toujours besoin de passer du figuratif, à l'abstraction. J'ai l'envie de faire surgir sur le support ce qui sort d'un jet de ma pensée, ou je retrouve les pulsions de la vie, et les pulsions de la mort, cette vision du monde qui n'est propre qu'à moi. Dessiner avec de l'encre noire, des formes, des signes abstraits,c'est découvrir un ensemble codé, à déchiffrer. Mon regard scrute, à la recherche d'un sens, des sens. La lecture ne sera jamais la même, mais la vie y sera toujours plus abondante. Et c'est à ce moment précis que j'ai retrouvé ce qui avait été laissé lors de mon enfance. Parler avec des signes, trouver des mots à ce qui est invisible, est libre d'accés aux enfants. J'ai longuement discuté avec eux, et ils me donnaient des lectures des formes dessinées. Derrière la forme, derrière ce qui était caché, la lecture était pour eux que plus facile, et des histoires naissaient, comme pour me confirmer que l'imaginaire n'avait pas de limites au temps de l'enfance. Pour les adultes, c'est beaucoup plus difficile, souvent, il faut toujours justifier,dans l'immense majorité des cas. La vie à fait chez eux que tout devait avoir une logique, et un sens. Mais ils oubliaient que ce droit chemin était tout aussi abstrait, construit lui aussi par les hommes, pour oublier ce qu'ils étaient enfants. Tout, finalement est abstrait ou aléatoire, et ce qui régule notre vie semble être construit à notre image, aussi pour faire en sortes de raconter des histoires. Un soir de pluie,au plus profond du songe, vint à moi une mélodie à peine audible dans mes oreilles, et ensuite, le son devint plus puissant. Le rêve de nouveau entrait en action, pour me retrouver encore en un vaste espace, immense et désertique. C'était une flûte que j'entendais, et l'air était trés attirant, et me donnait envie d'avancer, et même de trouver la personne qui jouait de cet instrument. Et j'ai trouvé rapidement cette personne, sous un arbre, au milieu de nulle-part...Tout autour n'était que vide, des champs plats,avec de la terre et des cailloux, sans végétation, à perte de vue...L'homme qui jouait de la flûte était un vieillard, qui ne parlait pas. Il semblait ignorer ma présence, et il me semblait qu'il y avait une barrière, entre lui et moi, pour ne rien lui demander, et ne pas lui parler, moi aussi. Cet homme me rappellait mon dernier voyage aux Caraïbes : il ressemblait à un mendiant, démunis autant dire de tout, en le regardant de plus prés, un sentiment de pitié vint à moi. Son grand âge semblait m'évoquer le temps, un passé pas si lointain, ou autrefois j'ai connu une personne qui savait trés bien jouer de cet instrument. C'était à ce moment précis ou l'envie me venait de vouloir parler à ce vieillard. Mais il n'était plus là, il avait disparu, presque par magie. Le vide, le désert de pierres et de cailloux laissait subitement la place au retour des hommes : une foule compacte était autour de moi. Cette foule était si dense qu'il m'était impossible de trouver des repéres. La scène qui m'entourait me faisait penser à un marché de Port-au Prince, dans les Caraïbes, avec l'air et l'atmosphère ambiant des bidonvilles de ce pays misérable. La vie, soudain, ne m'oppressait pas. De plus,j'ai retrouvé les couleurs des étals des marchés, les véhicules, ou étaient peintes des scènes de vies, les murs des rues qui présentaient des fresques colorées, qui se mélangeaient aux habits colorés de ce monde à jamais tropical... Je me suis réveillé le lendemain matin avec la pluie, et un fort vent qui ouvrît mes fenêtres. Le silence n'était alors plus qu'un souvenir. Tout semblait naître du silence, pour finir par le bruit. Avec un semblant de nostalie, les souvenirs devinrent alors plus lointains. Retrouver ce qui avait été passait par de la fumée qui devenait de plus en plus opaque, de plus en plus envahissante, pour ensuite m'aveugler totalement. Comme pour retourner vers le rêve, fermer les yeux fût ma première réaction, et quand ils furent de nouveau ouverts pour regarder, ma surprise fût immense: tous mes souvenirs défilaient à grande vitesse, impossible de les maîtriser, et puis vint un chemin sinueux de terre, rocailleux, qui descendait vers des marécages trés humides, ou m'apparût une forêt de bambous, tout descendait en pente vers des lieux plus obscurs, comme pour tomber dans un trou, de plus en plus sombre...Le trou était grand...Trés grand, et il semblait de plus en plus profond: impossible d'en ressortir.... Ensuite, en ouvrant les yeux, le réel revint à moi...Tout était pourtant si réel , le moi adulte avait été emporté par le moi enfant, dans un grand tourbillon de la vie, le futur et le présent m'importaient peux, le rêve restait à être interprété, et surtout, déchiffré. Le vent semblait si fort...C'était une tempête qui venait de me réveiller, et dehors, il y avait un combat entre le vent, et tout ce qui pouvait être vulnérable à celui-ci. Ainsi, de nombreuses branches d'arbres furent brisées. Le recul arrivait, et c'était ainsi que je mesurais mon errance. L'envie me revenait de créer des formes, de faire parler l'encre, comme pour sortir définitivement du rêve et du brouillard. Le rêve est revenu la nuit suivante, avec toujours cette peur d'avancer, ce sentiment d'être prisonnier du temps. Il y avait encore ce champ de terre, à perte de vue, qui commençait à m'être familier, comme si il pouvait exister réellement. Le chemin pour retrouver la vieille maison fut vite retrouvé. Le silence était de plomb, à croire que le silence réel pouvait exister. Mais à un moment donné, des milliers d'oiseaux traversaient le ciel, comme si ils sortaient de nulle part. Il me semblait que c'était des corbeaux, mais rien n'était vraiment certain... J'ai alors frappé trois coups de poings à la porte. Celle-ci était tellement vieille, que de la poussière sortait, comme si personne n'avait frappé à celle-ci depuis des siècles, alors que j'étais là la veille. La serrure semblait ne pas avoir d'âge, le temps semblant avoir tout recouvert. C'est le vieillard qui m'ouvrit la porte, et il m'invita d'emblée à aller m'asseoir sur l'un des bancs de la vieille table. La poussière était toujours là, omniprésente, comme si depuis des décennies personne n'était passé par ici. C'était du vieux chêne. Ensuite, il est arrivé vers moi, et me regardait, comme si j'étais un client ordinaire. J'ai alors demandé si d'autres personnes passaient, question de confiance... -Non, personne à ma connaissance! qu'il me répondit... Je lui ai alors demandé son âge. Mais il ne me répondit pas... Sa femme était présente, une porte s'ouvrit, et elle vint servir ce qui ressemblait à de la soupe... -Toi, tu cherches ton chemin, tu es dans l'errance, qu'il me dit...Il pointa son regard vers une vieille bibliothèque, remplie de vieux grimoires, tous recouverts d'une épaisse poussière, si épaisse, qu'ils semblaient gris...Il laissa sa soupe de côté, et il se dirigea vers la bibliothèque pour prendre l'un des ouvrages. à le voir faire, il me semblait vu l'état des livres, que celui-ci allait tomber en poussières...ça devait faire une éternité qu'il était là...Puis, il revint vers moi. -Non...Ce que j'ai dans mes mains n'est pas un ouvrage, mais le carnet des registres, ou sont consignées les noms des visiteurs. Mon nom était inscrit, comme prévu depuis une longue date, mais j'étais dans l'ignorance de savoir qui m'avait inscrit. C'était vraiment bizarre. Le vieil homme refusa de m'en dire plus, si ce n'est qu'une recommandation : -On m'a demandé de vous indiquer le bon chemin,ce qui sera fait...Qu'il me répondit....-C'est tout droit! oui, tout droit!... Ensuite, le vieil homme à soufflé sur la poussière qui recouvrait son registre. Puis, la poussière est devenue brouillard, et il n'y avait plus rien autour de moi, plus de maison, le vide... Le brouillard disparaussait ensuite progressivement...Un désert froid et sombre se présentait à moi... Mais ce désert n'était pas un désert, et il n'était pas si vide...L'enfant, vu et revu était là. Il était au moins à plusieurs centaines de moi, et il m'observait. Curieusement, il était dans la bonne direction indiquée, c'est à dire tout droit. Cet enfant ne semblait pas avoir plus d'une dizaine d'années, ou moins, mais il me disait quelque chose, sans savoir vraiment quoi... J'ai essayé de l'approcher, à plusieurs reprises, mais il fuyait, toujours aussi loin, pour progressivement disparaître. Le brouillard, épais, n'arrangeait rien, comme si j'étais condamné à livrer un combat à l'invisible et au temps. Je suis plus tard arrivé en un lieu étrange, et le brouillard commençait à se dissiper. Devant moi, se présentait à terre, ce qui semblait être les restes d'une grande mosaïque, trés dégradée, et trés ancienne, ou l'on pouvait deviner le portrait d'un roi, ou d'un autre prince, qui tenait un sceptre et un globe terrestre entre ses mains. On ne pouvait pas voir son visage. Les cubes colorés de la mosaïque manquaient à cet endroit précis, tout comme aux jambes. Aussi, il était possible de lire les inscriptions,mais en cherchant bien, celles-ci étaient illisibles, vu que la plupart des lettres manquaient. Et en enlevant la terre, cette poussière qui recouvrait cette mosaïque, c'est à ce moment précis que j'ai revu l'enfant. Plus précisément, il était désormais avec un groupe d'enfants, mais je n'ai pas compté à ce moment précis, peut-être sous l'effet de la surprise. Ils étaient bien une dizaine, et il y avait autant de filles que de garçons. Le silence était toujours présent, omniprésent, pour dire... Comme toujours, en avançant, ils partaient, comme le premier du départ, toujours plus loin, pour disparaîtres dans un nuage de brouillard. Mes appels n'y changeaient rien. Le songe semblait me parler à sa façon, peut être pour me dire qu'il était libre et sauvage, et que c'était lui le maitre du jeu. Je n'étais qu'un pion sur un échiquier...Un autre "moi" pensait pour moi, parlait pour moi, et mes mouvements n'étaient plus qu'une abstraction perdus dans l'univers...On ne m'entendait pas. Quand j'ai traversé la couche de brouillard, je me suis ensuite retrouvé dans une immense plaine, perdu au milieu de tout. La plaine était remplie de corbeaux, ou de corneilles...C'était cependant des êtres vivants, et donc, finalement, au moins, il y avait de la vie malgré tout... Mais en arrivant vers eux, ils se sont envolés, par milliers...Une histoire, alors, semblait s'inscrire dans le ciel, comme si une encre noire était vidée sur une feuille de papier dessin. Tout allait trés vite, à vive allure, comme si tous ces oiseaux se suivaient pour construire quelque chose de tout à fait logique...C'était un grand spectacle, le souffle semblait me manquer à un moment donné pour suivre ce que me montraient ces animaux en furie, à croire que la peur commençait à naître en moi...Peut-être la peur d'être attaqué par eux, car ils étaient des milliers, et des milliers...Heureusement, il n'en était rien... Le départ des corbeaux s'est déroulé sur un long espace de temps, comme si le temps n'existait pas. C'était presque comme un écran noir qui disparaissait progressivement de mon regard. Puis, le dernier corbeau est parti, et le silence revint, plus fort encore... Et je suis retourné à la vieille maison, presque par hasard, car j'avais peur d'avancer, peut-être de faire de mauvaises rencontres. à croire que revenir sur mes pas n'était plus difficile. En arrivant, j'ai trouvé un homme, assis, et mal rasé, qui se présentait comme un voyageur.Ce qui m'avait surpris, c'était sa maigreur. L'homme était maigre comme un clou, de telle sorte que ses bras semblaient êtres des os. Mon regard ne portait pas sur lui le même regard que je pouvais porter à d'autres personnes. Quelque part, cet homme me faisait peur, mais d'un autre côté, aussi, il m'inspirait confiance. -Toi, tu es du genre à avoir fait demi-tour, il ne faut jamais retourner sur ses pas, surtout quand le chemin qui doit être fait est connu, qu'il m'avait dit. L'auberge, ou la vieille maison semblait bien vide. Plus âme qui vive. Le voyageur resta un long moment à observer, assis, et sans bouger. à côté de lui,à ses pieds, il avait un long baton de bois. C'est quand un grand souffle de vent apparût, qu'il décida de se lever, pour me rejoindre. Assis aux bancs de la vieille table, il ne semblait qu'il n'y avait plus qu'a attendre le retour des propriétaires tout en me demandant quoi raconter à cet individu. C'était moi qui avait commencé le premier, et j'ai posé des questions sur les lieux, pour en savoir plus. Mais pas de réponse sur ce qu'il fallait qualifier de "pays bizarre". L'homme me parla ensuite de l'un de ces voyages, chez les Indiens Garifunas au Honduras, ou soit-disant, il ramassait du café-J'ai cueilli des grains de café qui étaient rouges comme du sang, au départ, le café n'est qu'un fruit rouge, qu'il disait... Moi, je lui ai parlé de New-York, j'ai raconté combien il me semblait être tout petit devant des buildings hauts comme des montagnes, ce sentiment de n'être qu'une poussière devant cette ville immense et monstrueuse, et ce sentiment, cette impréssion d'être dans un monde plus petit, condensé, ou il était possible d'entendre toutes les langues. Et il a enchainé, de nouveau, en me parlant de l'Inde: -Si tu vas à Calcutta, ou Kolkata, en Inde, tu découvriras une ville encore plus monstrueuse. Le pauvre cotoie le riche, mais les deux s'ignorent. La mort est aussi visible que la vie, mais plus que tout, l'idéal est d'ignorer les autres, pas de porter un regard sur la vie ou la mort, mais de survivre, tout simplement, ou chercher à être. Tu n'as pas à chercher ou tu es. Le songe est sans doute aussi un lieu, un univers, à situer entre la vie et l'au-delà. Tu crois que le monde est petit, mais pourtant, il est grand, car il te faudrait plusieurs vies pour en visiter tous les lieux, et il te faudrait aussi plusieurs vies pour en voir toutes les images...L'errance c'est un peu de tout ça à la fois.Je crois que c'est ce qu'il m'avait alors raconté, et c'était vraiment bizarre. Lesdeux vieillards étaient revenus, et ils servirent du café. C'était étrange, mon rêve me renvoyait à ma propre errance, et n'avait pas fini de me parler. Ce n'était pas rien, mais c'était aussi comme si mon inconscient me parlait. Mon rêve continuait, et sans faire exprés, en me resservant du café, j'avais renversé ma tasse, et une grande tache noire recouvrait alors l'un des coins de la table. Le voyageur fit avec un baton des gestes, au dessus du liquide répandu, et j'ai alors vite compris qu'il dessinait. -Regarde ! qu'il dit, et en regardant la tache de café, j'ai vu des formes abstraites,qui bougeait, et qui semblaient danser.Et ensuite, tout est devenu trés trouble, comme si le sommeil m'envahissait. Et je me suis retrouvé dans mon lit, mon réveil sonnait comme jamais. L'histoire était là, bien présente, et elle n'était jamais trop éloignée,comme si le rêve pouvait parler,et tracer une voie. 

 

Un moment donné, c'est dur de se situer dans le temps présent, le brouilard semble long à se dissiper, pour donner naissance à un monde nouveau, mais finalement pas si différent, vu que c'est le quotidien.

 

Le recul est créateur, je mesure avec de la distance ce qui à été, et plus rien ne sera comme avant.  Je cherche et je trouve, le passé me parle plus que le présent. Le rêve permettait de me poser des questions, ainsi j'ai rêvé que je me réveillait, pour aller à l'école, suivre des cours ou aller faire un devoir Ce temps là était déjà trés loin, à des années de ma vie actuelle, comme si ces années n'avaient jamais existées. Ce qui semble trop loin est pourtant si proche, comme si les années étaient artificielles, et sans sens .  Pourtant, le temps semble si proche, de telle sorte qu'il me semble que je le touche des doigts. Ce qui est ancien ne l'est pas vraiment. Mettre un chiffre sur des années ne veut rien dire, je préfère ignorer ce qui est trop loin.  Ce qui est trop éloigné est finalement trop proche , qu'il n'y a pas trop de différences avec mon temps actuel, c'est à dire d'aujourd'hui. il Reste à l'interpréter, trouver des codes, ou des convergences, mais finalement, rien n'est trop éloigné, car c'est la différence d'âge qui fait le reste. L'âme ne devient pas vraiment vieille, finalement, elle reste la même, et c'est tout ce qui est extérieur à elle qui change, et qui prend de l'âge. 

 

Finalement, le passé n'est pas si important que cela, l'avenir peut être plus constructif. Le passé est comme un mythe, mais en l'explorant plus, il révelle ses faiblesses. J'ai construit, à partir de ces bases mon monde nouveau, qui se construit à l'image d'un architecte. Quand je dessine des encres noires abstraites, une histoire semble se lire à travers chaque dessin. Mon monde n'est plus le même, mais il est à mon image, avec ses codes et ses interprétations.

 

C'est comme traverser un pont entre deux rives. Une rive semble plus courte, mais plus lointaine...

 

Un soir, j'ai rêvé que j'étais perdu dans un immense Canyon, dans fin, ou ma seule voie de sortie était de suivre le ciel, quand il était bleu, et quand il pouvait sortir de l'obscuritée la plus totale. Il n'y avait pas de fil, pas de guide, mais mois-même, pour m'en sortir. C'était lutter seule contre une force invisible, qui ne disait pas son nom. Mais j'ai cherché, et ce qui était le plus inattendu me parlait le plus.  Le rêve se confondait alors avec la vie pour laisser vivre son histoire le plus simplement, et le plus librement. J'ai compris alors, qu'il était importantant d'être soi-même, et de pouvoir choisir non seulement sa destinée, mais laisser continuer l'histoire, dans la suite logique des choses. être est finalement trés important, et il ne faut pas laisser fuir ses rêves. Du moins, dans la vie, il y a un désir réel, plus fort que d'autres, c'est chercher à être singulier, chercher ce qui nous caractérise, ce qui nous construit. ëtre se construit et se fait dans unesprit tout à fait indépant. Ce qui est le plus dur, c'est de suivre nos choix, construire le soi-même, sans influences.

Vivre est le plus souvent trés difficile, un regard, des jugements sont portés, mais pourtant, il n'y a pas d'impératifs, la décision est libre à tous, mais on cherche à nous placer là ou le plus souvent on ne souhaite pas être, ou du moins, ou on est placé. Le plus libre, alors, est de se mettre dans la tête que les animaux cherchent toujours à aller plus loin, fuir, pour trouver un lieu qui relève du hasard. Mais le hasard ne fait pas tout, car il faut toujours choisir.

 

L'artiste consstruit un monde qui n'existe pas, et qui est bien vain, comme si on voulait construire la société idéale, mais elle n'existe pas, non plus. L'artiste est un rêveur, et sa pensée est le plus souvent fort éloignée des autres hommes. L'artiste cherche à construire la liberté, mais il n'y arrive pas vraiment, c'est ce qui explique pourquoi il continue. Il cherche peut-être à construire l'oeuvre parfaite, mais elle n'existe pas non plus. Tout est utopique, mais tout est à construire. Tout semble logique, mais finalement, tout est abstrait et vain, et la nature ne porte qu'un regard indifférent à tout cela. Tout ce qui est construit par les hommes semble lisible par l'homme, seulement.

 

La vie semble avoir plus de logique à ce qui a du sens.  La vie n'a pas de vraie forme, sinon celle, arbitraire et abstraite, fixée par les hommes. , Aussi, l'art n'a pas de définition, car l'art part de rien. La vie est à la même enseigne: l'homme à imposé des normes pour donner un sens. Mais les sens n'ont pas de normes, et tout est arbitraire, aléatoire.

 

Le hasard est trés important, car tout part de lui, pour construire le meilleur, ou le pire. Finalement, l'homme semble être un animal sauvage comme un autre, mais sa force, ce qu'il est capable de faire aux autres créatures est plus fort, il a le pouvoir de les détruire, de mettre fin à la vie de nombreuses créatures en un temps limité. L'homme est roi et maître, mais ce qu'il ignore, c'est que son royaume est limité dans le temps. 

 

Si des créatures naissent sur papier,de mon crayon à dessin, elles ne peuplent pas mes rêves, et ne tournent donc pas autour de moi.  Dans ces monstres, ces êtres hybrides, il y a de la souffrance, et du mal. Les créatures sont prisonnières d'elles-mêmes, et elles ne peuvent pas s'évader. Le regard est trés important, car c'est un jugement, et celui qui regarde prolonge l'histoire de ces animaux, à sa façon. Ce qui est vu à forcément un univers, et forcément, il doit évoluer dans un juste milieu, mais je ne retrouve jamais ces monstres dans mes rêves, et peut-être, ils vivent leur propre histoire. Ce que j'ai de commun avec eux est d'être celui qui à contribué à leur naissance, et mon rôle se limite seulement à cela. Ces monstres, sans doute n'existeront jamais, et la seule image que l'on trouvera d'eux se verra à travers un papier ou un support. Le bien cotoie le mal, ce qui est risible à voir ces monstres renvoie aussi à la pitié, et la tristesse peut renvoyer aux rires hilares. Les yeux, souvent nombreux, solicitent une forme de compassion, c'est comme un livre qui est ouvert et ou on peut lire leur propre histoire. C'est peut-être aussi une façon de leur donner vie, un droit réel à exister, mais qui reste bien vain. Comme un mauvais rêve, j'ai dans mon sac des créatures qui sont nées peut-être dans une interminable tempête, sans fin ou le lieu était sur un papier ou un support, mais c'était moi le capitaine du navire, et moi seul. Dessiner est un rêve éveillé, et sur une surface s'étale une forme ou un être qui ne ressemble pas forcément à l'image que l'on voudrait lui donner. Ce qui va naître est radicalement différent, comme pour être un rappel que ce qui est crée est peut-être un songe. 

 

Finalement, commencer à dessiner est toujours difficile, et semble me dissuader de tout objectif de création, mais quand je me mets à dessiner, quelque chose qui ne s'explique pas arrive, et semble me bousculer, me bouleverser. Je cherche toujours les origines, et je sais que j'ai un jour décidé sur la base de quelques instants, tout est allé trés vite, trop rapidement pour moi, pour saisir cet instant, et expliquer l'instant présent. L'art est une confession en général, mais qui a des codes particuliers. Ceux qui regardent peuvent trouver des mots pour expliquer, mais moi, j'ai beaucoup de mal à explorer ce qui est obscur à moi-même. J'explore, et je recherche toujours, dans cette quête jamais aboutie, et qui semble se perdre dans un tunnel. J'en ai déjà parlé, mais j'ai peur du vide, comme si j'anticipais le jour de mon dernier dessin, ou de ma dernière création. Mais ce vide est déjà présent en moi, l'instant d'une création peut durer une éternité, et tout s'efface autour de moi, il n'y a plus de passé, comme il n'y a plus d'avenir. Le brouillard impose sa présence lourde, opaque, comme pour m'aveugler. Je ne cherche plus le beau, comme je ne cherche plus le mauvais, mais je cherche à être moi, tout simplement : être moi-même.  Je cherche aussi à construire un univers sans prétention, au singulier, comme pour dire que je suis farouchement personnel, individualiste. Je ne cherche pas  à monter le verbe trop haut, mais à sa juste mesure. 

 

Et un jour, j'ai recommencé à faire des dessins, tout était un recommencement, c'est ça, l'errance...Et je me suis retrouvé, comme si j'avais parlé à moi-même. Pourtant, il y avait entre moi et la feuille un large espace de solitude.

Il y a peut-être chez moi cette volonté de saisir l'instant présent, comme si il pouvait m'échapper, pour de  nouveau me reconstruire et construire, me construire un monde idéal , mais ce sont toujours de petits morceaux, des fragments, que je retrouve.

 

Ces petits morceaux, ces fragments, qui me parlent, reflètent sans doute un grand chagrin, profond, proche, et lointain. Quelque chose d'intemporel, qui me manque, qui semble être à côté de moi. Mais tout est vaste, comme ce vaste monde.

 

Pourtant, dans la création , j'ai beaucoup de mal à trouver ce qui pourrait m'apaiser.

 

Dessiner, ou du moins créer, c'est quelque part comme faire un grand voyage, être un grand voyageur, mon regard cherche, scrute, peut être en perdition, mais avant de devenir plus grand, il me dit que mes yeux ne voient pas assez loin pour construire ce monde idéal.

 

Sans le vouloir vraiment, j'ai l'envie de laisser une trace, sans doute pour voir, lire ce que j'ai fait plus tard, comme pour faire une analyse, trouver mes codes, pour déchiffrer...

 

C'est ma quête à moi, et par cette trace, j'ai une confrontation de moi-même, un deuxième moi.

 

Finalement, je suis heureux dans l'esprit de la création, de créer. J'ai l'impression d'avancer, d'aller toujours plus loin, et même si il y a autour de moi des gens qui ne souhaitent pas que je sois dans la création, plus on me fait des obstacles, plus on déteste ce qui me rend heureux, et plus j'ai l'impression d'avoir des ailes, pour réaliser mes grands voyages, et de plus, j'ai le sentiment de devenir plus fort. Dans mon errance, j'ai le sentiment d'être devenu un architecte, avec un programme, qui construit sa vie, tout en étant confronté à sa propre image. Même si c'est dur et difficile d'être dans son propre élément, nager comme un poisson, plus rien ne semble m'empêcher de continuer mon chemin. Mais c'est aussi dur, il me semble qu'il y a de gros sacrifices, avant et aprés, et j'ai souvent le sentiment d'être terrassé par une grande fatigue.

 

je pense avoir le sentiment d'être devenu un artiste par hasard, les hasards de la vie, je ne le suis devenu non par envie, mais tout simplement par ce qui ne s'explique pas. Enfant, sans doute, j'avais d'autres rêves, d'autres ambitions. Mais je suis devenu artiste, parce-que, on ne le voulait pas. Et c'était une bonne raison de le devenir. La raison ne se trouve plus, et de ce fait, j'ai des choses à exprimer, sans doute pour l'expliquer. Mais finalement, ce qui m'interesse, c'est faire de l'art, et je n'ai pas à me justifier. Je n'ai pas à passer ma vie à me justifier, et trouver des mots. Je suis, et c'est tout. Je me suis trouvé. Comme l'art est né du hasard, il n'y a pas de vraie définition, tout comme il n'y a pas d'explication. Tout est aléatoire, et tout ce que nous pouvons faire est inventé, comme si rien n'était naturel. Mais j'ai trouvé mon langage. 

 

J'ai cherché dans la couleur, ou dans le plus noir, ce qui ne semble pas s'expliquer, comme naviguer au milieu de nulle- part   , pour connaître des tempêtes, ou avoir des moments plus calmes. C'est une forme d'errance qui ressemble au voyage, mais à un voyage intérieur. Comme être perdu sur un fleuve, en quête d'une grande découverte. il faut  bien gérer sa barque, pour aller toujours plus loin, vers cette lumière au loin, qui semble si éloignée, mais qui est pourtant si proche. Aventure d'un hasard.

 

En dessinant, ou en peignant, mon esprit fait un plongeon profond, et il semble suivre le liquide qui s'étale sur le support, comme si il suivait un chemin. Reste à trouver une ligne directrice, et ma mémoire cherche à représenter ce qui semble arriver de trés loin, comme de nulle-part. Cette quête est aussi sans aucun doute un combat, contre le doute. Quelque chose de concrêt est en train de naître, et prend forme. Un être naît, et prend forme, tout comme une forme peut se déployer sur le support, et l'un ou l'autre peut être en couleur, ou en noir et blanc.

Quand la création se fait la nuit, le silence passe à côté de moi, et semble me tutoyer, de sa présence, comme si c'était ses mots à lui. Pour décrire le silence, les mots ne se trouvent pas. Il est invisible, mais terriblement présent. Le temps semble faire bon ménage avec lui, et il est possible que les deux ne soient qu'un seul. Sans vraiment le vouloir, l'espoir est là lui aussi. Dans la création, il y a toujours de l'espérance, trouver une nouvelle voie, trouver un nouveau style. J'oublie, l'instant de la création, qui je suis, tout comme j'oublie ma vie, l'espace de quelques instants. J'ai ainsi trouvé une forme d'énergie nouvelle, ou je puise de la ressource. Et puis l'histoire recommence. L'espace entre deux dessins est difficile. La tentation est là d'abandonner, pour recommencer demain. Faire plusieurs dessins de suite, c'est aussi se mettre en dialogue avec le temps, et le silence, comme pour lui demander la permission de continuer.

Je suis là, présent, confronté à ce qui semble être une personne, mais qui reste invisible. La volonté de continuer est alors ainsi, et ce qui est aléatoire semble diriger ma volonté. 

 

Dessiner était alors comme un grand voyage, plus intérieur, qui était plus lié à la volonté. C'est à moi de décider ou mes limites pouvaient me conduire, et j'étais le seul maître à bord de mon propre navire. C'était plonger au plus profond, comme un grand saut vers l'inconnu. Tout est à découvrir, à explorer, et je ne sais jamais ce que je vais découvrir. Il ya quelque chose de plus profond, vers ce qui est l'inconnu, une sorte de peur, et du recul, pour mieux anticiper. J'ai encore fait un rêve bizarre ou j'ai suivi des enfants qui étaient devant moi. Plus j'avançais vers eux, et plus mes pieds s'enfonçaient dans la terre, comme si j'étais dans des sables mouvants. C'était vraiment terrible, comme être confronté face à la mort...Un long combat s'engageait, avec toujours la peur de ne pas refaire surface. La peur de ne pas refaire surface était omniprésente, et dans toute cette boue, toute cette terre, j'ai essayé de remonter, de nager, mais rien n'y faisait. Tout devenait trés noir, trés obscur, et mes yeux n'y voyaient plus rien. C'était un affreux cauchemar, et je me suis réveillé en sueurs, comme si j'avais manqué d'étre étouffé.  Rien ne sert d'aller trop loin, pour tout explorer, et sans doute, mes yeux ne sont pas allés trop loin pout tout voir, tout observer. Et je suis resté longtemps ainsi à douter de moi-même, à observer...Le doute était là, comme pour me dire que tout semblait si loin, si éloigné, et si vain...Et j'ai décidé d'aller de l'avant, sans obstacles, ni barrières, pour tout construire, comme un architecte. Le sens ne voulait plus rien dire, comme le regard de l'autre...et j'ai eu envie de construire par moi-même, et reproduire au plus prés ce que pouvait être mon monde idéal, sans entraves, ni travers. Finalement, tout était vain et artificiel sur terre, et tout avait un sens à condition que ce soit nous qui décidions d'un sens à donner, mais faire ce que l'on avait envie prenait alors plus de sens, et devenait ma propre vérité. 

 

Ce qui est lisible ne l'est alors plus que par moi, et j'ai ainsi fait moi-même la définition de mes codes. J'ai construit de mes propres mains mon royaume, et j'ai posé moi-même les pions. Un Univers naît alors, avec des personnages trop à l'étroit, enfermés dans des surfaces trop petites, et tous aspirent à la liberté. Je suis là, à être mon propre spectacteur, et à chercher des solutions. Tout se bouscule, mes personnages se bousculent, ils cherchent sans doute un air qui est devenu trop rare, et ils cherchent une voie de sortie pour respirer. C'est aussi un sentiment de révolte, tout arrive en même temps, et toutes les alternatives semblent trop longues pour respirer. On ne cherche peut-être pas que de l'air, mais peut être une solution pour concilier les rires et les larmes, concilier le bien et le mal. Tout un petit monde prend vie autour de moi, et ces personnages ne sont finalement pas si éloignés de ceux qui sont sur Terre. Il y a peut être sans doute une volonté d'aller plus vite, ils sont plus pressés par le temps, préssés comme des citrons. Le monde semble prendre fin, et c'était comme si j'annonçais à tout ce petit monde que le monde allait prendre fin d'ici à une heure. Il ne resterait donc qu'un espace de temps limité pour réagir, et les réactions sembleraient êtres souvent les mêmes, avec beaucoup de panique, et de désordre. Chacun fait en sorte de s'en sortir vivant, mais l'issue est fatale pour tous. à ce moment précis, la solution ne se trouve plus sur Terre, mais ne se trouve pas du tout. Il n'y a pas de solution, et tout le monde va avoir le même sort.  Tout semble confirmer que tout est aléatoire et dérisoire, il y a toujours un début, et toujours une fin, et c'est un cycle qui se répéte à l'infini, pour faire en sorte qu'un jour, on en arrive à tout oublier que tout va s'arrêter. Question de logique. Si la vie arrive un jour à se terminer, il en est de même de tout ce qui gravite autour de nous, même si le temps rend tout invisible, et il en est ainsi. Je cherche à trouver ma place, à chercher que tout ne se termine jamais, mais rien n'est éternel, et tout est à construire. Tout ce que je demande, c'est à suivre mon propre chemin, trouver ma voie, pour mieux me retrouver, et tout cela me parle. 

 

Je cherche à pousser une porte, et toujours, je cherche à bien frapper, pour mieux m'ouvrir, et il y a des rêves qui s'expliquent ainsi. Tout semble naître de nulle part, et le hasard semble ne pas avoir sa place. Tout est écrit, comme tout doit être, et je n'ai pas renoncé, pour continuer ma quête. Je recherche, je fais en sortes de reconstruire ou d'assembler un grand puzzle, avec des milliers de pièces, peut-être ce qui avait existé avant n'avait jamais existé, et c'est traverser un sombre tunnel, noir comme de l'encre, et ignorer ce qu'il y a autour. Tout prend alors du sens, et l'histoire ne s'explique pas, mais se contourne. Mon regard n'est pas assez puissant, et mes yeux ne voient pas ce qui est au plus profond. Ma conscience, et mon inconscient, au plus profond de moi-même me dirigent, pour me dire ce qu'il y a à faire, pour dire ce qu'il y a à dire. Je cherche donc plus ou moins à n'être plus moi, pour quelques instants, quelques heures, et ce n'est pas rien : c'est un bien nécessaire, pour vivre, plutôt me ressourcer. Rien n'est vain, mais la volonté est toujours là, présente, pugnace, et profonde. Commencer à créer est difficile, comme être confronté à plonger, et aller tout au fond d'une grande masse d'eau, mais ici j'en ignore la profondeur, et celle-ci varie toujours plus, et tous les jours. Tout devient plus profond, le tunnel semble toujours plus long, plus infranchissable, toujours plus inaccessible. Je reste moi un long moment, et puis, tout s'emballe, tout va trés vite, jusqu'au moment ou le temps semble plus long, et même à regarder les aiguilles d'une montre, j'ai le sentiment que celle-ci ne bouge plus, ou du moins, qu'elle va lentement. Le temps est donc maitrisé, et il ne semble plus y avoir d'obstacle, sinon de voir le moi reprendre le dessus. Mon inconscient, ma conscience, me disent d'aller toujours plus loin, de ne pas me mettre des limites, le moi me contraindra à m'arrêter, le justifiant par la fatigue. Ici, c'est un combat identique à celui du bien contre le mal, le combat d'une énergie contre une panne, le plein contre le vide. Mais il y a toujours un résultat qui fait surface, et si ça dépasse, c'est bien, et si il n'y a rien, alors, c'est le néant qui impose sa marque et son sceau.

 

Quand tout est fini, il y a une somme, des résultats concrêts, et tout semble revenir comme avant. Mais ce qu'il y a de plus fort, l'inconscient, est lui souvent toujours là, et souvent, il est si envahissant de telle sorte, qu'il est possible que pendant plusieurs semaines, il n'y a plus aucune création. Des idées noires ou positives arrivent, et s'accumulent, envahissantes. Des choses que je ne souhaite pas voir arrivent alors, tout comme voir des événements positifs. Je ne suis pas assez fort, mais j'ai toujours réussi à maitriser ce qui est l'aprés. Je regatde alors ce que j'ai fait, et j'ai pas vraiment le sentiment de traduire ce que tout cela me raconte, car tout semble trop vaste, comme la profondeur de l'univers. Il y a de la faiblesse, et rien ne semble suffisant pour les limites. Souvent, tout est étroit, et il semble qu'il n'y a pas assez de places. C'est comme dans une prison, ou il y a un manque de liberté certain. Tout est beaucoup trop petit, et j'ai envie de beaucoup plus grand. Je cherche, et je cherche encore, et je n'ai toujours pas trouvé. Un jour, sans doute, tout va finir par être trouvé, mais à ce moment précis, peut-être que tout sera trop tard. J'ignore ce qu'il manquera, mais j'ai le sentiment que tout s'explique, et qu'il y aura des réponses. 

 

Tout ce qui est création de l'homme n'est finalement pas véritable, tout est faux, et tout n'est que de la supercherie, tout comme il n'y a pas de normes. L'homme est un animal comme un autre, et la nature n'est jamais trop éloignée pour nous faire un rappel de ses droits. Il ne reste que d'être, et affirmer qui nous sommes. C'est comme le premier homme qui à désigné un morceau de terrain comme sa propriétéé pour que les autres le croient, alors que la terre n'est à personne. L'homme cherche à dominer l'autre, à le rabaisser pour toujours chercher à être le plus fort. L'homme qui sait ce qu'il fait, et qui est capable de dire non est le plus heureux des hommes, et le plus libre, mais aussi il peut être le plus misérable des hommes, ou l'un d'entre eux.Reste à avoir un petit grain de folie... Le changement arrive par des refus, et par une autre façon de voir. Le regard est destiné à n'être plus le même, mais à être un autre, et c'est partout pareil. Tout change, à l'infini, et pour toujours, l'histoire va ainsi, et recommence, comme un commencement. 

 

Je n'ai pas eu le temps de mesurer le temps, car il était trop rapide pour moi. J'ai sans doute trop éré dans l'errance, sans vraiment m'en appercevoir, et j'ai sans doute trop rêvé, pour ne pas me poser de véritables limites, tout comme ce qui est temporel ressemble à un long voyage, dont j'ai peur de voir la fin, tout comme j'ai peur de voir les choses aimées disparaître, ou s'effacer. Le souvenir est finalement au plus prés de mes yeux, et c'est lui qui ouvre entre moi et mon esprit les portes sur ce monde, et il ne me reste plus qu'a porter mon jugement. 

 

J'ai rêvé un jour que j'étais confronté au monde de mes personnages, et dans ce rêve étrange, ils étaient tous concentrés dans l'enceinte d'un chateau, et aucun n'était au dehors, au delà du pont, qui était en même temps la porte principale de cette forteresse. En dehors du chateau, l'espace semblait immense, mais vide, un fort vent soufflait en raffales, et avancer était difficile. Tout me décourageait à aller plus loin, mais la volonté était là de savoir. Les personnages, divers et variés me dissuadaient d'aller plus loin : -L'espace de ce qui était visible était ici, qu'ils disaient, et aller au delà, c'était se perdre à jamais.

 

Mais je n'ai écouté que moi, et personne ne pouvait me donner des conseils, et j'ai suivi mon instinct, ainsi mes yeux allaient plus loin, mon regard semblait plus profond.

 

Un moment vint ou je suis entré dans un nuage de brouillard, si épais qu'il m'était impossible de voir mes pieds...Le vent était toujours aussi intense. Ensuite, vint le moment ou je suis enfin sorti de ce brouillard, sans vraiment m'en rendre compte. Le vent avait fortement baissé, et en marchant un certain moment, j'ai trouvé une rivière. L'eau était si pure qu'il m'était possible de me voir comme dans un miroir. Et j'ai bu de cette eau, mais sans trouver de goût, pour ensuite continuer à longer la rivière. C'est à ce moment précis que j'avais vu un enfant, qui était plus haut, peut-être de plusieurs centaines de mètres. Plus il me voyait m'approcher, plus il fuyait, mais ce n'était pas de la peur, mais me montrer le bon chemin. Tout cela me disait quelque chose, comme un rêve déjà eu, mais aussitôt oublié.

 

Et j'ai continué à avancer, pour trouver un grand arbre, un grand chêne, géant, immense, ou les mots me manquaient pour décrire sa grandeur. Il était immense, impossible de voir le sommet, le vent recommençait à souffler, et à siffler, de sorte qu'il était possible d'entre comme une voix, ici et là, mais j'étais certainement dans l'erreur...

 

L'enfant, plus loin, lançait des pierres, ou d'autres projectiles, sans doute pour se signaler, et me dire aussi de ne pas rester en cet endroit. Donc, j'ai continué à le suivre, il est vrai que j'étais curieux de savoir, aprés tout.

 

Il y avait désormais devant moi une plaine immense, qui semblait sans fin, et au bout, il n'y avait plus que le bleu du ciel. Quand je me suis retourné, pour faire marche arrière, une porte était figée devant moi, et verrouillée, impossible à ouvrir. J'ai donc décidé de continuer mon chemin, pour espérer arriver au bout de ce mauvais rêve. Le temps n'était plus ce qu'il devait être. Entre ce qui est réel, le monde concrêt, le temps semble trop court, alors que dans le rêve, le plus souvent, celui-ci est plus long. Aussi, mon corps ne se faisait pas sentir, et la vie continuait par l'esprit.

 

Et j'ai marché, marché...Tout ce qui était autour de moi ne changeait pas, et restait à l'identique. De hautes herbes, animées par un fort vent, restaient identiques, et la plaine continuait à être immense. Il y avait tellement longtemps que j'étais là que la question me traversait l'esprit de vraiment penser que finalement, un rêve, ça n'existe pas, et que tout était de la supercherie. La vraie vie pouvait être ici, mais ce n'était qu'une projection.

 

Comme rien ne se passait, tout de même, le temps commençait à me paraître long. J'ai alors cessé ma marche, peut-être par révolte , ou tout simplement du fait que l'envie n'était plus ici. C'est alors que j'ai réalisé que ce que j'avais décidé n'était pas vain: à plusieurs centaines de mètres de ma position, l'enfant  était de nouveau redevenu visible, et au loin, il continuait à m'observer, comme pour m'inciter à continuer de le suivre. Mais je n'ai pas décidé de me relever, pour rester au même endroit, histoire de montrer mon ras le bol.

 

Rien ne changeait, et l'enfant continuait de m'observer, et pour moi, il en était de même. Impossible de mettre des traits sur le visage de cet enfant, la distance ne m'aidait pas du tout à découvrir qui il était.

 

En le regardant, je pensais au passé, mais celui-ci s'était éffacé de ma mémoire, et c'était vraiment curieux, tout comme pour l'avenir proche, tout était aussi éffacé. Le rêve se vivait dans l'instant présent, et il n'y avait plus de passé, tout comme il n'y avait plus de futur de ma vraie vie. Le singe se situait peut-être en un temps intermédiaire qui n'éxistait pas, ou qui était à situer entre le conscient, et l'inconscient.

 

Le temps de penser, il ne me manquait plus que la parole. Mais les mots n'étaient plus ici, ils étaient ailleurs, comme si ce monde était dans un pays étranger proche, avec une autre langue, et qui m'était inconnue.

 

Ma pensée me troublait, et mes yeux ne suivaient plus la suite des événements. Le brouillard était revenu, l'enfant n'était plus à l'horizon. Entre moi et le brouillard, il y avait un espace suffisamment vaste, de sorte qu'il m'était possible de le voir arriver vers moi. à ma grande surprise, j'ai alors vu le voyageur ,rencontré à la vieille maison en pierres. sortir de l'écran de fumée . L'homme était bien visible, et j'ai recherché son regard, vu qu'il était prés de moi. C'était comme si il n'avait plus ses yeux. Le regard ne se trouvait pas. Tout était noir et sombre. Ensuite, il à traversé l'espace libre de brouillard, pour disparaître aussitôt. Mais avant, il avait lancé et dit une phrase étrange :-Pour retrouver l'espoir, il faut puiser dans la parole, et avec le verbe, tu traverseras les grandes eaux, comme on traverse les océans...

 

C'était vraiment bizarre. Mais la plupart des rêves sont étranges, et il en est ainsi pour tous. Tout de même, j'ai essayé de décrypter, sans y arriver, mais au réveil, tout m'était revenu, le passé revenait non sans peine, tout comme mes projets, avec aussi, le sentiment de voir plus loin, mais ce n'était qu'une illusion. Une de plus...

 

La mémoire semble perdue au beau milieu d'un océan, et si l'homme n'est pas inscrit dans la création, il a de commun avec les autres hommes le rêve, qui semble nous parler, mais qui ressemble à une langue étrangére. Les mots me manquent, et ils ne sont pas assez nombreux pour décrire ce monde, à situer dans notre monde concrêt, un autre univers.

Entre deux dessins, il y a un espace de vide, qui va devoir être comblé, et le rêve y contribue beaucoup. Comme un automatisme, le rêve reste à retrancrire, par fragments, sur le support. Il ne reste le plus souvent, en effet, que des morceaux, comme si ils s'étaient fracassés sur des rochers, en retournant sur la terre ferme.

 

Ainsi, j'ai appris dans le songe qu'il y avait une part de vérité, un morceau de notre vie de tous les jours, et qui nous parle. C'est un puzzle à reconstituer, et même si dans le rêve, le temps est immense, il y a toujours des manques, pour l'interpréter. Il y a quelque chose, qui ne se décrit pas, et qui semble suspendue au bout d'un fil. En vain, on fait en sorte de l'atteindre, mais c'est impossible, un mirage semble être devant nous, dont la projection réelle est loin...Loin, à l'horizon.

 

Avec le temps, tout défile, et tout ne semble pas rester en place. C'est un long voyage, dont on ignore la fin, et surtout, ou on à peur de se perdre. La vie semble se toucher du doigt, mais l'image qui est en face est sans cesse fuyante. Le passé est inscrit en nous, mais ne se manifestera que à la fin de notre temps. Ainsi est le pouvoir des images, difficile à interpréter, mais ou les codes finissent toujours par être compris. 

 

Toute cette quête est née du hasard, mais avec des prises de risques , j'ai ainsi recherché le foisonnement, l'émergence, et enfin la couleur, ainsi que la lumière. Les mots, la parole s'éffacent, les lignes de l'écriture, les lettres des livres s'estompent. c'est parler de la brillance de la nature, pour entreprendre une analyse, une écriture de celle-ci qui ne soient pas grises, mais qui participent de cette même brillance, de cette même allégresse, et de cette même euphorie lumineuse.   

 

C'est aussi une forme d'aliénation, comme être enfermé et prisonnier d'une bulle pour avoir le plus grand mal à en sortir, et être naufragé quelque part sur une île, au milieu d'une mer immense  et déchainée, ou remonter du fond de l'océan, pour refaire surface, tout en cherchant une forme d'espoir, qui est sans cesse dans l'attente. 

 

Faire un simple dessin, c'est quelque part créer une petite ou une grande histoire, et la feuille blanche est l'écran de brouillard, et celui-ci est dur à traverser. La main est hésitante, et c'est elle qui doit ouvrir et décrypter ce monde inconnu, qui est devant moi, et qui reste à être inventé. L'envie me manque, commencer un dessin est toujours difficile. C'est comme tomber dans un grand trou, comme si il y avait une échéance, avec un sentiment de peur.

 

Ensuite, le trait part, presque libre comme l'air, à l'image de l'envol d'un oiseau. Tout commence à s'agencer, le hasard fait en sorte de faire surgir des personnages nés de nulle part, et tout devient trés vite saturé. Le monde semble prisonnier d'un cube, d'un simple cadre, et il n'y a plus de voies de sorties, car tout est obstrué.

 

C'est à l'image de ce qui est rendu. Dans le sommeil, le souvenir de l'encre qui est trés brillante, avec la lumière artificielle de l'ampoule de la lampe, hante mes yeux. Même dans le noir, la lumière revient, et repart, pour toujours revenir, et le souvenir du dessin me revient sous l'aspect de formes devant mes yeux, pour me dire que le songe continuait à être autour de moi.Pourtant, ce qui est vu n'a souvent rien à voir avec ce qui avait été fait seulement quelques heures auparavant, et même si j'ai rapidement oublié ce que j'ai vu, des fragments me reviennent dans ma mémoire, pour aussitôt disparaîtres. Mais ils ne me disent rien, et je ne les retrouves pas dans ma création. Si j'ai de bons souvenirs, je fais en sorte de placer quelques éléments, ou un seul, dans ma prochaine création.

Créer l'un de ces espaces, remplir un cadre, semble trés long. Souvent, j'ai le sentiment d'estimer que c'est interminable, et que le projet commencé ne se terminera jamais. C'est toujours facile d'envisager un renoncement, d'être emporté par la lassitude. Mais quand le projet prend fin, j'ai le sentiment de tutoyer le temps, de lui dire que j'ai été le plus fort. Et je regarde ce qui à été fait, et ma surprise n'est que plus grande. Souvent, j'ai envie de mettre fin à un projet, une réalisation. Il y a toujours quelque chose qui ne me satisfait pas. Par exemple, j'ai souvent l'impression d'avoir raté un dessin, ou ne pas arriver à faire un dessin en particulier. C'est le frein, la grande déception qui peut tout remettre en cause. Ne pas terminer un projet peut arriver. à ce moment là, celui-ci ne reprendra jamais, comme si tout était fini pour lui. Il est alors détruit, ou reste oublié, dans un coin, non loin du projet qui est en train de se faire.

 

Le doute semble avoir raison de moi. J'ignore le sens des scénes que je m'éfforce de représenter, et le tout prend la forme d'une série. Le plus souvent, c'est quatre panneaux, rarement plus. Je regarde ensuite ce qui est représenté, et j'ai des sentiments de vertiges. Tout semble se bousculer, et tout est à l'image d'un grand chaos. J'ai le sentiment d'avoir pris un train, en me demandant ou pouvait être situé l'arrêt de la prochaine gare. J'ai aussi le sentiment d'être agréssé intérieurement, mais finalement, j'ai un grand soulagement, car tout est terminé, comme si un cauchemar touchait à sa fin, pour ensuite ne plus recommencer pour un certain temps. Car il semble en effet qu'il y a un cycle: une série commence, et un jour elle prend fin. Je passe alors à autre chose, pour un certain temps aussi. J'ai l'impression alors peut être de prendre une grande bouffée d'air, et un jour, elle reprend...C'est un grand défouloir, comme vider mon corps de quelque chose qui lui semble étranger, soigner mon âme par un rejet, rechercher le trou noir. Je suis alors vidé, et pendant quelques temps, il n'y a plus de dessin, et ma pensée est prise en d'autres lieux. 

 

J'ai aussi observé les dessins des enfants: pour eux, le dessin doit être simple et dépouillé, et surtout, c'est de l'expression, rien de plus. Pour ne pas les mettres dans l'ambiance de l'école, lors de mon atelier, j'ai installé de grandes planches verticales contre les arbres, ainsi, il n'y a plus le bureau de l'école, et elle est loin. Il y a des différences de perceptions entre les plus grands et les plus petits.

 

Chez les plus jeunes, c'est un festival de couleurs qui est visible. L'adolescent peine à représenter quelque chose qui doit impérativement prendre une forme. Souvent, il à recours à des signes ou à des mots, et il laisse souvent des messages codés aux autres camarades. Au départ, pour moi, la différence d'âge,entre, par exemple, les douze et quinze ans n'était pas trés grande, mais ici le temps, ou plutôt les effets du temps étaient visibles. L'adolescent est entre l'enfance et l'âge adulte, et par la pratique de l'art auprés d'eux, j'ai vu à quoi ça pouvait ressembler.

c'est une quête. L'adolescent est partagé, comme si il avait à choisir entre l'avant et l'aprés. Le doute est trés présent, et perceptible. à travers les mots, je devine le poids des parents, une influence qui reste à masquer, mais qui est trés visible. Un esprit de rebellion est trés présent, ils ont l'envie de faire tout trés vite, vivre la vie rapidement, mais intensément. J'ai retrouvé à travers les dessins des enfants l'enfant que j'avais été, mais en oubliant par la suite de nombreux points et détails, à croire que c'était tout un monde dans le monde, et que celui-ci pouvait s'étendre à l'infini, pour voir devant moi l'image d'un temps qui avait existé, mais qui n'existait plus.

   

Quelques jours aprés, je suis allé voir un artiste Africain, un artiste Camerounais plus précisément. C'est bizarre, autrefois, j'ai connu beaucoup de Camerounais, et des Africains. En fait, j'ai connu des gens du monde entier, et je lui ai dit, j'ai raconté.C'est bizarre, il m'a raconté, lui aussi, qu'il était trés curieux. Je lui ai alors dit que le monde, pour moi, était trop petit. Aprés un moment d'hésitation, lui aussi m'a dit que le monde était trop petit, mais aprés un moment de recul, il m'avait dit que encore, il fallait visiter et voyager avant de juger.

 

C'était la vision d'un Africain, et mon regard n'était pas assez large. J'ai alors parlé avec lui de l'Afrique, mais ce n'était pas assez puissant. Il m'a alors montré son travail d'artiste, car il était lui aussi un artiste. D'un placard, il a sorti deux classeurs qui étaient remplis de bandes dessinées. J'ai adoré, le trait du dessin était parfait, et le tout frisait l'exellence.

Ce qui était impréssionant, c'était sa façon de mettre du relief, mais surtout, je retrouvais des modes, des faits historiques d'il y a vingt ou trente ans, ou même plus...Le seul petit probléme était la manière d'illustrer le mouvement, mais ce n'était pas grave, car il s'agissait de poser quelques traits ou signes, et puis, il n'avait peut-être pas fini ses pages de bandes dessinées...Nous avons ensuite parlés de nos études respectives. Lui était dans le même bâtiment que moi, à quelques années de distances, et tout comme lui, j'ai connu un grand nombre d'Africains. Pour moi, tout comme pour lui, l'Afrique n'était pas un continent inconnu. Il pouvait me par

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